‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 1 sur 122 · Saint Vincent de Paul · texte numérisé non relu

Saint Vincent de Paul

Vincent avait envoyé de bonne heure quelques-uns de ses prêtres à Rome pour y négocier la grande affaire de son Institut. Parmi ceux dont le nom a survécu dans l'histoire, citons du Coudray, que nous y avons trouvé en 1634. Il fut remplacé en 1638 par Louis Le Breton, dont les travaux dans la campagne romaine attirèrent la faveur du Pape sur la Compagnie. Dès lors Vincent songea à fixer ses prêtres au centre de la catholicité. Le 1er février 1640, il engagea Le Breton à travailler aussitôt à cet établissement, et à louer ou à acheter une petite maison de trois ou quatre mille livres, en quelque quartier de Rome que ce fût, voire dans un faubourg, puisque les règles de l'Institut interdisaient aux Missionnaires les actions publiques dans la ville. Il n'y mettait pour conditions que la salubrité du lieu, le voisinage du Vatican et la facilité de s'étendre avec le temps. Le Breton trouva un palais ! « C'est au dessus de notre humilité et

au delà de nos forces, » lui répondit Vincent le 26 février ; et il revint à son premier dessein qui lui tenait à cœur, car, disait-il, « il est nécessaire que nous soyons habitués en ce lieu-là. » Il renonçait même au voisinage du Vatican, à la proximité d'une église : une petite chapelle pouvait provisoirement suffire, à moins qu'on ne dût être un jour employé aux ordinands : « Mais alors comme alors. » En attendant, la petite chapelle devait être sous le vocable de la Très-Sainte-Trinité, et la maison s'appeler de la Mission1.

Cependant Urbain VIII, qui avait appris avec bonheur les travaux de Le Breton, hâta l'accomplissement du dessein de Vincent. Par une bulle du 11 juillet 1641, il autorisa l'établissement de la Mission à Rome, avec une mention fort honorable pour Le Breton2. Le 15 septembre suivant, Vincent annonçait en ces termes cette bonne nouvelle à Godoing, supérieur d'Annecy : « Sa Sainteté nous a permis de louer ou d'acheter une maison, d'y demeurer ou d'y exercer nos fonctions à l'égard du peuple et des ecclésiastiques selon notre Institut, à la charge que nous dépendrons du cardinal grand vicaire, ou vice-gérant, à l'égard de nos fonctions qui regardent le prochain, et pour la discipline de la Compagnie du général d'icelle, et cette permission est donnée avec témoignage des fruits de M. Le Breton, que Dieu bénit beaucoup. »

Quelques jours après, le 17 octobre, Le Breton mourait épuisé du travail de ses missions dans le diocèse d'Ostie. Les religieux français du tiers ordre de Saint- François d'Assise lui donnèrent une sépulture honorable

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