Lettres des l"et 20 février, et 1" juin
2. «... Copnilo etiam fructu Missionum quas Lud. Le Breton por castella et pustoritia tuguria hujus districtus (Romae) de nostro mai dato obicrat. »
dans leur église, en attendant qu'il fût transporté dans celle de Notre-Dame-des-Miracles. Le vice -gérant de Rome, le cardinal Barberini, neveu du Pape, et le cardinal Lanti, doyen du sacré collège, l'honorèrent de leurs larmes.
Cette mort était d'autant plus fâcheuse, que l'affaire de l'établissement de Rome n'était pas encore terminée. Vincent, comme toujours, s'en remit à Dieu. « En perdant M. Le Breton, écrivait-il le 19 novembre à Codoing, nous avons beaucoup perdu selon le monde. Plusieurs me mandent des merveilles de ses travaux et des bénédictions que Notre-Seigneur y donnait : mais il me semble que ce saint homme fera pour nous plus au ciel qu'il n'eût fait sur la terre, et que, si Dieu nous veut à Rome, il fera par ses prières réussir cet établissement, à moins que les péchés de Vincent, qui est le plus méchant de tous les hommes du monde, ne l'empêchent. »
Les mérites de Vincent, que son humilité transformait en péchés, joints aux prières de Le Breton, amèneront toutes choses à bonne fin, mais il y faudra bien des années. En attendant, le saint pressa le départ pour Rome de Codoing, qu'il destinait à remplacer Le Breton. Il lui écrivait, le 31 décembre 1641 : « Il y a de l'inconvénient à différer. Le Pape, le cardinal Lanti, doyen des cardinaux, et un autre bon et vertueux ecclésiastique qui a la pensée des ordinands à l'esprit, peuvent mourir pendant ce temps ; et, si cela arrivait, voilà une bonne œuvre manquée, ou en grand risque. » Codoing arriva à Rome au commencement de l'année 1642. Quelques mois après, les libéralités de la duchesse d'Aiguillon, véritable fondatrice ici comme en tant d'autres lieux, facilitèrent singulièrement l'établissement de Rome.
En cette année 1642, alors qu'elle cherchait par toutes
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sortes d'actes de charité à témoigner à Dieu sa reconnaissance pour le rétablissement, pourtant si peu durable, de la santé du cardinal son oncle : alors qu'elle venait de fonder, à cette intention, des missions dans son duché, elle voulut encore en dresser à Rome une sorte de monument, et, par acte du 4 juillet 1642, désirant, disait-elle, « qu'il y eût dorénavant et à toujours des personnes expressément préposées pour adorer, louer, aimer et prier la Très-Sainte et adorable Trinité, et qui, par leurs bonnes œuvres, rendissent éternellement en la terre des actions de grâce à Dieu » pour elle et son oncle, elle donna 30,000 livres à employer en rentes1, à l'effet d'aider les Missionnaires à l'établissement et augmentation de leur église et maison de Home, laquelle église serait dédiée à la Sainte-Trinité, ou au moins une chapelle ; à la charge pour eux de faire à Rome leurs fonctions ordinaires, missions, ordinands, etc., et de célébrer des messes pour elle et le cardinal de Richelieu.
En 1643, le 2 mai, reconnaissant « le grand zèle et dévotion desdits prêtres de la Mission en l'exécution de la fondation par elle faite » l'année précédente, « pour honorer le sacerdoce éternel de Notre-Seigneur Jésus- Christ, et l'amour qu'il a eu pour le salut des pauvres ; et pour en quelque façon contribuer à ce que les ecclésiastiques soient instruits des choses nécessaires à leur état avant de prendre les saints ordres, et les peuples des choses nécessaires à leur salut, et qu'ils fassent une bonne confession générale de toute leur vie passée, » elle donne encore 50,000 livres destinées à acheter 5,000 livres de rente *, à la charge de recevoir tous les
1. Une partie de celte somme fut employée à l'acquisition des coches et carrosses de Soissons.
îi. Les 5,000 livres turent achetées sur les coches de Normandie.
ordinands aux quatre temps de l'année, et même extra lempora.
Le 16 juillet et le 18 septembre suivants, en considération des frais faits pour l'exécution et entretènement de la fondation, et voulant faire dire deux messes par jour à perpétuité pour le défunt cardinal et pour elle, «. le tout pour honorer Notre-Seigneur Jésus-Christ comme Messie envoyé de son Père éternel en terre pour le salut des hommes, s'étant daigné revêtir de l'infirmité de l'homme par le mystère de l'Incarnation,» elle ajouta à ses dons précédents une somme nouvelle de 20,000 livres1. Enfin, par son testament du 29 juillet 1674 et du 9 avril 1675, elle légua sept autres mille livres au séminaire de Rome-.
Ces riches fondations, dont les beaux considérants ont été évidemment inspirés par Vincent de Paul, puisqu'ils expriment les objets particuliers de sa dévotion, fixèrent le sort de la Mission de Rome.
Codoing, qui en avait eu la nouvelle, se croyait alors assez riche pour acheter une maison de 60,000 livres. « 0 Jésus ! Monsieur, lui écrivit Vincent (17 avril 1643], nous ne sommes pas en état de cela... Je souhaite que votre établissement ne soit pas fastueux ni paraissant ; les œuvres de Dieu se font de la sorte, et celles du monde au contraire. » La Mission de Rome devait être logée seize années encore à loyer. Pendant ce long espace de temps, bien des propositions lui furent faites, ses supérieurs formèrent bien des projets ; mais Vincent, d'après l'avis des anciens de la Compagnie, d'Horgny, Aimeras, qui connaissaient les lieux, refusait d'y
1. Elles lurent employées à l'achat d'une rente de 2,000 livres sur ocbes de Normandie.