‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 104 sur 122 · III · texte numérisé non relu

III

leur inspirer les sentiments qu'ils (levaient avoir. ' » Bien que la naissance n<> fût pas à ses yeux un titre suffisant, moins encore principal, aux dignités ecclésiastiques, il ne la dédaignait pas, comme titre secondaire, lorsqu'elle était jointe à la vertu; et, à mérite égal, il préférait le gentilhomme au roturier. Avec un ancien il (lisait : « Cinquante cerfs conduits par un lion valent mieux que cinquante lions conduits par un cerf. » Un jour, un chanoine de Chartres le vint voir avec un jeune seigneur qui se destinait à l'Église: « J'ai grande joie, leur ditil, de voir des personnes de naissance illustre se consacrer au service de l'Église, s'ils s'y sentent appelés par un vrai dessein de travailler et de vivre conformément à leur sainte vocation, parce qu'ils y font ordinairement plus de hien, et avec plus de facilité que les autres, ce que j'ai remarqué souvent, et par ma propre expérience. Étant de vile naissance et fils d'un pauvre paysan, je n'avais ni l'éducation, ni le crédit, ni l'esprit d'une personne de qualité, et je n'ai travaillé que faiblement et conformément à la bassesse de mon origine 2. »

Tels étaient les principes généraux de conduite que Vincent apporta au conseil de conscience, principes si opposés à ceux de Mazarin. Bientôt devaient éclater la contradiction et la lutte ; mais, en attendant, le saint prêtre réussit à pourvoir l'Église de bons ministres, et même, lorsqu'il fut évincé du conseil, Madame de Motteville nous apprend qu'il put encore, grâce à la pieuse confiance de la reine, diriger les nominations épiscopales. C'était le complément et le couronnement des services que Dieu l'avait destiné à rendre à l'Église de France.

Obligé de courber les épaules sous le fardeau, au moins

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