‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 120 sur 122 · Voir sa Vie, par une religieuse du même couvent; in · texte numérisé non relu

Voir sa Vie, par une religieuse du même couvent; in

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vélations nouvelles qu'ils se vantaient d'avoir reçu les vrais principes de la piété.

Poursuivies avec vigueur sous Louis XIII, ces pernicieuses rêveries reparurent, notamment dans les diocèses de Paris et de Bazas, à la faveur des troubles de la minorité de Louis XIV, et, comme il arrive d'ordinaire, elles cherchèrent à s'insinuer dans les monastères de Filles. Déjà la séduction avait gagné un grand nombre d'âmes, lorsque Vincent de Paul, averti à temps, envoya dans les monastères des personnes savantes et vertueuses pour montrer le danger de ces fausses maximes, et fit veiller de si près les nouveaux dogmatiseurs qu'effrayés ils rentrèrent encore une fois dans l'ombre.

Ce ne sont pas les seuls services rendus à la religion par Vincent de Paul pendant la régence d'Anne d'Autriche. On a vu au premier volume ce qu'il fit contre le blasphème et contre le duel. Il réfréna la licence d'une presse impie etimmorale; l'insolence des troupes qui, ménageant moins encore le sacré que le profane, désolaient les temples, outrageaient les personnes consacrées à Dieu et détournaient la bénédiction céleste des armes royales. Ne pouvant abolir la comédie, autorisée par de si grands exemples, favorisée par deux ministres princes de l'Eglise, il fit interdire au moins les scènes trop indécentes et trop scandaleuses. Enfin il obtint de la reine qu'un vertueux ecclésiastique de sa conférence allât visiter les prisonniers d'État de la Bastille, jusqu'alors abandonnés, et les disposât, par leur réconcilia' ion avec Dieu, à rentrer dans les bonnes grâces du roi.

Bien plus grand, bien plus salutaire encore à l'Église de France aurait été le rôle de saint Vincent d e Paul pendant ces vingt années, si l'on avait laissé toute liberté à son zèle. Mais bientôt l'opposition intime entre ses vues et celles de Mazarin éclata au dehors, et passa dans les

actes du conseil et du gouvernement. Pendant que l'un ne cherchait que Dieu et les intérêts de la religion, l'autre ne voyait que les intérêts de son ambition et de sa politique, auxquels il subordonnait au besoin Dieu et l'Église mêmes : deux lignes de conduite, on le voit, entre lesquelles était toute la distance du ciel à la terre. Pour bien entendre cela, il est nécessaire de remonter jusqu'à Richelieu, dont Mazarin n'était, avec un génie et des moyens différents, que le continuateur. A Richelieu aussi remontait l'opposition de Vincent, que tous les bienfaits du grand cardinal n'avaient pu désarmer. A ce point de vue encore, il nous faut donc revenir sur nos pas, pour comprendre toute la politique du saint et du parti religieux à cette époque.

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