‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 40 sur 122 · Lettres du 9 janvier · texte numérisé non relu

Lettres du 9 janvier

Lettre à Bourdaise. — £a mort.

Estienne et Patte allèrent bientôt rejoindre à La Rochelle leurs confrères, avec qui ils s'embarquèrent pour Madagascar le 25 janvier 166u. Ils emportaient cette lettre adressée par Vincent à Bourdaise :

« Je vous dirai d'abord, Monsieur, la juste appréhension où nous sommes que vous ne soyez plus en cette vie mortelle, dans la vue du peu de temps que vos confrères qui vous ont précédé, accompagné et suivi, ont vécu en cette terre ingrate, qui a dévoré tant de bons ouvriers envoyés pour la défricher. Si vous êtes encore vivant, oh ! que notre joie en sera grande, lorsque nous en serons assurés ! Vous n'auriez point de peine à le croire de moi, srvous saviez à quel point va l'estime et l'affection que j'ai pour vous, qui est aussi grande qu'aucune personne la puisse avoir pour une autre.

« La dernière petite relation que vous nous avez envoyée, nous ayant fait voir la vertu de Dieu en vous et espérer un fruit extraordinaire de vos travaux, nous a fait jeter des larmes d'allégresse à votre sujet, et de reconnaissance envers la bonté de Dieu, qui a eu des soins admirables sur vous et sur ces peuples* lesquels vous évangélisez par sa grâce avec autant de zèle et de prudence de votre part, qu'il paraît de disposition de leur côté pour être faits enfants de Dieu ; mais en même temps nous avons pleuré de votre douleur et de votre perte, à la mort de Messieurs Dufour, Prévost et de Belleville, qui trouvèrent leur repos au lieu du travail qu'ils allaient chercher, et qui augmentèrent vos peines, lorsque vous en espériez plus de soulagement. Cette séparation si prompte a été toujours depuis un glaive de douleur

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