Conf. du 30 mai
I ensemble et dans leurs détails, dans leur poifée générale
let dans chacun de leurs articles.
Déjà bien des fois, de l'année 1634 et jusqu'à cette année 1655, il en avait donné des explications sommaires, en attendant de les rédiger par écrit et de les remettre à chaque maison pour servir de continuelle lecture et de sujet ordinaire de méditation. Il reprit ces entretiens d'une manière plus suivie et plus détaillée à partir de leur rédaction définitive.
Il parla d'abord de la nécessité des règles, besoin de toute compagnie, moyen de plaire à Dieu ; et il exposa les motifs d'y être fidèles. De cette fidélité gardée ou violée, dépend le salut ou la damnation, non-seulement des sœurs, mais d'un grand nombre de pauvres au service desquels elles seront attachées, dépendaussi l'avenir de la Compagnie. Les premières sœurs sont le commencement d'un grand bien qui s'augmentera et durera à perpétuité, et au contraire déclinera et finira par s'anéantir, suivantl'exempleetla forme qu'elles donneront à celles qui viendront après elles. Tel le fondement, tel l'édifice. « Lorsque Salomon voulut bâtir le temple de Dieu, il mit dans les fondements des pierres précieuses, pour témoigner que ce qu'il voulait faire était très-excellent. La bonté de Dieu veuille vous faire la grâce, à vous qui êtes le fondement de cette Compagnie, d'être éminentes en vertus, car je ne saurais me persuader que vous voulussiez faire tort à celles qui vous suivront ; et comme les arbres ne portent des fruits que selon leur espèce, il y a toute apparence que celles qui viendront après vous ne prétendront pas à une plus grande vertu que celle que vous aurez pratiquée. S'il plaît donc à Dieu de donner sa bénédiction à ce commencement de bien, soyez aussi plus vertueuses '. »
î. Conf. du 31 juillet 1R34.
Ces règles d'ailleurs sont de Dieu, puisque c'est lui qui a fait la Compagnie. « Quelle œuvre, mes filles, y a-t-il qu'il ait plus faite que la vôtre ? Qui, parmi le monde, eût su la faire comme il l'a faite ? et comment Dieu luimême eût-il pu la faire mieux ? D'abord il a pris de pauvres filles de la campagne, et s'il en eût pris de riches eussent-elles fait ce que vous faites? eussent-elles servi les malades dans les services les plus bas et les plus pénibles ? eussent-elles été porter une marmite par la ville et une hotte au marché pour les provisions ? et, quoique, par la grâce de Dieu, il y en ait parmi vous d'assez bonne condition, est-il bien croyable qu'elles eussent pris votre manière de vie dans le commencement? Après cela, Dieu pouvait-il mieux faire que de mettre parmi vous la frugalité qui y est observée ? N'est-elle pas une marque sensible qu'il a fait votre œuvre ? Car, mes filles, si vous eussiez été bien nourries et que vous eussiez été traitées avec des viandes délicates, oh ! la nature, qui toujours recherche ses aises, ne se fût guère souciée d'aller secourir les autres ; vous vous fussiez affainéanties dans la bonne chère, et puis on ne vous aurait ni désirées ni voulues dans aucun endroit. Voyez-vous, mes filles, comme il fallait que vous fissiez peu de dépense pour n'être pas à charge aux lieux qui vous demanderaient, il a fallu nécessairement que vous eussiez cette frugalité de vie qui vous est une marque très-assurée que votre œuvre est celle de Dieu '..". »
« ... Oh ! que vous avez grand sujet de vous humilier à la vue des desseins qu'il paraît avoir sur vous ! Si vous saviez... vous le dirai-je, mes filles? Je doute que je doive ie faire, crainte que quelques-unes ne s'enorgueillissent ; c'est cependant bien propre à vous encourager, car c'est