‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 80 sur 122 · INSTITUTION DES DAMES DE LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

INSTITUTION DES DAMES DE LA CHARITÉ

nier à cette intention. Il réclama aussi les prières de mademoiselle Le Gras, en la prévenant qu'il aurait besoin d'elle au jour marqué, et de quatre de ses Filles.

La seconde assemblée fut plus nombreuse que la première. Parmi les nouvelles assistantes, aussi distinguées par leur vertu que par leur rang, nommons Elisabeth d'Aligre, chancelière de France; Anne Petau, veuve de messire Regnauld, seigneur de Traversay ; Charlotte de Ligny, présidente Vialart de Herse; mademoiselle Violle, sœur d'un avocat au parlement nommé Defita, et entrée par mariage dans la famille frondeuse si connue, et Marie Fouquet, née Maupeou, mère du fameux surintendant des finances. C'est Marie Fouquet, cette femme si attachée à Dieu et aux pauvres, qui, apprenant la disgrâce de son fils, se contenta de s'écrier : « Je vous remercie, ô mon Dieu ! je vous avais toujours demandé le salut de mon fils : en voilà le chemin. »

Le projet étant déjà arrêté dans l'assemblée précédente, il ne restait plus qu'à l'organiser dans celle-ci. On y procéda donc à l'élection de trois officières de la Compagnie : d'une supérieure, d'une assistante et d'une trésorière. La présidente Goussault fut naturellement élue la première supérieure, et Vincent établi directeur perpétuel ; mademoiselle Pollalion fut nommée trésorière. Au bout de quelques jours, la Compagnie était à l'œuvre et comptait déjà plus d'une centaine de Dames. En effet, dans une lettre du 25 juillet 1634 que Vincent écrivait à du Coudray à Rome pour le charger d'obtenir des indulgences en faveur des confréries de la Charité, on lit : « Nous en avons érigé une composée de cent ou cent vingt dames de haute qualité, qui, chaque jour, quatre à quatre, visitent et secourent jusqu'à huit ou neuf cents pauvres malades avec de la gélatine, des consommés, des confitures et toute sorte de douceurs, outre la nourriture ni. 2i.

ordinaire que la maison leur fournit, pour disposer ces pauvres personnes à faire la confession générale de leur vie passée, et à procurer que ceux qui meurent partent de ce monde en bon état, et que ceux qui guérissent fassent résolution de ne plus offenser Dieu, ce qui se fait avec une bénédiction particulière. »

Ce nombre s'accrut, se doubla en peu d'années, et on y vit entrer des femmes de la première noblesse, des princesses même : la comtesse de Saint-Paul, la comtesse de Soissons, Marie de Gonzague, Madame la Princesse *, qui croyaient se relever devant Dieu en s'abaissant devant les pauvres. La cour voulut avoir aussi *a Compagnie de charité formée sur le modèle des Dames de l'Assemblée, et, pour ordonner ce pieux dessein, Vincent de Paul rédigea ce règlement :

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