‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 95 sur 122 · Coni'. du 6 décembre igô · texte numérisé non relu

Coni'. du 6 décembre igô

pauvres gens, privés de sens et de conduite ; car, en les servant, nous voyons et touchons combien sont grandes et diverses les misères humaines ; et, par cette connaissance, nous serons plus propres à travailler utilement vers le prochain ; nous nous acquitterons de nos fonctions avec d'autant plus de fidélité, que nous saurons mieux par notre expérience ce que c'est de souffrir. C'est pourquoi je prie ceux qui sont employés auprès de ces pensionnaires, d'en avoir grand soin, et la Compagnie de les recommander souvent à Dieu, et de faire estime de cette occasion d'exercer la charité et la patience vers ces pauvres gens. Autrement, Dieu nous punirait. Oui, qu'on s'attende de voir tomber la malédiction sur la maison de Saint-Lazare, s'il arrive qu'on y néglige le juste soin qu'on doit avoir d'eux. Je recommande surtout qu'on les nourrisse bien, et que ce soit du moins aussi bien que la communauté, particulièrement ceux qui paient plus grosse pension. Voyez-vous, Messieurs, j'aimerais mieux que vous me l'ôtiez à moi-même pour le leur donner, que de manquer à ce que je viens de vous recommander '. y>

Ainsi Vincent se montrait le refuge des pécheurs, comme on l'appelait, en même temps que le refuge et le soutien de tous les misérables. Mais, si vastes que soient les œuvres précédemment racontées, peut-être ne sontelles rien en comparaison de ce qu'il fera pour le soulagement de vastes provinces ruinées par la guerre. C'est ici qu'il apparaîtra comme le représentant, comme une incarnation de la Providence.

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