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taires, en l'honorant de leurs injures en elle-même et dans la personne de Bonnet, son supérieur général 4.
Pour revenir, en finissant, à Vincent de Paul, disons que son horreur pour l'hérésie venait de sa charité et du pressentiment des maux qu'elle allait causer à la France. Les ravages du calvinisme, dont son enfance avait été témoin, lui faisaient craindre qu'une hérésie nouvelle ne finît par détruire la foi parmi nous, et que la France n'eût le sort de l'Angleterre, de la Suède et de l'Allemagne. Puis il prévoyait, avec une conscience plus ou moins claire, que le jansénisme allait arrêter ce beau mouvement de régénération catholique qui, parti du concile de Trente, avait traversé cette première moitié du siècle, et y avait laissé, en hommes, en institutions et en monuments, tant de traces merveilleuses de son passage ; que son œuvre à lui-même aurait dans le jansénisme son plus dangereux ennemi. En effet, à partir de l'éclat du jansénisme, à partir surtout des Provinciales, tout se ralentit, tout s'immobilise dans les hommes et dans les choses. Plus de ces âmes généreuses, dévouées jusqu'à l'héroïsme, que nous avons vues en si grand nombre au service de la charité de Vincent de Paul ; plus de nouvelles familles religieuses, plus d'institutions, plus de saints. Au dévouement héroïque des personnes et des œuvres succède une régularité glaciale, et la sécheresse du rigorisme remplace l'onction de la piété. La sévérité morale est dans les livres, mais déjà le dérèglement et la licence sont dans les mœurs. En 1688, Fénelon peut déjà signaler un abaissement progressif des vertus chrétiennes, qu'il fait remonter à quarante ans. Le jansénisme livra au monde des secrets qu'il ne devait pas connaître, et, en l'introduisant dans le sacré tribunal
1. Voir, en particulier, V Avocat du Diable, t. II, pp. '292 et suiv.