Rèp. d'or, du 25 novembre
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Compagnie, et à chacun de nous en par igir
simplement et bonnement, et c
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in puisse profiter de ce que nous diron A ces recommandations Vincent joignait l'autorité de son exemple. Lui-même parlait d'une manière humble mpie, quoique forte et effi. -mme on en peut
juger par ces nombreux fragments de ses discours : et il arrivait ainsi, mieux que par de vains ornements, à la vraie éloquence. Car, disait-il. c comme les I na-
turelles ont bien plus d'attraits c
même les lis simples et cornu
sont mieux reçus et trouvent une plus frvorabk
dans les esprits que ceux qui sont affectés et artificieu.sement polis. »
C'était à cette prédication simple qu'il exerçait les siens, qu'il s'exerçait lui-même, jusque dans son extrême vieillesse. Chacun devait parler à son tour devant lui. Le soir, il rendait compte du discours et le faisait analyser publiquement parles principaux de la Compagnie. Avaiton parlé avec beaucoup d'étude et de soin, il se plaisait à en montrer toute la vanité, puis il concluait avec sa charité ordinaire : « Croyez-moi, Monsieur, étudiez-vous à prêcher comme Jésus-Christ. Ce divin Sauveur pouvait, s'il l'eût voulu, dire des merveilles de nos plus relevés mystères, avec des conceptions et des termes qui leur fussent proportionnés, étant lui-même le Verbe et la Sagesse du Père éternel ; et néanmoins, nous savons de quelle manière il a prêché, simplement et humblement, pour s'accommoder au peuple et nous donner le modèle et la façon de traiter sa sainte parole. »
Cette simplicité et cette humilité, il l'exigeait, nonseulement dans les pensées et dans le style, mais jusque dans le ton de la voix : et cela à la fois pour ménager la santé des siens, et pour produire plus d'effet par une façon de dire naturelle. « Groiriez-vous, Monsieur, écrivait-il à ce propos, que les comédiens, ayant reconnu cela, ont changé leur manière de parler, et ne récitent plus leurs vers avec un ton élevé, comme ils faisaient autrefois ; mais ils le font avec une voix médiocre, et comme parlant familièrement à ceux qui les écoutent. C'était un personnage qui a été de cette condition, lequel me le disait ces jours passés. Or, si le désir de plaire davantage au monde a pu gagner cela sur l'esprit des acteurs de théâtre, quel sujet de confusion serait-ce aux prédicateurs de Jésus-Christ, si l'affection et le zèle de procurer le salut des âmes n'avait pas le même pouvoir sur
MANFKRK DE PRÊCHER, ETC. A'Si
eux ! » Il est curieux d'entendre saint Vincent de Paul témoigner de la révolution qui commençait alors au théâtre, et s'exprimer à ce sujet comme le fera, quelques années plus tard, un illustre comédien-poëte ' !
Nous trouvons toute la rhétorique de saint Vincent de Paul dans un Abrégé de la méthode de prêcher en usage dans la Congrégation de la Mission, dressé par Aimeras et envoyé par lui à toutes les maisons de la Compagnie en décembre 1666. En voici l'origine.
Dès le commencement des conférences de Saint-Lazare, Vincent réunissait de temps en temps les premiers ecclésiastiques qui en firent partie : Perrochel et Pavillon, les futurs évêques de Boulogne et d'Alet, l'abbé Olier et quelques prêtres de Paris. Le saint proposait un sujet, et chacun, sur l'heure et sur le lieu, sans livres, s'exerçait à parler et à écrire ; chacun disait son mot ou fournissait par écrit son contingent à l'œuvre commune. « Il n'y a que moi qui n'ai rien su dire ni faire qui vaille » , ajoutait Vincent en rappelant ces choses. Les avis pris, le saint concluait ; ou bien on recueillait tous les papiers et on en composait une conférence. Tout cela se faisait simplement et familièrement. « Que si quelqu'un ensuite, racontait Vincent, venait présenter de belles pensées, alléguer plusieurs belles raisons, quantité d'autorités des Pères, des conciles, etc., cela était beau. Mais ce prédicateur effaçait tout ce que l'autre en particulier avait laissé de bon dans les âmes ; comme lorsque vous avez imprimé sur quelque chose, l'un vient avec une éponge effacer tout, il n'y paraît plus d'impression, tout est effacé ; de même l'esprit bien touché et impressionné d'un discours simple et pratique perd bientôt ses bons sentiments et ses saintes pensées par un autre discours