‹ Saint Vincent de PaulChapitre 144 sur 159 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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MISSIONS d'aGEN, DE RICHELIEU, ETC. 489

servant d'un langage si grossier comme nous faisons, après s'être acquittée chrétiennement et exemplairement de son devoir, ne nous a pu laisser partir qu'en fondant toute en larmes. Cinq huguenots ont abjuré leur hérésie en cette dernière Mission, quatre desquels, qui nous fuyaient auparavant, sont venus eux-mêmes nous y chercher; et cela, Messieurs, pour nous apprendre, comme vous me l'avez souvent enseigné, que la conversion des âmes est l'ouvrage de la grâce, auquel nous mettons souvent empêchement par notre propre esprit, et que Dieu veut toujours opérer, ou dans le néant, ou par le néant, c'est-à-dire en ceux et par ceux qui reconnaissent et confessent leur impuissance et leur inutilité.»

Mission d'Agen, de Richelieu, de Luçon, etc.

Pendant cette année 1637, madame d'Aiguillon, par acte du 18 août, donna 22,000 livres à l'effet de fonder pour toujours et à perpétuité une Mission d'au moins quatre prêtres dans la ville de son titre ducal, d'où ils devaient évangéliser aussi chaque année les autres villes, bourgs, villages, hameaux et autres lieux du duché, aux quatre fêtes de Pâques, de la Pentecôte, de la Toussaint et de Noël, et à la charge d'une messe quotidienne à l'intention de la donatrice de son vivant, et après sa mort, pour le repos de son âme et de l'âme des siens.

En 1642, le 4 juillet, la duchesse d'Aiguillon, « pour en quelque façon reconnaître les grandissimes grâces, bénédictions et protections qu'il a plu à Dieu, par sa bonté et miséricorde infinie, de faire à Monseigneur l'éminentissime Armand, cardinal duc de Richelieu, son oncle, et particulièrement en sa dernière maladie, et

pour lui demander la continuation dé ses grâces, bénédiction et protection sur mondit seigneur cardinal et sur madite dame duchesse, et qu'il lui plaise leur faire la grâce d'accomplir en ce monde sa sainte volonté, et à l'heure de leur mort leur faire miséricorde », donne encore 13,500 livres pour trois prêtres de plus qui feront Mission dans toute l'étendue de l'Agénois et du Gondomois, appartenant à la duchesse, comme ils ont fait déjà dans le duché d'Aiguillon ; et encore à la charge de continuer l'instruction des ordinands de ces deux contrées, si l'évêque leur fournit les choses nécessaires.

Par ce second acte, il est de plus spécifié que l'église et maison de la première fondation seront en l'honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ résidant en la Vierge pendant les neuf mois qu'il a été en elle ; que telle sera aussi l'intention de la messe quotidienne, avec mémoire de la sainte Vierge et des saints anges ; qu'après le décès de la duchesse et du cardinal, une messe anniversaire sera célébrée pour eux à perpétuité; enfin, que le siège de l'établissement sera, non plus dans la ville d'Aiguillon, mais à Notre-Dame de la Rose, dont la chapelle avait été unie, le 14 juin J 640, à la congrégation de la Mission, par Barthélémy d'Elbène, évêque d'Agen *.

En 1638, le cardinal de Richelieu voulut aussi établir les prêtres de la Mission, non-seulement dans la ville de son titre ducal, mais encore dans le diocèse de Luçon, dont il avait été évêque 2. Par acte du 4 janvier passé à Ruel, insinué et accepté au greffe du Ghâtelet, au greffe du bailliage et siège présidial de Tours et de Loudun dans le cours de la même année, il obtenait de Vincent

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