I. Arch. de l'État MM
à toute la Compagnie. Il venait de demander dix prêtres de plus, qui avaient été aussitôt envoyés, et il avait dressé en leur faveur un projet de contrat de fondation, lorsqu'il mourut le 4 décembre 1642. Le 25 du même mois, Vincent écrivait à Rome : « La Providence a permis que Richelieu ne soit pas fondé. Feu Son Éminence avait vendu les greffes de Loudun, à dessein de mettre le prix en fonds de terre, comme il a fait, mais il est mort avant que de nous en faire le délaissement, dont il m'envoya le projet deux ou trois jours avant sa mort, qu'il n'a pas signé. Il en faut louer Dieu. Nous verrons comme il plaira à ses héritiers de faire... Nous avons fait deux services solennels et dit plusieurs messes pour lui. »
A la date de cette lettre, Vincent ignorait le testament du cardinal, dans lequel on lit : « Je le prie aussi (de Noyers) de faire réparer, accommoder et orner la maison des Pères de la Mission que j'ai fondée à Richelieu, et de leur faire acheter un jardin dans l'enclos de la ville de Richelieu, le plus proche de leur maison que faire se pourra, de la grandeur que j'ai ordonnée ;... et, bien que j'aie déjà suffisamment fondé audit Richelieu lesdits Pères de la Mission pour entretenir vingt prêtres, afin de s'employer aux Missions dedans le Poitou, suivant leur institut, je leur donne encore la somme de 60,000 livres, afin qu'ils aient d'autant plus de moyens de vaquer auxdites Missions, et qu'ils soient obligés de prier Dieu pour le repos de mon âme, à la charge d'employer ladite somme de 60,000 livres en achat d'héritages, pour être de même nature que les autres biens de la fondation *. »
Ce testament avait été fait à l'hôtel de la Vicomte de Narbonne, le 23 mai 1642. A cette époque, le cardinal avait aliéné et converti en fonds de terre les greffes de
1. Mémoires pour servir à l'hist. de France, collect. Michaud, 2e série, t. IX, p. 360.