‹ Saint Vincent de PaulChapitre 147 sur 159 · MISSIONS D'AGEN, DE RICHELIEU, ETC · texte numérisé non relu

MISSIONS D'AGEN, DE RICHELIEU, ETC

Loudun, comme Vincent vient de nous le dire, et il avait le projet d'en faire la fondation de Richelieu ; mais la mort le surprit. Le revenu des greffes ayant cessé, sans être encore remplacé par un autre, la maison de Richelieu, surchargée récemment de dix prêtres, se trouvait accablée. Mais la duchesse d'Aiguillon, qui apprit par Vincent de Paul et par le testament les intentions de son oncle, voulut les remplir. Par acte du 2 septembre 1643, fait au nom du jeune duc de Richelieu son pupille, elle donna à la Mission, par forme de remplacement et en acquittement de la succession, le domaine de Saint- Cassien et les maisons de Richelieu appartenant à feu le cardinal. Par le même acte, elle impose quelques autres missions, où les Missionnaires doivent faire « prier Dieu pour l'âme du défunt seigneur cardinal, et à ce qu'il lui plaise bénir et faire miséricorde à toute sa maison ; et que tous les jours ils disent une messe à même fin, comme encore que tous les jeudis de chaque semaine, à l'issue de ladite messe en l'église de Richelieu, ils chantent un libéra 'pour l'âme dudit défunt. » La duchesse confirmait enfin l'union de la cure à la Mission, union à laquelle consentit le duc de Richelieu, le 23 décembre 1645, à la condition d'une messe anniversaire pour le cardinal, le 4 décembre ; ce qui fut approuvé, le 2 avril 1646, par Henri-Louis Chasteigner de la Rochepozay, évêque de Poitiers *.

De Richelieu et de Luçon, les Missionnaires, à peine établis, se répandirent dans le haut et le bas Poitou. Ils trouvèrent plus de difficultés, au commencement, dans le diocèse de Poitiers que dans le diocèse de Luçon ; mais tous enfin, catholiques et hérétiques, cédèrent à leurs efforts. L'évêque de Luçon, Pierre de Nivelle,

t. Arch, de l'Etat, MM. 534.

en témoigna sa reconnaissance à Vincent et à la mémoire du cardinal.

Après avoir évangélisé les peuples auxquels ils se devaient, les Missionnaires, jamais las de travaux apostoliques, ni rassasiés de saintes conquêtes, firent une excursion dans l'Angoumois. Le bourg de Saint-Amand, où les avait appelés une pieuse dame qui en avait la seigneurie, fut leur centre de rayonnement à travers trente ou quarante paroisses voisines. Témoin de leurs succès, le duc de La Rochefoucauld voulut les avoir dans ses terres de Verteuil et de Marsillac. L'évêque d'Angoulême, Jacques Du Perron, neveu du célèbre cardinal, s'unit, en 1643, aux membres de la petite conférence ecclésiastique dont il a été ailleurs parlé, pour en exprimer à Vincent de Paul son vif ressentiment, et il ajoutait: « Ma consolation pourtant sera toujours imparfaite, Monsieur, jusqu'à ce que vous ayez comblé ce bonheur, qui n'est que passager, d'une Mission stable et permanente en ce diocèse, qui en a beaucoup plus besoin que les autres. » Ce vœu ne devait être rempli qu'en 1704, près d'un demi-siècle après la mort du saint prêtre.

En attendant, Richelieu, grâce au souvenir et aux dons du cardinal, fut un des principaux postes de la Mission en France. La cour et les princes ou princesses du sang s'y arrêtèrent plus d'une fois, notamment en 1650, lorsque la cour partit pour la Guyenne, que la princesse de Coudé venait de soulever pour venger l'emprisonnement de son mari. Pendant ce voyage, qui dura tout un mois, la cour devait s'arrêter à Richelieu, et Vincent, consulté par le supérieur sur la manière de recevoir le roi, répondit ainsi, le 17 juillet :

« Vous irez, s'il vous plaît, le saluer au château avec trois ou quatre de vos prêtres. Il n'aime point les ha-

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