DÉCADENCE DES INSTITUTIONS, ETC
écrire, ,et dont le naturel et les dispositions ne donnent l'espoir qu'il s'emploiera toujours au service de l'Église. Le concile veut qu'on choisisse principalement les enfants des pauvres ; il n'exclut pourtant pas ceux des riches, pourvu qu'ils s'entretiennent à leurs frais, et qu'ils offrent du zèle pour le service de Dieu et de l'Eglise. L'évêque, après avoir départi ces enfants en autant de classes qu'il lui semblera bon, suivant leur nombre, leur âge et leurs progrès dans la discipline ecclésiastique, en appliquera une partie, quand il lui paraîtra opportun, au service des églises, retiendra les autres pour être instruits dans le collège, et remplacera ceux qu'il en aura tirés, de manière que ce collège soit un perpétuel séminaire de ministres de Dieu. Et afin qu'ils soient élevés plus commodément dans la même discipline ecclésiastique, ils porteront aussitôt et toujours la tonsure et l'habit clérical, ils apprendront la grammaire, le chant, le comput ecclésiastique et toute la discipline des belleslettres ; ils étudieront l'Ecriture sainte, les livres ecclésiastiques, les homélies des saints, les formes de l'administration des sacrements, surtout ce qui est nécessaire pour entendre les confessions, enfin les rites et les cérémonies. L'évêque aura soin qu'ils assistent chaque jour au sacrifice de la messe, qu'ils confessent leurs péchés au moins une fois chaque mois, et que, suivant le jugement de leur confesseur, ils reçoivent le corps de Notre- Seigneur Jésus-Christ, qu'ils servent, les jours de fête, dans l'église cathédrale et dans les autres églises du lieu. — Toutes ces choses et autres opportunes et nécesaires à cet effet seront réglées par les évêques avec le conseil de deux chanoines des plus anciens et des plus graves, qu'ils auront choisis eux-mêmes, selon que le Saint-Esprit le leur inspirera, et, par de fréquentes visites, ils prendront n qu'elles soient toujours observées. Ils puniront sévè-
ment les dyscoles, les incorrigibles, les semeurs de mauvaises mœurs, les chassant même s'il est besoin. Enfin, ils veilleront diligemment à écarter tous les obstacles, et à entretenir ce qu'ils jugeront propre à conserver et à accroître un si pieux et si saint institut. »
Le concile règle ensuite longuement les moyens de pourvoir ces établissements des revenus nécessaires, et il continue : « Que si les prélats des églises cathédrales et antres églises supérieures étaient négligents à établir et à conserver de tels séminaires, et refusaient de payer leur portion, l'archevêque devra reprendre vivement révoque, le synode provincial reprendre l'archevêque et les supérieurs, et les obliger à tout ce que dessus, et enfin avoir un soin particulier de procurer et avancer un si saint et si pieux ouvrage le plus tôt possible et partout où faire se pourra... Ensuite, afin qu'il soit pourvu avec moins de dépense à l'établissement de telles écoles, le saint concile statue que les évêques, archevêques, primats et autres ordinaires des lieux, obligeront les écolâtres et les autres qui tiennent des places auxquelles est attachée l'obligation de faire des leçons et d'enseigner, et les contraindront même par la soustraction de leurs fruits d'en faire les fonctions dans lesdites écoles, par eux-mêmes s'ils en sont capables, sinon par des gens capables, qu'ils se substitueront et qu'eux-mêmes choisiront avec l'approbation des ordinaires. Que si, au jugement de l'évêque, ceux-ci ne sont pas dignes, ils en nommeront quelque autre qui le soit, sans qu'il y ait lieu à aucune appellation ; que s'ils le négligent, l'évêque même pourvoira. — Les susdits enseigneront ce qui paraîtra expédient à l'évêque. Désormais ces offices ou dignités d'écolâtre, comme on les nomme, ne seront conférés qu'à des docteurs ou maîtres, ou à des licenciés en théologie ou en droit canon, ou à d'autres personnes capables, et qui puissent par elles-