Archives 4e l'Hun s
2. Voir sur ce point un Mémoire, ;inhiv.» de l'Ki;ii. S. '.s >0.
François. Les satellites d'Hanriot, poursuivant les prêtres dans les corridors et dans les cellules, les lançaient tout vivants par les fenêtres sur une herse de piques, de broches et de baïonnettes qui les perçaient dans leur chute. Des tricoteuses, conduites et surexcitées par Théroigne de Méricourt, les achevaient à coups de bûche et traînaient les cadavres dans les ruisseaux.
Ainsi fut noyé dans le sang le berceau des prêtres de Vincent de Paul et son premier séminaire. Aujourd'hui, la congrégation de la Mission a repris, quoique dans de moindres proportions, l'œuvre de l'éducation ecclésiastique 4.
Mais l'œuvre de saint Vincent eût été achevée, même sans cette reprise contemporaine : près de cent ans avant le massacre de Saint-Firmin, en 1698, lorsque Louis XIV donna sa déclaration sur les séminaires, il restait bien peu de diocèses auxquels elle fût applicable, et le prince paraissait plutôt confirmer ce qu'avaient fait les évêques qu'exciter leur zèle. Grâce à Vincent et aux saints fondateurs qui suivirent ses traces, quelques diocèses, alors comme aujourd'hui, possédaient jusqu'à deux ou trois de ces utiles établissements. Création utile, en effet, et tellement nécessaire pour l'éducation et la perpétuité du sacerdoce, que nous ne comprenons pas, surtout en France, qu'elle ait dû attendre si longtemps pour éclore
1. Dès 1806, avant d'être reconnue légalement, elle retournait au séminaire d'Amiens. Après la Restauration, elle reprenait ses anciens postes de Saint-Flour (1820), de Gahors (1822), de Ghàlons-sur-Marne (1832), d'Albi (1836,, de Sens (1839), de Tours (1850 et 1858), de La Rochelle (1851), d'Angoulême (1856), de Cambrai (1857), de Soissons (1858 et 1859), y. elle s'établissait à nouveau à Garcassonne (1824), à Montpellier (1844 et 1845), à Évreux (1846) et à Alger (1848) : en tout quinze grands et trois petits séminaires, moins du tiers de ce qu'elle possédait avant la Révolution.
COMPLÉMENT DE i/CEUVRE DE VINCENT, ETC. 245
le fiât d'un pauvre prêtre. Du reste, c'est là encore un des caractères des œuvres de Vincent : elles ont pour elles la beauté qui marque toutes les œuvres chrétiennes ; elles ont aussi l'utilité, la nécessité ; et de là leur immobile durée. Quant aux séminaires, qui n'existent nulle part ailleurs que parmi nous avec ce juste tempérament de vie séculière et de vie claustrale, avec ce mélange et ce concert d'études, de piété et de discipline l'Église de France leur doit sa science et ses vertus, et, notre clergé cette aptitude aux fonctions sacrées et cette décence de mœurs que le monde catholique nous envie.
Ce clergé formé avec tant de soins et par tant d'institutions, il restait à le prémunir non contre le monde et contre les passions, car le secours était préparé dans les conférences et les retraites spirituelles, mais contre l'erreur ; contre une erreur plus dangereuse pour lui que le protestantisme même ; contre une erreur née de lui comme toutes les autres, mais s'obstinant à n'en pas sortir, à y rester à l'état de ver rongeur de sa plus pure substance; cherchant à se faire mondaine, à passer à la mode, sans cesser d'être cléricale et claustrale : nous avons nommé le jansénisme.