‹ Saint Vincent de PaulChapitre 75 sur 159 · PETRUS AURELIUS · texte numérisé non relu

PETRUS AURELIUS

Provinciale, a toujours affecté de la mettre en doute. Pour louer à son aise cet « excellent livre qui ne mourrait jamais, » Saint-Gyran niait effrontément , nonseulement qu'il en fût l'auteur, mais qu'il y eût eu part ; sans doute par humilité, dit l'éditeur de Lancelot, et aussi « parce qu'un autre tenait la plume '! » Plus d'une autre occasion s'offrira ds voir qu'en fait de restriction mentale, Saint-Cyran aurait pu en montrer aux jésuites.

Contraint de s'effacer un peu, Saint-Gyran resta directeur de Port-Royal, mais voulut y introduire un confesseur de sa façon. Gomme il avait soustrait, dans la personne de Lancelot, un secrétaire à Bourdoise, il enleva un confesseur à saint Vincent de Paul. Antoine Singlin, devenu prêtre par les conseils de Vincent, avait été placé par lui à l'hôpital de la Pitié. C'est là que l'alla chercher Saint-Cyran. Il commença par endoctriner cet homme simple, par l'éblouir de sa prétendue science, bien préférable à la conduite ignorante du supérieur de Saint- Lazare ; puis, pour achever de le gagner, il lui suscita peut-être une espèce de visionnaire, qui l'effraya sur le compte de son premier directeur. Voici, du moins, le fait bizarre raconté par Marguerite Périer, nièce de Pascal.

Un jour que Vincent était à la Pitié, Singlin, sortant de l'église, l'aperçut au fond de la cour en conférence avec une personne, et, comme il avait lui-même à l'entretenir, il l'attendit sur le perron de l'église. Il était là, lorsqu'une sœur nommée Jeanne ou Catherine, une dévote de M. Vincent, dit Marguerite Périer, ou plutôt une émissaire de Saint-Cyran, vint lui dire : a Eh ! mon Dieu, Monsieur, il faut bien prier Dieu pour l'Eglise, car il va s'y élever une grande persécution, tous les gens de bien

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