Port-Iioyal, torn. I, p
des jésuites, il fallait mettre de son côté les évêques. Puis les plus pieux personnages commençaient à s'effrayer ; Richelieu soupçonnait déjà et menaçait : il était temps de se faire d'autres alliés. En se portant le champion des droits épiscopaux, de la discipline ecclésiastique contre les moines, contre les jésuites surtout, Saint-Cyran enrôlait les gallicans sous son drapeau, ou plutôt paraissait combattre pour eux. « Il s'avançait sous leur couvert, dit encore M. Sainte-Beuve, en attendant qu'il démasquât ce qui lui était propre (p. 330). »
M. Sainte-Beuve saisit encore très-bien l'idée dominante à' Aurelius : l'Église n'est plus une monarchie, mais une aristocratie sous la conduite' des évêques ; en même temps toutefois qu'il semble égaler ceux-ci au pape, il ne laisse pas de rapprocher d'eux insensiblement les curés. « Tous ces germes se sont développés depuis. » Ils étaient déjà dans le livre de si belle provenance ! et quelques autres encore, par exemple, les germes d'une église laïque à côté d'une église presbytérienne. Car Aurelius attaquait l'indélébilité du caractère sacerdotal, en enseignant que le sacerdoce se détruit par toute faute contre la chasteté, et même par tout péché mortel. « Sitôt que l'évêque est pécheur, dit-il encore, il déchoit de son état, selon le droit ancien, et n'y est plus1. » Et ailleurs il dira : ce C'est à l'Église de corriger les mauvais prêtres, et de les retrancher, s'il lui plaît ; et alors ils ne sont plus réputés prêtres, et passent pour laïques 2. »
Saint-Cyran n'a jamais avoué la paternité de Petrus Aurelius, et le parti, Pascal nommément dans sa xvic