I. Responrio ad novas ammadv., p
i. Journaux, p 74, cités par M. Faillon ; Vie de M. (Hier, toi» î, pp. Z48-250.
rait pu prendre de quelques-unes de ses paroles. Ayant remis, en effet, à Laubardemont l'original de la lettre incriminée, comme on lui demandait quels étaient les quatre points y mentionnés, il répondit d'abord qu'il ne s'en souvenait pas ; puis, s'étant mis en prière, il dit qu'un de ces points était qu'il avait entendu dire à Saint- Gyran que les huguenots s'étaient mal défendus ; un second, qu'il avait cru que l'abbé désapprouvait les vœux, parce que celui-ci n'était pas d'avis qu'il en fît faire à sa Compagnie ; le troisième, qu'il lui avait entendu condamner la facilité avec laquelle on absolvait les plus grands pécheurs, d'où il avait cru qu'il condamnait l'Église et sa conduite ; quant au quatrième, qu'il continuait à ne s'en plus souvenir; mais, quel qu'il fût, qu'il n'était pas plus grave que les précédents, sur lesquels l'abbé lui avait donné ensuite les plus satisfaisantes explications. Il fut interrogé par Richelieu lui-même, qui, ne pouvant rien tirer de lui au désavantage du pieux abbé, lui témoigna de la froideur, le quitta en se grattant la tête, son grand geste de mécontentement, et se vengea en faisant ralentir la construction de l'établissement qu'il avait entrepris à Richelieu pour les prêtres de la Mission l. Il parut aussi devant Lescot, mais ses réponses furent si favorables à Saint-Cyran, que les jésuites — de quoi les jésuites ne sont-ils pas capables et que n'ont-ils pas fait ! — que les jésuites firent disparaître son interrogatoire des procès-verbaux 2.
Vincent de Paul fut, en effet, interrogé par Richelieu ; et, faisant violence à sa charité par amour de l'Église, il lui révéla pour la première fois les doctrines et les pro-
1. Gela est si vrai, que la maison fut achevée en 1638, au moment même de l'emprisonnement de Saint-Cyran. Voir Abelly, liv. I, pp. 219-221.