‹ Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 2 sur 46 · AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS AU LECTEUR

ment établis par le Saint-Siège apostolique, je déclare que je n'entends et que je n'ai dessein de faire entendre à personne tout ce qui est rapporté en ce livre, autrement qu'on a coutume de prendre les choses qui sont appuyées seulement sur le témoignage des hommes et non sur l'autorité de l'Église, et que je n'emploie le titre àç, saint \ que je donne quelquefois à M. Vincent, qu'au sens que saint Paul le donne à tous les fidèles : ne voulant signifier autre chose, par cette honorable qualification, sinon que ce grand serviteur de Dieu a été doué d'une vertu très éminente, et qui surpassait beaucoup celle du commun des chrétiens.

Au reste, le lecteur considérera, s'il lui plaît, que ce n'est pas ici une pièce d'éloquence ni un panégyrique, mais un simple récit de la vie et des actions vertueuses d'un serviteur de Dieu, lequel ayant fait toute sa vie une profession très particulière d'humilité, ce serait en quelque façon aller contre son esprit, défigurer cette vertu qu'il a tant chérie, que de le revêtir des ornements pompeux d'une éloquence mondaine. Le style dont on se sert en écrivant quelque livre doit toujours avoir un entier rapport avec le sujet qu'il traite, et on ne saurait bien réussir en rapportant les actions vertueuses des saints qu'en les décrivant avec le même esprit dont elles ont été animées.

I. L'auteur devait faire cette déclaration et ces réserves, écrivant la vie d'un personnage qui alors n'était pas encore cdSiomsé. ( Note des éditeurs,)

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Vincent ùe Paul.

Cbapitre premier* — L'état de PÉglise en France, lorsque le vénérable serviteur de DIEU, Vincent de Paul, vint au monde.

sagesse et la puissance de DiEU, en la conduite ^ de son Église, ne paraissent jamais plus admi- ^ râbles que lorsqu'il prend sujet des misères qui l'afifligent pour exercer envers elle ses plus grandes miséricordes, et qu'il tire son avantage des pertes qui lui arrivent, sa gloire de ses humiliations, et son abondance de sa stérilité : en sorte que, suivant ce qu'il a dit par la bouche d'un prophète, quand il semble l'avoir délaissée pour quelque temps, ce n'est que pour lui faire mieux ressentir ensuite les effets de sa miséricorde et de son amour.

Cela se pourrait vérifier par la suite de toute l'histoire ecclésiastique, qui représente le mystique vaisseau de l'Église, voguant sur la mer orageuse de ce siècle parmi une infinité de périlleuses rencontres, qui semblent la menacer souvent d'un naufrage inévitable; d'où néanmoins la main de DiEU la retire toujours avec avantage, se servant même des tempêtes les plus violentes et des vents les plus contraires, pour la faire avancer plus heureusement vers le terme de sa navigation.

Mais pour ne nous pas trop étendre sur un sujet si vaste, il suffira de jeter les yeux sur l'état déplorable où l'Église s'est trouvée en France vers la fin du dernier siècle^ pour connaître les soins paternels que Dieu a pris non seulement de sa

I. Le seizième siècle, qui fut témoin des ravages de la prétendue réforme et des guerres de religion. (Note des éditeurs.)

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