‹ Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 37 sur 46 · I. IxXsiTidG, (Note des éditeurs · texte numérisé non relu

I. IxXsiTidG, (Note des éditeurs

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oublier qu'ils sont hommes, et par conséquent obligés de payer le commun tribut de la nature et de mourir comme les autres hommes.

Cette loi est indispensable, et comprend aussi bien les plus

Portrait de Louis XIII (d'après l'ouvrage : Les Hommes illustres et Krands capitaines français qui sont peints dans la i^altrie du Palais- Royal).

sages et les plus vertueux princes, que les autres qui ne sont pas tels : avec cette différence toutefois, que la mort est aux bons rois, comme l'Église le déclare, un heureux échange d'une souveraineté temporelle et terrestre contre un royaume céleste et éternel ; et aux autres, tout au contraire, elle est le terme de leurs vices aussi bien que de leur vie, et le commencement de la punition que la puissance de DiEU leur en fera ressentir.

Si les vertus et qualités toutes royales de Louis XIII l'ont fait reconnaître pendant sa vie pour l'un des plus grands monarques de la terre, sa piété s'est particulièrement signalée au temps de sa mort. Ce n'est pas ici le lieu de rapporter tout ce que ce prince vraiment très chrétien a fait et dit pendant sa dernière maladie : par où il a donné à connaître combien son cœur royal était détaché des choses de la terre, et quel était son zèle pour procurer la conversion des hérétiques et des pécheurs, et pour faire, autant qu'il était en lui, que DiEU fût de plus en plus connu, honoré, servi et glorifié en tous les lieux de son obéissance. Il suffira de remarquer ici que ce bon roi, ayant ouï parler de la vertu et sainteté de vie de M. Vincent, lui demanda de le venir trouver à Saint-Germaincn-Laye au commencement de sa dernière maladie, pour être assisté, en cet état, de ses bons et salutaires avis, et pour lui communiquer aussi quelques desseins de piété qu'il méditait, particulièrement pour la conversion des hérétiques de la ville de Sedan. Le compliment que M. Vincent fit de premier abord à Sa Majesté, fut de lui dire ces paroles du Sage: « Sire, timenti Deum, bene erit in extremis^ ; » à quoi Sa Majesté, toute remplie des sentiments de sa piété ordinaire, qui lui avait fait lire et méditer souvent ces belles sentences de l'Écriture, répondit en achevant le verset, « et in die defunctionis suce benedicetur^. »

Un autre jour, comme ce saint homme entretenait Sa Majesté du bon usage des grâces de Dieu, ce grand roi faisant réflexion sur tous les dons qu'il avait reçus de DiEU, et considérant l'éminence de la dignité royale à laquelle la Providence l'avait élevé, les grands droits qui y sont annexés, et particulièrement celui de nommer aux évêchés et prélatures de son royaume : <j[ O M. Vincent^ lui dit-il, si je retournais en santé, les évéques seraient trois ans chez vous ; » voulant dire qu'il obligerait ceux qui seraient nommés aux évêchés, de se disposer à s'acquitter de leurs charges, par la fréquentation des lieux et des personnes qui pourraient leur être

1. Pour l^ homme qui craint Dieu^ tout ira bien à ses derniers moments.

2. Et il sera béni au jour de son décès, (Note des éditeurs.)

anllt • ?'J'-^"''"°' ^^ ^'^"^ P""<^« rendit un témoignage signale des sentiments qu'il avait touchant l'importance de la charge ep.scopale, à laquelle il jugeait qu'il fallait se

M V&f ■■• "' t ^'''''"'^ ^"''' f^'^^'t t^"t de l'instrtù de M. Vmcent. que des moyens qu'il employait pour le bien sp.n uel du clergé, les jugeant très propres pour^préparer les eccles.ast.ques à soutenir avec honneur et mérite la charge pesante de ces grandes dignités. ^"«irgc

M. Vincent demeura cette première fois environ huit jours

fero et Hrr„r/''"'/'""""^?^°'^'''^°""^"'- d'approcher le ro., et de 1 entretenir des paroles de salut et de vie éter-

s'ïsfacdr' ^' ^^J^^^^^^--g"-t prendre unepartlcuHère

Enfin la maladie du roi s'augmenta de plus en plus et surmonta tous es remèdes Ce prince très chrétien, voyân que Dieu voulait le retirer de ce monde, manda derechef M. Vin!

stïntT/ '''"'f '" "".^"^"'■"^ P^'^Se. Il retourna donc à Saint-Germam, et se rendit auprès de Sa Maiesté trois io„r« avant son décès : où étant, il demeura presquitoujou in sa présence, pour lui aider à élever son%sprit et ion cœur à Dieu, et a former intérieurement des actes de religion et des autres vertus propres pour se bien disposer à ce dirnkr mo ment duquel dépend l'éternité.

Ce grand prince ayant ainsi fini sa vie par une mort très

ZZ'lTrTne'Zt' U maidel'année il^S.et M^vl^cen IS! ^^-w^ "^ les saisissements d'une extrême douleur et hors d état de recevoir aucune consolation de la part des hommes, s'en revint aussitôt à Saint-Lazare, afin de fa^e prier Dieu pour leurs Majestés, bien affligé d'un côté de Ta pe te d un pnnce si juste et si pieux, mais d'autre part consolé des dispositions très bonnes dans lesquelles il l'avait vu mourir Le lendemain, ilfit faire un service solennel dans l'église de Saint Lazare, et offrir le saint sacrifice de la Messe plTtous les prl" très de la maison pour le repos de son âme ^

Cbapitre ttCnte^SeptiCmC, - m. Vincent est em. ployé pour les affaires ecclésiastiques du royaume, pendant la régence de la reine-mère.

roi

^^ Louis XIII avait laissé en mourant la

^ régence du royaume à la reine, pendant la mino- Y: rite de son fils. Cette sage et vertueuse princesse, considérant l'étendue de cette grande monarchie, la multiplicité des affaires qui accompagnaient sa régence, et surtout l'importance de celles qui concernaient l'Eglise et la rehgion, jugea qu'il était expédient d'établir pour les affaires ecclésiastiques un conseil particulier, qu'elle composa de quatre personnes : M. le cardinal Mazarin, M. le Chancelier, M. Charton, pénitencier de Paris, et M. Vincent ; elle prit la résolution de ne disposer des bénéfices qui dépendaient de sa nomination, que par leurs avis.

Quoique M. Vincent fût très porté à rendre toutes sortes de services à Leurs Majestés, ce lui fut néanmoins une très grande peine de se voir appelé à la cour, pour tenir un rang dans le conseil, sa grande humilité lui ayant toujours fait regarder les honneurs comme des croix dont il ne pouvait porter la pesanteur. Il fit toutes les instances qu'il put, pour obtenir la grâce, ainsi qu'il disait, d'être dispensé de cette charge ; mais la reine connaissant sa vertu et sa capacité, voulut absolument qu'il y demeurât. Il entra donc dans l'exercice de cet emploi en l'année 1643, par une pure déférence aux volontés de Sa Majesté, et avec une grande crainte, non pas de s'enorgueillir dans les honneurs du monde, mais de n'en pouvoir pas sortir aussitôt qu'il l'eût désiré, pour vaquer uniquement aux soins de sa congrégation et à la pratique des vertus qu'il préférait à toutes les grandeurs de la terre. Tous les jours il priait DiEU qu'il lui plût de le délivrer de cet embarras ; et il a dit à une personne de confiance que, depuis ce temps-là, il n'avait jamais célébré la sainte messe, qu'il ne lui eût demartdé cette grâce. S'étant retiré hors de Paris pendant quelques jours, et le bruit ayant couru qu'il était disgracié, comme, après son retour, un ecclésiastique de ses amis se réjouissait avec lui de ce que ce bruit ne s'était pas trouvé véritable, il lui dit en levant les yeux au ciel et frappant sa poitrine : « A/i/ misérable que je suis Je ne suis pas digne de cette grâce. »

Dieu voulut qu'il demeurât dix ans dans cet emploi,qui lui était très pénible, parce que c'était à lui qu'on renvoyait la plupart des affaires qui se devaient traiter en ce conseil ; il

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