EPILOGUE
Dieu confirma bientôt le jugement du Saint-Siège par de nouveaux prodiges qui réclamaient pour Vincent de nouveaux honneurs. L'application de ses précieuses reliques, ou des neuvaines faites sur son tombeau, mettaient en fuite les maladies les plus invétérées, les plus désespérées. Sur tant de guérisons, on en choisit sept remarquables entre toutes, pour les présenter à l'étude de la Sacrée Congrégation des Rites. Celleci n'en retint que deux, où l'intervention surnaturelle était d'une évidence irrésistible. Rome allait parler encore une fois.
Le i6 juin 1737, Clément XII lança la bulle qui mettait le Bienheureux Vincent au nombre des Saints ;et,ce même jour, eut lieu, dans la basilique de St-Jean-de-Latran, avec une pompe inouïe, la cérémonie de la canonisation. Aussitôt la chose connue,des solennités splendides furent aussi organisées et célébrées dans la capitale et dans toutes les provinces de la France: l'enthousiasme était indescriptible. Les autres États de l'Europe rivalisèrent entre eux pour honorer magnifiquenient le nouveau Saint. Son culte passa les mers : il se répandit dans le Nouveau-Monde et même jusqu'en Chine. Partout, à l'occasion des pieuses démonstrations dont il était l'objet, Vincent de Paul manifestait la force de son crédit auprès de DiEU, et récompensait la piété des fidèles par de nombreux miracles. Depuis lors, il n'est pas d'année, notamment à la maison-mère de la Mission qui possède son précieux corps, où la fête du Saint ne soit signalée par quelque éclatant prodige.
Au ciel, il conserve, ce semble, sa prédilection pour les petits et les pauvres : c'est surtout en leur faveur que se montrent la puissance et la bonté de celui qui fut, sur la terre, le père et le patron de tous les misérables.