‹ Saint Vincent de Paul [microform]Chapitre 43 sur 46 · Seigneur, hâtez-vous de me secourir. (N. des E · texte numérisé non relu

Seigneur, hâtez-vous de me secourir. (N. des E

3. Celui qui a commencé cette bonne œuvre, se chargera de la parfaire.

(N.desE.).

après, il passa doucement de cette vie à une meilleure, sans effort ni convulsion aucune.

Ce fut le lundi 27 septembre 1660, sur les quatre heures et demie du matin, que Dieu le rappela à lui, lorsque ses enfants spirituels assemblés à l'église commençaient leur oraison mentale pour attirer DiEU en eux ; ce fut au même moment qu'il avait accoutumé, depuis quarante ans,d'invoquer le Saint- Esprit sur lui et les siens, que cet Esprit adorable enleva son âme de la terre au ciel, comme la sainteté de sa vie, son zèle pour la gloire de DiEU, sa charité pour le prochain, son humilité, sa patience et toutes les autres vertus, dans la pratique desquelles il a persévéré jusqu'à la mort, nous donnent juste sujet de le croire. Ce fidèle serviteur de la divine Majesté aurait bien pu dire en mourant, à l'imitation du saint Apôtre, qu'il avait courageusement combattu, qu'il avait saintement consommé sa course, qu'il avait gardé une fidélité inviolable, et qu'il ne lui restait plus sinon de recevoir la couronne de justice de la main de son souverain Seigneur.

Lorsqu'il eut rendu le dernier soupir, son visage ne changea point ; il demeura dans sa douceur et sérénité ordinaire, conservant la même posture que s'il eût sommeillé. Il expira tout assis et tout vêtu, étant resté de la sorte les vingt-quatre heures dernières de sa vie, ceux qui l'assistaient ayant estimé qu'en cet état il était diflficile de le toucher sans lui faire plus de mal, et sans danger d'abréger sa vie. Il est mort sans fièvre et sans accident extraordinaire, ayant cessé de vivre par une pure défaillance de la nature, comme une lampe qui s'éteint insensiblement, quand l'huile vient à lui manquer. Son corps ne se raidit point, mais demeura aussi souple et maniable qu'il était auparavant.

11 demeura exposé le lendemain 28 septembre jusqu'à midi tant dans la salle que dans l'église de Saint- Lazare, où le service divin se fit solennellement, et ensuite son enterrement. M. le prince de Conti s'y trouva avec M. Piccolomini, nonce du Pape, archevêque de Césarée,et plusieurs autres prélats; comme aussi quelques-uns des curés deParis,grand nombre d'ecclésiastiques et quantité de religieux de divers Ordres. Son cœur fut réservé dans un vaisseau d'argent que la duchesse d'Aiguillon donna pour cet effet ; et son corps ayant été mis dans une bière de plomb avec une autre de bois par dessus, fut enterré au milieu du chœur de l'église de Saint- Lazare, et couvert d'une tombe, sur laquelle ses chers enfants ont fait graver cette épitaphe.

Hicjacet venerabilis vir VINCENTIUS A Paulo, Presbyter^

Fundator seu Institiitor, et priimis Superior Generalis Congregationis Missionis, necnon Piiellarum Cliaritatis. Obiit die 27 septembris anni 1660, œtatis vero suce 8 s (')•

I. Ci-gît le vénérable Vincent de Paul, prêtre, Fondateur ou Instituteur, et premier Supérieur Général de la Congrégation de la Mission, et des Filles de la Chante. Il mourut le 27 septembre 1660, dans la 85«-- année de son âge. (N. des E. )

n mil m

^^ livre qui porte le nom d'Abelly se termine à la ^ mort de Vincent de Paul, en 1660.

^ L'auteur ne vécut pas assez pour voir son héros élevé sur les autels : il ne parle en particulier d'aucun des miracles que le saint opéra pendant sa vie, ni de ceux plus éclatants qui suivirent son bienheureux trépas. Le lecteur s'attend à ce que nous comblions cette lacune. Nous allons essayer de le faire en quelques mots.

Plein d'admiration pour les vertus de M. Vincent, le public n'avait qu'une voix pour lui rendre hommage ; et à peine le vénérable prêtre était-il descendu au tombeau, que de toutes parts, des pays étrangers comme de la France, arrivaient en cour de Rome des suppliques fortement motivées pour l'introduction de la cause. En 17 12, le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, fit procéder, en l'église Saint- Lazare, à l'exhumation et à la visite du saint corps, qui fut trouvé entier et sans aucune trace de corruption. Après un examen minutieux du procès qui relatait cette visite, et oîi étaient aussi rapportées les dépositions d'une multitude de témoins et les déclarations des commissaires-enquêteurs eux-mêmes, le pape Benoît XIII proclama enfin l'héroïcité des vertus du serviteur de Dieu. C'était un premier pas.

Cependant les merveilles ne cessaient d'éclater sur la tombe de Vincent : les aveugles y recouvraient la vue, les muets la parole, les paralytiques le mouvement, des malades de toute sorte réputés incurables la guérison et la santé ; le ciel se prononçait. Aussi, sur un nouvel et rigoureux examen de sa vie, de ses œuvres et de ses miracles, le vénérable prêtre fut béatifié par le même Benoît XIII, en 1729. Le bref en fut accueilli avec applaudissement dans le monde entier ; et, pour inaugurer le culte du nouveau Bienheureux, des fêtes solennelles se firent dans presque tous les diocèses de France, de Pologne, d'Italie, et dans tous les Ordres religieux. Les rois, les princes, les premiers magistrats se faisaient gloire de venir avec les gens du peuple fléchir le genou devant l'image de l'humble prêtre.

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