NOUVEAUX DÉSASTRES. — NAUFRAGES
Lazare. En effet, il demanda des pères capucins pour la Hission de Madagascar. Vincent n'usa de son crédit ni à la cour ni à Ronae; il ne plaida point ses droits de premier occupant consacrés par la mort de plusieurs de ses prêtres. « n en sera ce qu'il plaira à Dieu, se contenta-t-il de dire. Si M. le maréchal s'accommode avec ces bons religieux, je Tais rappeler M. Bourdaise. Notre maxime est toujours de céder la place aux autres, estimant et devant estimer qu'ils feront mieux que nous*. »
Déjà vingt-quatre capucins étaient sur le point de s'embarquer pour aller mettre la faux dans une moisson qu'ils n'avaient pas semée, lorsque La MeîUeraye revint sur sa résolution et demanda des Missionnaires. Vincent lui en envoya quatre : Le Blanc, d'Averoult, Arnoult et Des Fontaines, auxquels il joignit le courageux frère Christophe et an des nègres élevés à Saint-Lazare, « qui est bon enfant, écrivit-il (22 février 1658), et qui servira de frère, d'interprète et de catéchiste aux Missionnaires, Dieu aidant. »
Les Missionnaires partirent de Nantes le 13 mars 1658.
Dès le lendemain une tempête s'éleva; mâts et gouvernail
furent bientôt rompus; et pendant huit jours le vaisseau fut
à la merci des venls et des flots, jusqu*^ ce qu'il réussit à
entrer dans le port de Lisbonne. Radoubé, il se remit en
mer; mais il n'avait écjiappé à la tempête que pour tomber
au pouvoir d'un navire de guerre espagnol. « Voilà un beau
sujet d'adorer les conduites de la Providence, dit Vincent
(lettre du 5 juillet 1658), et de leur assujettir nos pauvres
raisonnements. »
Cependant les Espagnols, en guerre avec la France, ne Tétaient pas avec les pauvres Missionnaires. Aussi leur accordèrent-ils à Saint-Jacques de Compostelle une hospitalité généreuse, puis ils les renvoyèrent en France.
L'année suivante, Vincent, toujours ferme et confiant, todtaune troisième fois l'entreprise. Deux vaisseaux allaient partir pour Madagascar, l'un envoyé par le maréchal de