‹ Saint Vincent de Paul, sa vie, son temps, ses œuvres, son influenceChapitre 3 sur 87 · Lettres des !•' et 26 février, et !•' juin 16Ml · texte numérisé non relu

Lettres des !•' et 26 février, et !•' juin 16Ml

2. «... Cogaito etiam fructu Missionum quas Lttd. Le Breton per castella et pastoritia tuguria hujus districtos (Romae) de nostro mandato obierat. »

Barberini, neveu du Pape, et le cardinal Lanti, doyen du sacré collège, Fhonorèiient de leurs larmes.

Cette mort était d'autant plus fâcheuse que T affaire de l'établissement de Rome n'était pas encore terminée. Vincent, comme toujours, s'en remit à Dieu. « En perdant M. Le Breton, écrivait-il le 19 novembre à Godoing, nous avons beaucoup perdu selon le monde. Plusieurs me mandent des merveilles de ses travaux et des bénédictions que Notre- Seigneur y donnait : mais il me semble que ce saint 'homme fera pour nous plus au ciel qu'il n'eût fait sur la terre , et que si Dieu nous veut à Rome , il fera par ses prières réussir cet établissement, à moins que les péchés de Vincent, qui est le plus méchant de tous les hommes du monde, ne l'empêchent. »

Les mérites de Vincent, que son humilité transformait en péchés, joiifts aux prières de Le Breton, amenèrent bientôt la conclusion de l'affaire. Les successeurs de Le Breton s'établirent à Monte -Gitorio, où est encore la Mission à Rome, •et des dons généreux les aidèrent à y bâtir leur demeure. Le cardinal Durazzo, dont le nom reviendra si souvent dans l'histoire des missions de Gênes, y contribua par ses libéralités * ; et la duchesse d'Aiguillon surtout en fut la véritable fondatrice.

En l'année 1642, alors qu'elle cherchait par toutes sortes d'actes de charité à témoigner à Dieu sa reconnaissance pour le rétablissement, pourtant si peu durable, de la santé du cardinal son oncle, alors qu'elle venait de fonder, à cette intention, des missions dans son duché, elle voulut encore •en dresser à Rome une sorte de monument, et par acte du à juillet 1642, désirant, disait-elle, « qu'il y ait dorénavant et k toujours des personnes expressément préposées pour adorer, louer, aimer et prier la Très-Sainte et adorable Trinité, et qui, par leurs bonnes œuvres, rendent éternellement en la terre des actions de grâces à Dieu » pour elle et

1. Voir la lettre de son neveu Marcel, cardinal Durazzo, à Clément XI.

l\ . SAINT VINCENT DE PAUL.

SQii oncle, elle donna 30,000 livres à employer en rentes S à reflet d'aider les Missionnaires à rétablissement et augmentation de leur église et.maison de Rome, laquelle église serait dédiée à la Sainte-Trinité, ou au moins une chapelle ; à la charge pour eux de faire à Rome leurs fonctions ordinaires, missions, ordinands, etc., et de célébrer des messes pour elle et le cardinal de Richelieu.

En 1643, le 2 mai, reconnaissant « le grand zèle et dévotion desdits prêtres de la Mission en T exécution de la fondation par elle faite » l'année précédente, « pour honorer le sacerdoce éternel de Notre -Seigneur Jésus-Christ, et l'amour qu'il a eu pour le salut des pauvres ; et pour en quelque façon contribuer à ce que les ecclésiastiques soient instruits des choses nécessaires à leur état avant de prendre les saints ordres, et les peuples des choses nécessaires à leur salut, et qu'ils fassent une bonne confession générale de toute leur vie passée, » elle donna encore 50,000 livres destinées à acheter 5,000 livres de rente % à la charge de recevoir tous les ordinands aux quatre temps de l'année, et même extra tempora.

Le 16 juillet et le 18 septembre suivants, en considération des frais faits pour l'exécution et entretènement de la fondation, et voulant faire dire deux messes par jour à perpétuité pour le défunt cardinal et pour elle, « le tout pour honorer Notre -Seigneur Jésus-Christ comme Messie envoyé de son Père éternel en terre pour le salut des hommes, s' étant daigné revêtir de l'infirmité de l'homme par le mystère de l'Incarnation, » elle ajouta à ses dons précédents une somme nouvelle de 20,000 livres \ Enfin, par son testament du 29 juillet 167â et du 9 avril 1675, elle légua sept autres mille livres au séminaire de Rome*.

1. Une partie de cette somme fut employée à Ta^quisiiion des coches et carrosses de Soissons.

2. Les 5,000 livres furent achetées sur les coches de Normandie.

3. Elles furent employées à l'achat d'une rente de 2,000 livres sur les coches de Normandie.

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