A Monsieur le GoiLverneur du comté de Foix
Il le prie, de la part de l'évêque de Pamiers, d'aider ce prélat dans la répression de certains abus.
Monsieur,
Je vous fais ici un renouvellement des offres de mon obéissance, avec toute rhumilité et l'affection que je le puis. Je vous supplie très humblement, monsieur, de l'avoir agréable, ensemble la très humble prière que je vous fais de considérer Mgr l'évêque de Pamiers (2) comme l'un des plus zélés évêques pour la gloire de Dieu que je connaisse dans le royaume. Il a su l'honneur que vous me faites de m' avouer pour votre serviteur, et m'a témoigné souhaiter beaucoup que je vous fasse savoir qu'il vous estime et affectionne au delà de tout ce que je vous en pourrais dire, et qu'il désire avoir l'inteUigence avec vous, monsieur, pour les choses qui regardent le service de Dieu dans son diocèse, qui fait partie de votre gouvernement ; et quoique je l'aie assuré qu'il n'a pas besoin de médiateur pour ce regard, et que d'un autre côté il ait l'esprit plus ecclésiastique que je ne le pourrais dire, je ne laisse pas pourtant de vous prier d'avoir pour agi'éable le désir de mondit seigneur. L'expérience, en effet, nous apprend que tandis que les évêques et les gouverneurs ont vécu en bonne intelhgence, le règne de Jésus-Christ s'est étabh puissamment dans les âmes, et que si cela n'est pas, les affaires du bon Dieu ne vont pas bien. Û a un différend avec quelques ecclésiastiques de son diocèse, avec un, entre les autres, appuyé de quelques personnes de condition qui favorisent l'impimité de ses scandales. Ce serait une chose digne de votre incomparable piété, monsieur, si vous avez agréable de lui faire dire de votre part qu'il se
(1) M. le comte de Trois- Villes.
(2) François-Etienne de Caulet, 1 644-1 GSO.
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soumette aux ordres de son prélat, et qu'il vive en sorte que mondit seigneur ne soit pas obligé par sa conscience d'agir contre lui. Et peut-être, monsieur, que Dieu bénira votre entremise, non seulement à l'égard de cet ecclésiastique, mais aussi de beaucoup d'autres qui sont quasi en même état.
C'est ainsi, monsieur (il me semble), que cela va se faire, et déjà j'en rends grâces à Dieu, et vous supplie, monsieur, de me regarder comme la personne du monde sur laquelle vous avez le plus un pouvoir absolu, et s'il y a quelque chose, honorezmoi de vos commandements. Je prierai Notre-Seigneur cependant qu'il vous bénisse de plus en plus, qui suis, en son amour, etc.