‹ Sainte-Beuve, documents inéditsChapitre 16 sur 45 · ET M^'' D*ARBOUVILLE · texte numérisé non relu

ET M^'' D*ARBOUVILLE

vine pour mieux dépister les chiens, Labitte passant, à iste titre, pour être Val ter ego de Sainte-Beuve. Et vous allez voir jusqu'où Sainte-Beuve poussa la circonspection et la réserve. Lorsque M'"^ d'Arbouville se décida à publier son petit volume de nouvelles, voici en quels termes il en parla dans sa chronique de la Revue Suisse du 28 avril i843 : « ... On est d'ailleurs en veine littéraire. La vente qui a eu lieu depuis lundi dans les appartements du Palais-Royal et qui finit aujourd'hui mercredi au profit de la Guadeloupe et sous les auspices de la reine, a mis en circulation dans la haute société un charmant recueil de nouvelles inédites, trois nouvelles : Marie- Madeleine^ une Vie heureuse et Résignation^ composées par une jeune femme du monde pour elle seule et quelques amis ; mais la reine l'ayant su et désiré que ce fût imprimé à rimprimerie royale et vendu pour cette infortune extraordinaire, il a fallu obéir. C'est pur, délicat, poétique, tout à fait touchant, fort au-dessus de ce qu'on est convenu d'appeler distingué en pareil genre. Les trois cents exemplaires ont été épuisés le second jour : un vrai, louable et charmant succès. » C'est tout. Sainte-Beuve, en envoyant ces quelques- lignes à Juste Olivier^ lui avait bien recommandé de ne pas nommer l'auteur : (( L'ouvrage étant d'une personne que j'aime infiniment, ne mettez juste que ce que je vous en dis, ou rien ; — il n'y a pas de nom et ce serait contrarier la personne que de le dire (i). »

Nous sommes en i84'), année critique et climatérique pour Sainte-Beuve. Le monde où il s'est laissé entraîner par anibition et où il est resté par amour n'a point rempli sou idéal : il n'est pas encore de TAcadémie et il n'est pas aimé comme il voudrait l'être. 11 est donc très malheureux

(1) l'r.iLçmciil iii(-(lit d'une Ictlrc de Sainte-neuve du avril i8/|3.

et se plaint dans toutes ses lettres. C'est au point que, tout j en rimant des épîtres à la comtesse Molé (i) et des son- j nets à la duchesse de Rauzan (2), sans parler des vers \ sans dédicace qu'il adresse à d'Arbouville (3), il se | reprend à songer à Finfidèle qui lui a inspiré le Livre \

(1) E pitre à la Fontaine de Boileaa (Poésies complètes de Sainte-Beuve, j

(2) Voir aussi les stances à elle dédiées (t. H, p. 421) et dont voici les j premiers vers : |

Partez, puisqu'un départ est nécessaire encore, • | Puisque la cuérison que notre France ig^nore, Vous rappelle en Bohême au murmure d'une eau ; Partez, et qu'en chemin la poussière embrasée

Sur votre front pàli s'adoucisse en rosée ! * Que le jour ait moins de fardeau!

^3) Sainte-Beuve a fait beaucoup de vers pour elle, mais toujours par'i discrétion il ne les a point dédicacés. M. le vicomte de Spoelberch de; Lovenjoul possède une brochure in-8 de 99 pages, sans titre, sans date, sans| lieu, sans nom d'auteur, ni d'imprimeur. Sur la première page blanche, Sainte-Beuve a signé son nom et écrit au-dessous de sa signature : « GeSi vers sont de moi. » En voici le contenu : I. « Depuis longtemps je ne chante; plus ; mais quand une blessure m'arrive, il m'échappe en fuyant quelques' gouttes de sang'sur les fleurs; et ce sont mes seuls vers. » {D'un poète persan). — II, Amie, il faut aimer (Poésies, I, p. 204). — 111- Dans les coins bleus... (Poésies, I, 2o5). — IV. Quand votre père. . . (Poésies, l,^ 207). — V. Plus que Narcisse... (Poésies, I, 208). — VI. Rondeau... [Poésies, I, 211). — VII, Sonnet. Une soirée encore {Poésies, I, 214). — VIII. Comment chanter... {Poésies, I, 209). — IX. Imité de I'Anthologie (correction au crayon : Dans le gout de). « Ils disent que votre lèvre charmante exprime la fermeté. Mais combien elle exprime autre chose encore, mêm^ dans son repos. — Et quelle autre chose? — ^ Oh ! un je ne sais quoi : celai prend un nom quand vous parlez. » — X. En vue d'elle. « Dans l'amoui; même, à le prendre au vrai, et si quelque vanité étrangère ne s'y mêle, on est beaucoup plus sensible à ce qu'on y porte qu'à ce qu'on y trouve. De lài vient qu'à l'instant où l'on sent qu'on y porte moins, on s'en dégoûte souvent avec un cœur fier et qu'on résiste si aisément à celui qu'on inspire. » {Pensées morales.) — XI. Héroîde (Poésies, I, 212K — XII. Dans ces essors... (La citation grecque de la note est ajoutée à la main.) (Poésies, f, 285). — ^ XII [. Sonnet. Osons tout... {Poésies, 1, 217). Le dernier sonnet, cité par M. Pons dans Sainte-Beuve et ses inconnues., comme faisant par^ tie du Livre d'amour, n'y figure point et ne fut point fait pour Mn^e Victor! Hugo, mais bien pour Mme d'Arbouville. 1

M. Michaut, à qui j 'emprunte cette note, dit — • et c'est évidemment l'opi- ; nion de M, de Lovenjoul — que cette brochure inconnue de Sainte-Beuve; est un second Livre d'amour écrit pour Mme d'Arbouville. Je le crois aussi,! et rien que la comparaison des deux recueils suffit pour écarter l'idée que Mme d'Arbouville ait été autre chose que Vamie de Sainte-Beuve. Je prends ce mot dans son sens le plus pur.

ET Mille d'arbouville

(l'anioiir ; il fait imprimer secrètement ce mauvais livre, l'Our être plus sûr qu'il lui survivra, et quand Alphonse ivarr, ayant découvert le pot-aux-roses, c'est ici le cas de ; ■ ^ dire, lui administre dans les Guêpes la volée de bois vert que Ton sait, il rédige son testament comme s'il se sentait près de sa fin.

Je l'ai sous mes yeux, ce testament (i) : il offre ceci de tout particulièrement curieux qu'il y est question des deux femmes que Sainte-Beuve a le plus aimées en ce monde. L'héroïne du Livre d'amour en occupe la première partie et M"^^ d'Arbouville l'autre. Après avoir recommandé à Juste Olivier, son légataire universel, de s'emparer des exemplaires brochés ou non du Livre d'àmour et de les conserver jusqu'à la mort des deux personnes qui, ainsi que moi, dit-il, n'en doivent pas voir la publication, il ajoute:

« Je voudrais que parmi les livres de ma bibliothèque deux ou trois volumes que je me réserve de désig-ner (tels par exemple qu'une Imitation de Jésus-Christ, dorée sur tranche, une Valérie de M"^^ de Krudner demi-reliée, en deux volumes, une Ourika (2), un volume intitulé Poésies de ma Grand' tante) fussent offerts comme souvenir du plus respectueux et du plus profond attachement à M"'^ d'Arbouville (Paris, place Vendôme, n*^ jo). Elle sera bonne de les accepter comme souvenir du plus dévoué et du plus humble de ses admirateurs et serviteurs. »

Or, ce n'est pas au hasard et sans dessein que Sainte- Beuve a fait choix de ces livres. U Imitation de Jésus- Christ a été lohgleiiips son livre de prédilection, son

(1) On le trouvera dans la Correspom/anre inédile de Sainte-Beuve avec M. et Jusir Olivif.r. Il est du \(j décembre i843.

(2) Romau de M'"" de Duras.

livre de chevet. Il y avait même écrit, sur la feuille de garde, du temps qu'il était janséniste ou qu'il croyait l'être, ces mots dig^nes de Gerson : « Ama nesciri^ aime à être ignoré, complais-toi dans Tobscurité. » — La Valérie de M^^^ de Krudncr lui rappelait des souvenirs plus tendres et surtout plus passionnés, et qui sait si ce n'était pas un reproche qu'il faisait là à M™^ d'Arbouville ? M^^^ de Krudner, dans les moments décisifs avec son amant, fait une prière à Dieu en disant : MonDieu^ que je suis heureuse! Je vous demande pardon de l'excès de mon bonheur. Elle reçoit ce sacrifice, comme une personne qui va recevoir la communion. »

Mais ce n'était pas le seuï souvenir agréable que cet exemplaire de Valérie rappelait à Sainte-Beuve, Il y avait encarté une romance manuscrite, paroles et musique, ayant pour titre : Adieux de Gustave à Valérie^ composée sur l'un des passages du roman. Et sur la garde on lisait ces deux mentions dont Tune était de sa main : « Donnée par M"^^ la comtesse Molé. S.-B. » Et l'autre, de l'écriture de M"^^ Molé : (( Offert à Fauteur de la notice par l'auteur de la romance. »

C'était donc un souvenir du château du Marais que Sainte-Beuve léguait là à M^^^^ d'Arbouville, l'auteur des Poésies de ma GrandHante. Mais je crois bien qu'elle n'en a jamais rien su. Et quand même elle en aurait eu connaissance, cela ne l'aurait pas déterminée à modifier sa conduite à l'égard de Sainte-Beuve. Elle était trop foncièrement honnête, elle aimait trop son mari pour accorder à l'ami plus qu'elle n'avait le devoir et le droit de lui donner. Dans le temps où Sainte-Beuve rédigeait son testament, elle écrivait à M"^^ de Barante :

ET MH!" d'aKHOUVILLE

(c ChamplAtreux, 4 novembre (i8/}2 ou i8/j3?). ( J'aurais voulu, chère tante, vous remercier, vous opondre plus lot : niais je viens d'être fort souffrante t il m'a été impossible d'écrire, ne fût-ce que quelques ornes : ma santé très faible, vous le savez, a besoin d'un leu de joie pour ne pas être tout à fait mauvaise ; je suis (lalade quand je suis triste, et le départ de mon mari n'a laissée abattue, désolée, ayant la fièvre. Je vous emercie de la preuve de bon souvenir que vous venez de ne donner; vous devez prier pour ceux que vous aimez t vos prières doivent être écoutées. Votre affection me laraît en ce moment une bénédiction et je vous la denande pour mon mari. Il a courageusement accompli son levoir en quittant une vie douce et intime pour aller herclier des fatigues, des privations et peut-être des langei s. Moi, j'ai trop l'orgueil de mon mari pour avoir ait obstacle à ce qui peut ajouter à sa bonne renommée t aux chances brillantes de sa carrière. Mais tout cela lit, le cœur n'en est pas moins déchiré et le courage vous ibandonne quand il n'est plus nécessaire, c'est-à-dire [uand tout est accompli. Me voici donc encore seule, sans levoirs obligés, sans occupations forcées, ayant tout le )oids, toute la direction de moi-même. J'espère repren- Ire bientôt le goût du travail qui me plaisait quand 'étais plus heureuse. J'espère jouir de la bienveillance, 'intérêt de mes amis que j'irai chercher comme par le )assé, et j'attendrai ainsi l'hiver prochain, époque à afjuelle Fritz et moi nous espérons que je pourrai faire lu v(jyagc en Afrique. Je suis à Ghamplâtreux, doucenent consolée par la présence des personnes dont mon :œur a l'habitude. (Cependant il vient trop d'étrangers lour que la joie de leiû voir soit entière. Ghamplâtreux m ce mois-ci offre plus de distractions à mon chagrin

qu^il ne lui donne de consolation et j^aurais mieux aim( un genre de vie plus intime.

« Adieu, ma chère tante, je vous renouvelle tous mei remercîments pour votre lettre qui m'a profondémen touchée. Rappelez-moi affectueusement au souvenir S. mon oncle. Il sait tout le prix que j'attache à ne pas êtr<j oubliée de lui. J'ai souhaité toute ma vie de lui plaire e le but était bien haut pour moi. Je vous trouve heureusj d'être à Barante. J'ai gardé de ce lieu un souvenir douj comme un souvenir de jeunesse et de bonheur (i). »

Cette lettre prouve par son accent de sincérité que li vie de château, telle qu'on la pratiquait à Ghamplâtreu: et au Marais, dans sa famille, n'avait point dissipé l'âm de M*^^ d'Arbouville. Non, certes, que l'encens de se adorateurs lui fût désagréable, elle était trop femme pou n'en être pas glorieuse, mais les adulations ne Tavaien jamais grisée; son cœur était demeuré fidèle à l'homm distingué dont elle portait fièrement le nom, quoique le absents passent pour avoir toujours tort, et lorsqu Sainte-Beuve lui disait en strophes ardentes : !

Amie, il faut aimer quand le feu couve encore Et qu'une main fidèle en refait les apprêts ; Il faut rendre à l'autel ce qui tout bas dévore Et qu'on regrette après.

11 faut aimer tandis que l'âme endolorie N'a laissé qu'un éclair au front inaltéré, Et qu'à de jeunes jeux l'amant soumis s'écrie : <( Par toi je revivrai !»

Amie, il faut aimer pour qu'à l'heure où tout passe, A l'âge où toutes fleurs quitteront le chemin, Dans les landes du soir en entrant, tête basse, Nous nous serrions la main.

(i) Lettre inédite communiquée par M. le baron Claude de Barante.

J£T Ml»ti d'aRBOL'VILLE

Il faut aimer pour l'heure où les suprêmes transes Dans UD sein qui se brise éteindront les soupirs; Le dernier nous rendra toutes les espérances Et tous les souvenirs ( i ) !

Elle lui répondait par Tenvoi de cette fleur de poésie je cueille dans son herbier :

Ne m'aimez pas !... je veux pouvoir prier pour vous, Comme pour les amis dont le soir, à g*enoux, Je me souviens, afin qu'éloig-nant la tempête, Dieu leur donne un ciel pur pour abriter leur tête. Je veux de vos bonheurs prendre tout haut ma part, Le front calme et serein, sans craindre aucun reg*ard ; Je veux, quand vous entrez, vous donner un sourire, Trouver doux de vous voir, en osant vous le dire. Je veux, si vous souffrez, partageant vos destins, Vous dire : Qu'avez-vous ? et vous tendre les mains. Je veux, si par hasard votre raison chancelle, Vous réserver l'appui de l'amitié fidèle, Et qu'entraîné par moi dans le sentier du bien, V^otre pas soit guidé par la trace du mien. Je veux, si je me blesse aux buissons de la route, Vous chercher du regard, et sans crainte, sans doute, Murmurer à voix basse : ami, protégez-moi ! Et prenant votre bras, m y pencher sans effroi. Je veux qu'en nos vieux jours, au déclin de la vie Nous détournant pour voir la route... alors finie, Nos yeux en parcourant le long sillon tracé. Ne trouvent nul remords dans les champs du passé. Laissez les sentiments qu'on brise et qu'on oublie ; Gardons notre amitié, que ce soit pour la vie ! Votre sœur, chaque jour, vous suivra pas à pas... Oh! je vous en conjure, ami, ne m'aimez pas !...

Quasi quelqu'un doutait encore de la pureté de sou imitié pour Sainte-Beuve, je lui conseillerais de cousuler le Clou d'or (2), que M. Jules Troubat à publié, eii

(î) Por'iiefi noniplètrs de Sainte-Briivc^ t. 1, \). 204. (a) I vol. iii-iG, chez Caluuiuii-Lcvy.

l58 SAINTE-BEUVE

1880, dans un beau désordre qui est ici un efFet deTart de Téditeor.

En lisant les lettres et les notes confidentielles qui le composent, je m'étais demandé, quand il parut, si nous étions en présence d'un roman de pure imagination ou d'un roman vécu. Le doute n'est plus possible aujoui d'hui que M. G. Michaut, dans la bibliographie, malgré tout incomplète, de sa belle thèse sur Sainte-Beuve (i), a donné les dates de ces documents, d'après les manuscritsii que possède M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul.

Les lettres sont toutes de la seconde moitié de Tannée 1844? mais pour les bien comprendre, pour en goûter le sel et le miel, il importe de les ranger dans Tordre chronologique où elles ont été écrites, je ne dis pas envoyées, car il y en a quelques-unes que Sainte-Beuve oublia â dessein de mettre à la poste, les trouvant sans doute, à la réflexion ou à la seconde lecture, un peu trop hardiep U tout de même. | |li

On connaît ses théories en matière d'amour et sa règl| h de conduite envers les femmes.

Il disait : « On se demande toujours si Tamitié sin cère, forte, durable^ est possible entre un homme el une femme. Oui, je le crois, cela se peut, mais à une condition : il faut qu'il n'y ait pas toujours eu amiti^ pure et simple; qu'à un moment aussi court, aussi îugh i. tif que vous voudrez, la passion ait parlé, qu'il y ait e| abandon, faiblesse. »

Et encore : « Posséder vers Tâge de trente-cinq à quarante ans, et ne fût-ce qu'une seule fois, une femme qu'on connaît depuis longtemps et qu'on a aimée, c'esi ce que j'appelle planter ensemble le clou d'or de Tamitié.):

(j) I vol. in-4, chez Fontemoing, 1908.

ET M'iie d\\rbouville

M i l : « Avec les femmes aimées qui nous ont ussés, rompre : mieux vaut une rancune aimante. - Avec les femmes aimées qui nous ont souri, conliler de vivre dans un doux oubli reconnaissant. » C'était aussi la manière de voir de Senac de Meilhan, ic prisait beaucoup Sainte-Beuve (i) :

«Celui qui a été aimé d'une femme sensible, douce, âriluelle et douée de sens actifs, a goûté, disait i'auur des Considérations sur l'esprit et les mœurs ^cq que vie peut offrir de plus délicieux. — Un quart d'heure un commerce intime entre deux personnes d'un sexe (Térent, et qui ont, je ne dis pas de Famour, mais du ût Tune pour l'autre, établit une confiance, un abann, un tendre intérêt que la plus vive amitié ne fait pas rouver après dix ans de durée. »

Pour donner plus de saveur aux lettres qui forment Irame du Clou tVor^ Sainte-Beuve, en manière d'épiaphe, avait mis en tête du canevas de cet ouvrage les ux réflexions ci-dessus de Senac de Meilhan. Mais rien vaut encore à cet égard la note confidentielle publiée ns le volume sous le n^ VIII et qui en est comme la Éface.

Cette note est du 2 juillet i844; en voici les principaux 9sages :

«... Elle est un charmant mélange de bon sens, de èreté, de coquetterie et de vertu. 11 y a là de quoi trirla plus divine saveur d'amitié. Mais je ne suis pas ;ne de l'amitié puisqu'elle ne me suffit pas, et je ne

) On lit dans If^ Journal des Goncoiirt, L II, p. 190 ; — 1864, lundi ivril, cIk z iMntrny :

,.. Il (Sainlr-liruvc; rnc rr\ù'U'. <[n 'i\ s'est rclrnnclic dans la philosophie ■Jennc <\r Mf-iHian. Los ])laisirs des sens sont pour hii les seuls. 11 n'a que plus de relations de soeirtc- ! Il ne s'est ^ardé (pic trois l'einines : la icesse, ia Poésie et M^nc de Tourljcy. »

connais ([u'un autre sentiment pour le sceller et Tassurl à jamais entre deux personnes faites pour Tunion d cœurs.

«... Elle a bien de l'esprit, mais elle n^a pas compris! vie, ni ce que c'est qu'un sentiment sérieux, naturj auquel toutes les bonnes grâces de la société ne sa: raient donner le change — et qui aurait demandé si p|| — une seule fois — et toujours! |

« ... Après tout, sous tous ces airs de raison, elle < plus fière que tendre, plus glorieuse que passionn L'amour-propre est au fond de tout et La Rochefoucai a raison : mais Tamour-propre chez quelques-uil consiste à vouloir être passionnément aimées, coûte c coûte, et à aimer aussi, c'est-à-dire à vouloir le bonhd des deux. Chez elle, quelles que soient ses affections g cieuses, Tamour-propre la porte surtout à être appr< vée, à ne pas être blâmée, à sauver sa gloire.

« M"^^ Récamier, M"^^ de Maintenon étaient de ce! race-là. Je les ai toujours haïes. Comment m'y suis laissé prendre? »

Voilà donc la thèse posée et tout le sujet du livi Une femme doit-elle céder à temps à l'ami ou lui tqï ter et se sauver?

Pour Sainte-Beuve, nous savons déjà que la répo: n'était pas douteuse, mais, pour M°^^ d'Arbouville, ilf croire qu'il n'en était pas de même, puisqu'il va, d! les lettres du Clou d^or, livrer un siège en règle à vertu, laquelle n'est à ses yeux que de l'amour-propn

Et d'abord n'était-elle vraiment que cela? En d( de sa longue habitude de lire au fond des âmes, je ci que Sainte-Beuve se trompait. Il disait tout à l'hei €t il le répétait à chaque instant, qu'elle était plus ^ rieuse que tendre. Eu apparence, peut-être ; au foj .

ET M»ie D*AI\BOUVILLE

iGl

liiiement pas. Si elle était glorieuse comme toutes i femmes de se voir adorée, de se sentir aimée par un mnie du talent de Sainte-Beuve, elle Tétait davantage core du nom qu'elle portait et de l'amour de M. d'Aruville, et c'est à son mari qu'elle réservait toute sa tenesse. Libre, peut-être eût-elle satisfait Sainte-Beuve, r elle avait une très sérieuse affection pour lui ; mais e était de celles qui n'admettent point le partage, et !8t justernent parce que le poète de Joseph Delorme la îsurait à l'aune d'une autre — glorieuse aussi, mais aucoup plus tendre — qui lui avait cédé, quand elle ait tout autant de raisons de lui résister, c'est pour a, dis-je, qu'il se trompait sur son compte. «... Oli !que de sentiments perdus, consumés en euxfmes ! Gomment laisser perdre ainsi les trésors du lur ! Je lui ai dit qu'elle était la plus dissipée des fem- 58 sérieuses ; je lui dirai aussi qu'elle est la plus tendre s glorieuses; mais pour glorieuse, au fond, elle Test, e veut toujours, en amour, deslleurs ; elle ne comprend n à la connaissance vraie des sentiments naturels ; il int un moment où, les fleurs données, ils n'ont plus 'à produire leur fruit. Mais elle ne veut pas de ce fruit, demande toujours et toujours des fleurs, rien que des urs. Elle se trompe. Mon cœur n'est pas de ceux qui laissent mettre en serre chaude pour fleurir constam- 5nt et avorter. Oh! non pas! Elle ne sort pas du point vue factice du monde ni du cercle embelli et menir. »

Ces lignes sont tirées d'une autre note dite confiden- 11e, en date du 9 juillet i844.

« Elle veut toujours en amour des fleurs !» — 11 est cheuxqu'en regard des lettres de Sainte-Beuve on n'ait is publié celles de M""' d'Arbouville : le Clou d'or eu

eûtété beaucoup plus piquant (i), et nous saurions pe être — je dis peut-être, car la femme honnête et qui respecte ne lâche guère la bride à sa plume en de pan sujets (2) — si la vertu de M^^^ d'Arbouville était l'essence de celle de M^^e Récamier ou de M^^^ de Ma tenon. « Que de choses bonnes à côté de celles que m aimons ! disait-elle un jour (ï848); il faut faire place nous pour un certain contraire. » Mot charmant et i sug'g'éra cette réflexion à Sainte-Beuve, quand il le pour la première fois : « Ce devrait être là la devise critique étendu et intelh'gent (3). » Il aurait pu ajout( et de Tamoureux qui se désespère.

Voici une dernière lettre de lui qui me semble met les chosesaupoint,relativementàsaliaisonavecM™^ d'i bouville. Elle est du 2(3 octobre i844.etc'est la demi du Clou cfor : ^

(( Chère Madame, (( Je viens vous demander vos ordres pour jeudi :

(1) Les lettres de M'"^ d'Arbouville à Sainte-Beuve sont toujours entri mains de Jules Troubat^niais il paraît que Sainte-Beuve a subordonné | publication à des conditions qui la rendent impossible pour le moment.

(2) «... Pendantce temps,pas un mot, mais pas un! n'est échappé de v plume, qui senlît l'abandon^qui dérogeât aux lignes rigoureuses que vous ^ étiez prescrites. Vous avez tenu rigoureusement ce que vous aviez réi d'avance. Si quelqu'un écrivant une lettre dans un moment d'émotion o main tremble, s'était dit de n'écrire que sur une feuille de papier bien rég de manière à ce que pas une ligne ne lut droite, il aurait fait matériellemeii que vousavczsu faire au moral. 11 m'a été impossible de ne pas reconnaîti ressentir tout cela. Je sais tous les obstacles, je les apprécie, je crois a montré que je n'avais pas le dessein (quand j'en eus la possibiiitéyd'abuscr d' situation aussi entourée, aussi délicate ; maisenlin il n'y a eu auôun aband aucun mot qui répondît à ceux que j'implorais. Je sais maintenant ou jan la mesure de cette affection : je sais ce que c'est que de faire dépendre son t heur unique de vous, d'une parole de vous. . .» (Lettre du Clou d'or (n'^ 5) tre le 3 et 20 septembre i884,)

(3j Les Cahiers de Sainte-Beuve, p. i46.

ET M^io d'ariîouville 1 63

is être ce jour-la à TAcadémie (i) depuis deux heures demie jusqu'à quatre heures et demie. Le reste des ures sera trop honoré d^une minute passée à vous voir. <( Vous avez été très aimable de songer à m'écrire; vous Les toujours, aimable; ce qu'il y a de mal entre nous, st la situation qui, passez-moi le mot,n^estpas franche, îst pas naturelle. Pour que je le dise et que je le sente isi après une saison dont tant d'heures se sont passées ^5 de vous, il faut que cela soit. Ce que je vous ai dit bas est vrai : il vous devient comme nécessaire de iips en temps de défaire la trame, de la laisser se aire un peu, afin qu'on puisse recommencer toujours, s'arrêter toujours au même point; sans quoi on court risque d'avancer, sinon de 1 achever. De là ces petiriijueurs, ces froideurs non pas calculées, mais indices et nécessaires, ces épouvantements de la moindre oie un peu franche et libre sur de certains sujets, )ique vous ayez déjà entendu la même chose cent fois; là enfin ces lettres aimables qui arrivent à temps, tce qu'il faut pour empêcher de se décourag'er, sans tefois donner de Tespoir. On traite ainsi les prisonrs, qu'on veut conserver pour un certain temps; on r donne juste assez de nourriture pour qu'ils ne meut pas.

Chère Madame, j'ai bien pris ma part dans ce que s avez dit sur le plaisir de voir ses amis à Paris, s je n'en ai pas pris que ma part, et vous même vous iveriez plus mauvais et présomptueux que je m'en ibuasse davantage.

Il y a, en outre, cette foule d'amis pour qui on met rolics décolletées au risque de s'enrininier : ceux-là bien leur part aussi.

Sainte-Beuve avait l'té ('lu à l'Acnflcmi^» fr.Mnraiso, lo i /| mnrs

a II y a enfin quelqu'un qui a mieux et qui lui sj prendra tout (r).

« Chère Madame, si je vous disais encore une fois t ce que je sens, je dirais que tout cela est misérable: <j à ce moment et depuis bien longtemps, je le sens. ]V|| il arrivera sans doute encore qu'une fois j'enfonCj ma pensée, mes sentiments, et que vous, vous maint drez votre empire, heureuse d'atteindre à vos fins,m(j sans avoir donné dans votre vie la moindre minute bonheur à celui qui vous aura aimée. |

Après cela, je crois qu'il est permis de dire commi Palais : la cause est entendue!... !

Que si vous demandez maintenant et pour conc comment un esprit aussi subtil que celui de Sai Beuve put se fourvoyer de la sorte, je vous répoij nettement et sans hésiter que ce fut la faute de sa à vaise éducation. Je ne parle pas de la première, maii la seconde, celle qu'il se donna lui-même. S'étant no^ de i8 à 25 ans, de Pétude exclusive du xviii® siècle rf; rialiste et sensualiste, il avait fini par se persuad® après la conquête suivie de, la possession deM"^^X.,^ d'après ce qui se passait sous ses yeux dans le m( — que les mœurs françaises étaient demeurées les mi qu'au beau temps de M^^^ Geofïrin et de M^^ d'EpioÉ qu'il n'y avait qu'à frapper à la porte secrète d'une; femme pour qu'elle s'ouvrît. Iji]

(( Le xviii^ siècle avait du bon, disail-il un jo

(i) Ce quelqu'un, cela va sans dire, était M. d'Arbouville . « Je vo être libre et plus jeune, écrivait Sainte-Beuve encore à son amie, je d dcrais à votre mari de l'accompagner en Orient comme seciji^étaire ou autre titre : au moins je secouerais la vie, et peut-être forcément regarderiez quelquefois de ce côté. » (Lettre VI,)

ET Rinn" d'arrouville

<rArbouville, s'il n'avait pas trop appuyé. Vieillir : une personne qui sait la vie et avec qui on l'a goû-

vieillir ensemble, mais satisfaits et fidèles : il y a là : le bonheur humain retrouvé (i). » Oui, mais lui si appuya trop et je crois qu'il voyait juste quand il vait : « Le mal est ailleurs, il est en moi, je ne suis fait pour le monde!... »

fon, il n'était pas fait pour le monde; c'est pour cela iprès y avoir vécu le temps de se faire ag-réer à TAcalie et de nouer avec M"^^ d'Arbouville l'intrigue amouse que Ton sait, il lui tira sa révérence et s'enferma à le tour dans son cabinet d'étude.

lais on aurait tort de croire qu'il renonça au monde quement par dépit d'amour. La politique et surtout [uestion d'argent entrèrent pour une bonne part dans renoncement qui, d'ailleurs, se fit lentement et ime par degrés. Dès i84i, il écrivait à Juste Olivier : ses (( besoins étaient augmentés et devenus plus stocratujaes (2)». En i844>àla veille de son élection 'Académie, il lui mandait que sa situation était isoutenable et ruineuse, moralement et physiquement, îuse des obsessions auxquelles il était en butte de la t du monde (3j ». Gela ne l'empêchait pas, quelques lées après, de louer, non loin du château du Marais, ; petite maison dans le village c( afin de pouvoir tra-

) Lettre XI du CAou d'or.

) Correspondance inédile de Suinlc-Bcuve avec M. et M<"^ Juste ier.

)id.

l66 SAiNtE-BEUvE

vailler et dîner chaque jour » en compagnie de d'A bouville. (( Il prêtait alors aux jeunes feiîirnes que pareilles confidences pouvaient intéresser certaines h très que George Sand loi avait adressées peu d'annê' auparavant, au plus fort de ses orages, et où elle épa: chait dans le sein d'un ami qu'elle croyait discret tout les amertumes de son cœur (i). » Et M. de Spoelbe|| de Lovenjoul raconte, dans ses Lundis d'un chercheû qu^après avoir lu ces lettres M^^^^ d'Arbouville les re voya à Sainte-Beuve en les accompagnant d'un bill de sa main contenant ces mots que le critique souîigi m curieusement : (( Si jamais, dans longtemps, ces letti^ devaient paraître, je voudrais qu'elles eussent pour é| graphe celte phrase du psaume, belle en latin: Dieu voulu ainsi afin quune âme désordonnée fût à elle-mêi son supplice (2). » Preuve nouvelle de la droiture ses sentiments et de la pureté de son cœur.

Quand éclata la Révolution de i848, Sainte-Beu\ qui avait déjà la République en haine et qui devait démettre de son poste de bibliothécaire à la Mazari dans les circonstances héroï-comiques que Ton sait, songea qu'à s'expatrier. Après avoir hésité quelq temps entre TAmérique et l'Angleterre, il accepta d'ail faire un cours sur Chateaubriand à l'Université Liège, faussant ainsi compagnie à toute la société ( Marais, de Chatenay et de Ghamplâtreux. ïl est vi que M"^^ d'Arbouville avait quitté Paris pour rejoind son mari à Lyon, où il avait un grand commandemei Mais il ne rompit point avec elle pour cela, bien contraire. Depuis i845 il avait pris son parti de la « tuation fausse » qu'elle lui avait faite et, en désespc

(i) Cf. Sainte-Beuve par le Vicomte d'Haussonville, p. igo. {2) Les Lundis d'un chercheur, p. 172.

ET M ni»' D*AI\BOU VILLE

se, se contentait de son amité. Amitié profonde iicère dont elle reçut par trois fois le touchant térnage durant la maladie qui devait l'emporter. Elle L un cancer au sein. A peine était-elle installée près m mari, à Lyon, qu'elle tom5a gravement malade. ;itot, sans hésiter, Sainte-Beuve lâcha son cours • accourir auprès d'elle. Ce premier voyage eut lieu lois d'avril 1849 et semble lui avoir inspiré ce beau kl daté de Liège :

^lon, je n'ai point perdu mon année en ces lieux : 3ans ce paisible exil mon âme s'est calmée; Une ahsente chérie, et toujours plus aimée, V seule, en les fixant, épuré tous mes feux.

li tandis que des pleurs mouillaient mes tristes yeux, l'avais sous ma fenêtre, en avril embaumée, De pruniers blanchissants la plaine clairsemée ; — Sans feuille, et rien que fleur, un verger gracieux !

'avais vu bien des fois Mai, brillant de verdure, •lais Avril m'avait fui dans sa tendre peinture, son, ce temps de Texil, je ne l'ai point perdu !

]ar ici j'ai vécu fidèle dans l'absence,

kmour ! et sans manquer au chagrin qui t'est dû,

*ai vu la fleur d'Avril et rappris Tinnocence 1

mois d'août suivant, il fit un second voyage à Lyon tour duquel il s'arrêta à Dijon et puis à Troyes consulter les archives jansénistes, qui sont très ; dans les bibliothèques de ces deux villes. Et il ii découragé alors qu'il écrivait à Collombet : (( Rien ut pour moi Lyon. Je suis bien triste au fond, et je udrais plus que l'étude, un cloître ; et le soir sous inds arbres, rcntretien de quelques amis. Est-ce qui va me donner tf)ut cela ? Certainement ce n'est

pas Liège. Ainsi j'essaierai encore d'asseoir cette tri vie quoique je sente bien que le dernier et sombre que jecherche, je ne l'atteindrai pas plus que je n'ai atte le premier. Enfin il faut aller jusqu'à ce qu'on tombe

Mais ce n'est pas lui qui devait tomber le premier fut M"^e d'Arbouville. A la fin de Tannée 1849, s'était tellement aggravé, que son mari jugea prudent la ramener à Paris (2). Sa dernière maladie fut extrêi ment douloureuse. Sainte-Beuve la vit encore une ou (î fois en présence de M. d'Arbouville ; mais, quand elh sentit mourir, elle refusa de le recevoir. Pourquoi n'en sais rien. On a dit que c'était le P. Ravignan l'avait écarté de son lit de mort. J'en doute, pour part. Le P. Ravignan, qui avait reçu la confessio ]y[me d'Arbouville, savait qu'en dehors de certains vements de coquetterie envers Sainte-Beuve elle n rien à se reprocher. Je crois plutôt que c'est elle qui pitié, pour lui épargner un grand chagrin, ne voulut lui faire ses adieux. Et, en effet, quand elle eut r l'âme (3), la douleur de Sainte-Beuve fit peine à voir| déjà dit que, sollicité de faire son éloge, il laissa cet neur à d'autres. Il la pleura toute sa vie et le seul m ment qu'il lui ait élevé fut au plus profond de son c( Une fois cependant, il semble avoir regretté d'avoir | le silence à son endroit ; c'est en 1869, dans une qu'il adressait à Baudelaire, à la suite d'un article avait été a bassement insulté par M. Babou ». — « I déjà attaqué dans VAthenœum, écrivait-il, à propos meilleure amie que j'eusse, M"^^ d'Arbouville, et pa

(1) Lettres inédites de Sainte-Beuve à Collombet. — Troyes, le 1 1 août 1849.

(2) 11 avait pris un congé, qu'il prolongea durant toute la maladi femme. Ce n'est qu'après sa mort qu'il reprit du service.

(3) Mme d'Arbouville mourut le mars i85o.

ËT M"^C D*ARB0UV1LLE

portrait de cette charmante et reg'rettable femme \ ait fait M. de Barante et qui est la nullité même, il •laré ce portrait bien supérieur à celui que J'eusse «{ue J'aurais pu faire, si j'en eusse fait un (i). » après tout ce que je viens de dire nous savons le cas faisait de son intelligence, de son amitié, de son lour. Il a écrit quelque part au bas d'une page : lyfme d'xVrbouville, une femme que Favenir aussi confira. » Peut-être pens-^'t-il alors à la publication loinne des lettres qu'elle lui avait écrites et qu'il gardait igieusement. Elles doivent être très belles, en effet, et ur ma part, je fais des vœux pour qu'elles voient le ir le plus tôt possible. C'est déjà trop que nous soyons out jamais privés de celles (2) que Sainte-Beuve adressa a divine créature dont il a dit dans une heure de méicolie et de suprême regret : « Le soir de la vie apparit de droit à celle à qui l'on a dû le dernier rayon ! »

) (Jorrespondfince de Sainte-Beuve, t. JII, p. i53.

:) Ell('s furent brûlées après la mort de M"""* d'Arbouville, et sur sa remaiidalion expresse, par M. d'Arboiivillc lui-même, mais les lettres qui ent le caractère de celles que M. Jules ïroubat a publiées dans le Clou ', on pense bien que M""® d'Arbouville ne les avait pas conservées.

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