‹ Sainte-Beuve, documents inéditsChapitre 26 sur 45 · ET LA PRINCESSE MATUILDE · texte numérisé non relu

ET LA PRINCESSE MATUILDE

Cependant, il arriva un moment où la fréquentation Sainte-Beuve devint assez compromettante pour une tesse impériale. On sait qu'à peine entré au Sénat il y prit défense, à propos de la publication de la Vie de Jésus, la liberté de conscience outragée et méconnue dans la sonne d'Ernest Renan. Son discours sur la loi de la 5se (7 mai 1868) et le fameux dîner du Vendrediint (i) achevèrent de lui faire dans le monde officiel et lolique la figure d'un libre-penseur avéré. Sa petite 5on de la rue Montparnasse devint le centre de l'op-

I) Ce dîner du Vendredi-Saint, dont une certaine presse a voulu faire Codant de la Débauche de Roissy, ne méritait vraiment pas les flots d'encre a fait couler.

l'abord, bien loin d'avoir été prémédité, il fut improvisé, au contraire, y le plaisir et la commodité du prince Napoléon qui, n'ayant de libre que Jendredi et étant sur le point de partir pour Frangins, ne pouvait accep- |à dîner que ce jour-là : lo avril 1868. — Ensuite, ce qui prouve que Itc-Hcuvc n'avait pas l'intention de blesser les croyances catholiques en int un dîner gras le Vendredi-Saint, c'est l'anecdote que voici : dit plus haut que le prince Napoléon avait pour amie la jolie de Irbey. Dès que le dîner fut arrêté, Sainte-Beuve, lui envoya une invita- L pensant lui être agréable ainsi qu'au prince. Mais comme elle était [cadiolique elle s'empressa de faire observer à Sainte-Beuve que le ven- \i choisi était le Vendredi-Saint.

Qtc-B(*uve, qui n'y avait pas pris garde, en référa immédiatement au S qui répondit : « Qu'importe I nous fêterons le Vendredi-Saint en bons »liques que nous sommes. » Cela voulait dire : ne changeons pas le

Ipcndant, Saintc-Beuve,qui connaissait les sentiments religieux de M°^e (Je loev, lui renouvela son invitation en disant qu'il y aurait du maigre 7 clio. Mais elle ne vint pas, et ce fut heureux, car si elle était venue, Ddalc provofjué par la presse catholique eût encore été plus grand. — ovivcs à ce dîner, où le maigre était représenté par une truite sau- I et le g;ras j)ar un fih't au madère et un faisan truiï**, étaient : le ^Napoléon, Taine, About, llenan, Flaubert et Robin, de l'Académie Qces.

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position, je ne dis pas antidynastiqiie, car il ne lui vi jamais à la pensée de trahir l'empereur, mais de Topp sition constitutionnelle.

Et les étudiants qui l'avaient sifflé lors de son course poésie latine vinrent manifester sous ses fenêtres et 1 votèrent une adresse de félicitations, lui donnant aiûî malgré son titre de sénateur, une popularité dont il vait joui sous aucun régime. ^

C'est à ce moment-là que Napoléon ÏII se permit ^ faire quelques remontrances à sa cousine; mais elle m mieux se brouiller avec l'impératrice que rompre m Sainte-Beuve, car elle était voltairienne comme luij sans jamais s'occuper de politique elle n'avait pas hés à prendre le parti de son frère dans la querelle que avait cherchée l'empereur, quelques mois auparavaif à propos de la très belle lettre qu'il avait écrite sur question romaine au critique des Lundis. On trouÉ cette lettre à l'appendice du tome III de la corresp dance de Sainte-Beuve, mais ce qu'on ignore généîl nient ce sont les circonstances dans lesquelles elle| mise sous les yeux de l'empereur, avant de recevoÉ publicité du Siècle auquel elle était destinée. Il m été convenu entre le prince Napoléon et Sainte-B^ jp que celui-ci l'enverrait à M. Havin, et le directeur ime Siècle, après l'avoir lue, s'était engagé à la publieï |bW lendemain même. Mais une indiscrétion éventa lamèc loii Par qui commise? on ne l'a jamais su aujuste,cepen(ia gja( étant donné le rôle double et louche que joua I^ dans les dernières années de l'Empire, j'incline à J| que l'indiscret ne fut autre que lui. Il avait trop d'inti à ménager l'empereur pour se permettre de lui lanlmç un pareil pétard dans les jambes. Toujours est-il quifcç prince Napoléon, à son retour de Prangins, d'où sa

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