‹ Sainte-Beuve et ChateaubriandChapitre 21 sur 28 · I. Voir un texte décisif, sur ce point, p · texte numérisé non relu

I. Voir un texte décisif, sur ce point, p

2i6 CHATEAUBRIAND ET SOX VOYAGE EX AMERIQUE.

suivirent dans ces contrées désertes (p. 152) '. »

Relisez maintenant, pour finir, les paroles mêmes de l'écrivain :

« Nous nous acheminâmes vers les pays connus alors sous le nom général des Florides. Nous suivions à peu près des sentiers que lie maintenant la grande route des Xatcliez à Nasliville par Jackson et Florence, et qui rentre en Virginie par Knoxville et Salem. »

Je ne m'expliquerai jamais que M. Bédier ait entendu :

« J'ai suivi, et d'un bout à l'autre, la route immense des Natchez à Salem, et, comme je me suis acheminé ainsi vers les Florides, seul de tous les voyageurs passés, présents et à venir, j'ai cherché et trouvé le Sud en remontant au loin dans le Nord -. »

1. M. Buron se range entièrement à mon interprétation. Il écrit {Revue canadienne, 1" févr. 1903, page 181) : « La phrase signifie, à mon sens, que dos routes qui descendaient obliquement de l'Ouest au Sud-Est dans les Florides, à cette époque, sont maintenant (18-27) liées par la grande route Natchez-Xashville et Knoxville-Salem. -

2. M. Bédier écrit, je l'ai dit, que lorsque Chateaubriand raconta son voyage, trente ans après l'avoir l'ait, il eut sous les yeux le relevé des distances et la carte même du pays. « Il s'arme, comme on a vu, d'un livre de poste et d'une carte moderne » (3= art., p. 'J6). Il est, en efl'et, inadmissible qu'il n'ait pas eu au moins la curiosité de suivre son voyage sur la carte de ces contrées, et c'est encore plus invraisemblable si l'on suppose chez lui de l'imposture. De fait, nous voyons qu'il avait sous la main des renseignements géographiques, même récents; il en use et il le dit. De quoi il l'aut conclure, comme je l'ai déjà fait observer, que s'il avait donné à ses mots le sens que M Bédier leur pi-ète, s'il avait tracé son itinéraire comme M. Bédier le trace, il aurait très inutilement et très mala-

Et voilà pourtant le point capital, essentiel, de tout le système de M. Bédier; pour rappeler ses pittoresques images, c'est « la poutre maîtresse de sa construction ». Il faut bien reconnaître qu'elle n'a d'autres « étançons » que l'ardente bonne volonté et peut-être une légère distraction de l'architecte ; c'est trop peu vraiment pour qu'elle soit solide, et la « construction « tout entière branle et tombe avec elle.

Mais il y a un autre « étançon » , dont je tiens à indiquer aussi la faiblesse.

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