‹ Sainte-Beuve et Chateaubriand: problèmes et polémiquesChapitre 22 sur 26 · On sait que à s'emploie (et non aux) devant les noms · texte numérisé non relu

On sait que à s'emploie (et non aux) devant les noms

M. Bédier insiste beaucoup sur ce que Chateaubriand a parlé de la « patrie d'Atala » et de la « hutte de Céluta » comme s'il avait vu la hutte de l'une et la patrie de l'autre.

Or, dit-il, ces deux floridiennes sont des Siminoles (ou des Muscogulges), et, « d'après même la géographie de tous les ouvrages de Chateaubriand, les Muscogulges et les Siminoles n'ont jamais habité d'autres pays que les régions comprises entre le trente-troisième parallèle et le vingt-neuvième » ; donc le voyageur est descendu, d'après lui, bien au delà du trente-cinquième, puisqu'il prétend « avoir visité la patrie d'Atala et vu la hutte de Céluta » (3« article, p. 90).

11 y a ici, si j'ose le dire, une assez jolie collection d'inexactitudes et d'interprétations erronées autant que malveillantes.

D'abord où Chateaubriand a-t-il avancé qu'il avait ç>u la hutte de Céluta?...

M. Bédier écrit même : « d'après M. Bertrin Chateaubriand dit avoir touché aux Natchez et vu la

propres de lieux, mêrae quand ils ont le signe du pluriel (sauf s'ils sont ordinairement précédés de l'article les) : aller à Valenciennes, à Bruxelles, à Londres, à Sées ou Séez ; de même il faudrait dire : « toucher à Natchez » si Natchez désignait une ville. Encore une fois l'écrivain donne à la contrée le nom du peuple qu'on y trouve ; le pays s'appelle pour lui Les Natchez et il dit aux Natchez comme on dit aux Açores, aux Canaries, aux États-Unis.

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hutte de Céluta à 4 ou 500 kilomètres en amont » de la ville des Natchez (3® article, p. 87).

Je déclare n'avoir jamais dit, où que ce soit, que Chateaubriand avait vu la hutte de Céluta. Le lecteur peut contrôler à Taise. M. Bédier interprète — à sa manière — et on dirait qu'il cite ; c'est assurément fort regrettable.

Quant à Chateaubriand, je demande encore une fois où il a écrit avoir vu cette hutte sauvage, dont mon distingué contradicteur paraît si préoccupé ?

Je trouve seulement qu'il dit dans les Mémoires (édit. Garnier, p. 458) : « Aux Natchez, au lieu de la hutte de Céluta, s'élève une ville d'environ cinq mille habitants etc. »

Ce qu'il raconte avoir {fu ce sont deuxfloridiennes, qui lui ont « servi de modèles, l'une pour Atala^ l'autre pour Céluta ». Mais justement il indique au même endroit [Mémoires^ p. 442) où a eu lieu la rencontre.

Est-ce à Apalachucla, c'est-à-dire entre le trentième et le trente et unième parallèles, ou à Cuscowilla au-dessous du trentième, ou dans les environs du village de Natchez?

Non, son assertion est bien plus modeste. 11 les a vues, dit-il, dans une île de l'Ohio, et l'Ohio achève son cours vers le trente-septième parallèle, à 6 ou 700 kilomètres du village de Natchez à vol d'oiseau!

Par où l'on constate combien la malveillance de M. Bédier l'égaré, quand elle lui fait écrire :

« Une carte moderne à la main » Chateaubriand

a cherché « à préciser en quels lieux il a rencontré

Chactas, le P. Aubry, Atala. Or tous ces lieux sont

situés sur une bande de territoire limitée par le trente-troisième et par le vingt-neuvième parallèle » (3" article, p. 90). C'est formellement inexact.

Redisons-le donc : Chateaubriand a rencontré la Floridienne dont il s'est inspiré pour Atala, dans une île de l'Ohio, et il n'en fait pas mystère; nulle part il n'a dit l'avoir trouvée dans la hutte où elle avait vu le jour, à Apalachucla, au village de Natchez ou ailleurs.

Lorsqu'il parle de « sa patrie », qu'il a peinte avec fidélité, il prend le mot dans le sens où on le prend d'ordinaire : quand je nomme ma patrie^ je désigne la France et non le village où je suis né. De même, en disant Idi patrie d' Atala, Chateaubriand entend non l'endroit précis où les parents d' Atala l'ont mise au monde dans leurs courses de nomades, mais son pays, la région entière que parcouraient les tribus vagabondes, ces grands déserts et ces grands fleuves où sa jeunesse avait pu étudier leurs mœurs, et dont le spectacle l'avait enchanté.

Et le passage même dont M. Bédier s'autorise le prouve, de plus, avec évidence : « Aux Natchez, au lieu de la hutte de Céluta, s'élève une ville d'environ cinq mille habitants. »

Comme Céluta est une Muscogulge, et que les Muscogulges occupaient un pays bien plus à l'est que celui où Natchez s'élève aujourd'hui, la hutte de Céluta n'a jamais été sur l'emplacement actuel de cette ville.

La phrase signifie donc nécessairement que dans ces contrées où erraient les Natchez, dans ces régions incultes où le voyageur n'avait rencontré que

des sauvages (la hutte de Céluta est là pour représenter la vie sauvage), la civilisation règne désormais et a bâti des villes.

Chateaubriand ajoute :

a II y a chez les Muscogulges, les Simînoles, les Chic-Kasas, une cité d'Athènes, une autre de Marathon, une autre de Carthage, une autre de Memphis, une autre de Sparte, une autre de Florence ; on trouve un comté de la Colombie et un comté de Marengo : la gloire de tous ces pays a placé un nom dans ces mêmes déserts oiij'ai rencontré le P. Aubry et l'obscure Atala, »

On voit ici de nouveau quels sont les déserts où il a voulu nous apprendre qu'il avait trouvé les types de ses héros.

Ce ne sont pas du tout ceux dont parle M. Bcdier. Car Florence, Memphis, Athènes, Sparte elc, qui s'élèvent maintenant dans ces lieux, autrefois sauvages, sont à une distance énorme des régions extrêmes où le critique veut qu'il dise avoir « rencontré Chactas, le P. Aubry, Atala » (3® art., p. 90).

En réalité l'écrivain désigne, d'une manière générale et sans avoir la pensée d'observer une précision absolument inutile, les solitudes américaines qui s'étendaient alors au bas de l'Ohio et en haut du Mississipi.

Remarquons aussi que Chateaubriand place Athènes, Florence, Sparte, etc., chez les Muscogulges et les Siminoles, c'est-à-dire dans les contrées où erraient ces tribus nomades. Or la plus éloignée lie ces villes, Florence, est située vers le trente-cinquième parallèle.

D'où il faut conclure que M. Bédier se trompe tout à fait, quand il écrit avec assurance : « Les Muscogulges et les Siminoles n'ont jamais habité (selon la géographie même de tous les ouvrages de Chateaubriand) d'autres pays que les régions comprises entre le trente-troisième et le vingt-neuvième » ; ce qu'il avance dans l'unique dessein de conclure que, pour voir des types de ces tribus, le voyageur a dû descendre jusque dans ces déserts reculés, dont la distance l'aura empêché de rejoindre à temps Philadelphie et son paquebot ^ .

On voit avec quelle fidélité M. Bédier analyse, pour s'en servir contre lui, la géographie de Chateaubriand.

On voit aussi qu'on ne saurait accorder une foi absolue à ses assertions, même quand elles sont présentées d'un ton qui paraît ne pas souffrir de réplique.

Enfin, et ceci me frappe beaucoup, Chateaubriand écrit, dans la inême page, qu'il n'a vu que Ven-hautixi Mississipi, qu'il n'en a pas vu Ven-bas. Or la ville de Natchez est très nettement dans Yenbas du fleuve, même en ne considérant le fleuve que depuis sa jonction avec l'Ohio, à plus forte raison si on le prend dans son cours tout entier, qui est de près de 4.000 kilomètres, alors que la ville de Natchez n'est qu'à 350 kilomètres de l'embouchure.

Je raisonne, on le voit, d'après la page même dont

1. Chateaubriand fait lui-même observer que les Creeks (Muscogulges et Siminoles) n'occupent plus aujourd'hui (1827) qu'un petit territoire en Géorgie et un autre dans l'Alabama, tandis qu'ils possédaient autrefois •« de vastes pays » (Voyagea, p. 196).

M. Bédier s'autorise. Mais j'ai déjà dit que cette page, rejetée de l'œuvre par l'auteur et biffée par lui, me paraissait à peu près sans autorité. Or supprimez-la, et la question de cette excursion lointaine ne pourra plus même être posée.

Mais si on la retient, on ne peut l'interpréter comme mon distingué contradicteur ; cela n'est pas douteux, son interprétation repose sur trop d'erreurs.

J'ajouterai à ce sujet un dernier mot.

Se croyant sûr de la visite au village de Natchez, M. Bédier s'écrie d'un air triomphant :

« Si Chateaubriand s'aventure si bas vers le Sud, j'ai cause gagnée, il est perdu. »

Voilà bien les deux adversaires I C'est comme une question personnelle entre Chateaubriand et M. Bédier : « J'ai cause gagnée, //est perdu. »

Eh bien, non! Quand même vous seriez autorisé à soutenir — et vous ne l'êtes pas — que Chateaubriand a prétendu s'être aventuré jusque-là, vous ne triompheriez pas de lui encore ; il aurait le temps de rejoindre son paquebot au jour marqué.

Car du trente-cinquième parallèle environ, où pour moi il s'arrête, au village où vous voulez qu'il descende, il y a 400 Kilomètres ; cette distance lui demandera, en canot, sur le Mississipi, quatre ou cinq jours au plus, et, au retour, à cheval, de sept à huit jours.

Or je répète que j'ai calculé largement, que j'ai

attribué aux deux itinéraires, proposés dans mon ar-

ticle, une longueur de 2.000 kilomètres, alors qu'ils n'en mesurent, en réalité, l'un que 1.600 à 1.650, l'autre que 1.700. De plus, je ralentis notablement l'allure de route, et, enfin, mon voyageur a, malgré tout, trente-six jours de reste, à quoi il faut ajouter les jours comptés en trop dans vos calculs, pour le trajet de Baltimore à Pittsburg.

Vous pouvez donc le conduire au village de Natchez, si votre zèle y tient, sans que vous ayez « cause gagnée et qu'il soit perdu ».

Il est vrai que rien ne vous empêche de « l'aventurer » ailleurs, puisque vous n'avez qu'à vouloir. Ainsi vous avez décidé qu'il devait avoir dit être allé à Âpalachucla, dans l'Alabama, et à Cuscowilla, dans la Géorgie.

Vous savez aussi bien que moi qu'il fournit souvent des renseignements géographiques impersonnels, et qu'il ne suffit pas qu'un lieu soit nommé ou décrit dans son livre pour que l'on doive conclure qu'il prétende l'avoir visité. Nous ne pouvons tirer cette conclusion que s'il parle en son nom, s'il dit : « J'ai vu », ou, comme vous dites vousmême : « Je fus là. »

« Quand il écrit : « Je fus là », veut-il dire qu'il y fut? » (3«art., p. 82).

— Assurément, et voilà la bonne méthode! 11 faut mettre dans son itinéraire les lieux, et ceux-là seuls, dont il a écrit, sous une forme ou sous une autre : « Je fus là. »

Or a-t-il écrit rien de semblable au sujet de Cuscowilla ou d'Apalachucla?

Rien, absolument rien.

Il donne de pures notions géographiques :

« Cuscowilla, village siminole, est situé sur une chaîne de collines graveleuses, etc. » [Voyage, p. 98, Garnier, in-S**). Vous objectez qu'il décrit et que le tour de sa description est vif, comme s'il avait vu de ses yeux ce qu'il fait presque voir aux yeux des autres.

Allez-vous donc lui reprocher d'avoir du style?

La question est de savoir, pour rappeler votre mot, s'il a dit de quelque manière que ce soit : « Je fus là. » Éh bien, je vous défie de citer rien de pareil.

Mais, dites-vous, toute cette partie de Touvrage se termine par cette phrase significative : « Ici finit, à proprement parler, V itinéraire ou le mémoire des lieux parcourus. »

Et qu'en concluez-vous? Que le voyageur a vu de ses yeux, d'après lui, tout ce qu'il a mentionné précédemment?

Je suis bien sûr que non. Car il mentionne, avec des détails géographiques, des régions, des fleuves ou des villes qu'il a dit lui-même n'avoir pas visités, les lacs du Canada, par exemple, et la Nouvelle- Orléans.

Il n'a jamais non plus laissé entendre, de quelque façon que ce soit, qu'il eût remonté le Missouri, ni les divers affluents de l'Ohio et du Mississipi; il parle cependant de ces rivières, comme tant de géographes qui ne les ont jamais vues.

Il en est de même pour Apalachucla et Cuscowilla.

D'autant plus — et ceci me parait très important — que ces villes sont nommées dans le morceau même où il dit s'être beaucoup servi de Bartram et avoir même confondu les notes qu'il en avait prises avec les siennes.

Pourquoi M. Bédier, tout en la citant, ne tient-il jamais compte de cette déclaration, d'une portée si considérable cependant dans le sujet qui l'occupe? Lui semblerait-elle gêner un peu trop ses conclusions?

Il y a deux parties, je l'ai dit, (p. 150) dans le livre du Voyage en Amérique : celle qui concerne les lieux et que l'auteur appelle un itinéraire, et celle qui traite de l'histoire naturelle, des usages et des mœurs. C'est en passant de la première à la seconde que Chateaubriand écrit :

a Ici finit à proprement parler ïitinéraire ou le mémoire des lieux parcourus; mais il reste dans le manuscrit une multitude de détails sur les mœurs et les usages des Indiens. J'ai réuni ces détails (ceux qui viennent de. ses observations et ceux qu'il a dit tenir d'autrui) dans des chapitres communs », etc. {Voyage^ p. 99).

Voilà les deux parties nettement indiquées, et c'est tout ce qu'il a voulu : « J'ai parlé des lieux^ je vais maintenant parler des usages et des mœurs. »

« Mais enfin Chateaubriand dit^il ou ne dit-il paSy demande M. Bédier, avoir suivi la route qui va des Natchez à Jackson, à Florence, à Nashvillcy à KnoxvillCj à Salem? 11 le dit à la page 402 des Mémoires dans les termes mêmes que nous venons de transcrire » (3® art., p. 91).

Que les lecteurs veuillent bien remarquer que c'est M. Bédier lui-même qui sollicite leur attention sur certains mots par l'emploi des lettres. italiques.

D'après lui donc, Chateaubriand dit expressément, et dans ces termes mêmes ^ qu'il a, suivi la route qui va des Natchez à Jackson, à Florence, à Nashville, à Knox ville et à Salem.

Eh bien, j'ai le vif regret de constater, et avec quelque étonnement, que ce n'est point exact. Qu'on en juge! voici le passage :

« Nous suivions à peu près des sentiers que lie maintenant la grande route des Natchez à Nashville par Jackson et Florence et qui rentre en Virginie par Knoxville et Salem. »

M. Bédier est absolument libre d'interpréter un texte comme il lui plaît, mais croit-il avoir le droit, quand il ne fait que l'interpréter, d'assurer aux lecteurs, avec référence à l'appui, qu'il le « transcrit » exactement, dans les termes mêmes P

C'est un moyen d'avoir raison commode, je l'avoue, mais qui peut gêner, pour le reste, la confiance de ceux qui ont eu la curiosité d'y aller voir. Je suis surpris que M. Bédier y ait recours.

En ce qui regarde rinterprétalion, elle me paraît bien étrange.

Quand Chateaubriand dirait qu'il a suwi la route indiquée, il n'en résulterait pas naturellement qu'il prétendît l'avoir suivie jusqu'au bout. Si j'écris, par exemple, que pour aller à Châtellerault, on suit la ligne de Paris à Bordeaux, par Orléans, je ne veux pas du tout faire entendre qu'on la suit jusqu'à Bordeaux.

De même, notre voyageur écrirait-il que, pour aller dans les Florides — c'est de quoi il s'agit — il a suivi la route desNatchez à Salem, par Florence et Nashville, il n'en ressortirait nullement — comme vous le voulez — qu'il prétendît, par le fait même, être allé jusqu'à Salem. Il est inutile sans doute d'insister; c'est l'évidence même.

J'ajoute qu'à prendre ses paroles comme vous les prenez, vous êtes tenu d'admettre qu'il a gagné les plaines de la Virginie, puisque la route que, d'après vous, il aurait suivie dans toute sa longueur, « rentre en Virginie par Knoxville et Salem ».

L'admettez-vous?

Non; vous le faites passer du côté opposé : par Chillicothe.

Puisque vous interprétez un texte, il est cependant nécessaire de ne pas changer d'interprétation suivant les besoins de votre thèse.

J'insiste donc : Voulez-vous que Chateaubriand dise être retourné à Philadelphie par Salem? Alors accordez-lui aussi que de Salem il a gagné la Virginie et de là, par conséquent, puisqu'il était désormais voisin de la mer, la côte désirée, où il devait

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se rembarquer. Or ceci renverse votre thèse tout entière.

Mais voici le principal.

C'est en « s'acheminant vers les Florides » que le jeune voyageur a parcouru les sentiers dont il parle ici. Il est donc impossible, mais tout à fait impossible, d'entendre la phrase en ce sens qu'il soit allé à Nashville, à Knoxville et à Salem; car il s'éloignerait de son but au lieu d'y tendre.

C'est comme si Ton disait qu'étant à Rouen etdésirant « s'acheminer » vers Chartres, on a suivi, dans tout son trajet, la ligne de chemin de fer qui passe à Paris et, par Evreux et Caen, aboutit à Cherbourg; on aurait suivi des chemins qu'elle rencontre, voilà tout!

Comment M. Bédier n'a-t-il pas vu que, dans le passage qui nous occupe, il est question de la descente du voyageur vers le Sud, non pas de son retour vers le Nord ^ et que les sentiers dont il parle sont ceux qui allaient vers les Florides et que coupe aujourd'hui la grande route des Natchez à Salem?

Le critique assure qu'il a vainement cherché, dans mon article, l'interprétation de ce passage. Elle y est cependant. Je montre Chateaubriand « s'acheminant vers les Florides », au Sud-Est, avec une caravane, et j'ajoute :

« La grande route qui va aujourd'hui du fond duMississipi dans la Virginie, traverse les sentiers qu'ils

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