PRÉFACE. XXIX
que Sainte-Beuve tournât au radicalisme.
Quant à l'athéisme, on n'avait malheureusement pas à lui en demander, à le solliciter dans ce sens, il n'était que trop en fonds de ce coté-là.
Sans adopter le point de départ de M.
Fournier, sans accorder à son argumentation la valeur qu'il lui attribue, il est un fait sur lequel je suis obligé de tomber d'accord avec lui. C'est que les opinions professées par Sainte-Beuve pendant les dernières années de sa vie lui ont valu beaucoup de partisans qui, sans cela, eussent été des indifférents ou des adversaires. Il a groupé autour de lui les libres penseurs, ce qui est honorable, les esprits forts et les incrédules, ce qui est dangereux et fâcheux. Je ne vois pas cependant que, par ses écrits, ses paroles, ses actes, il soit allé au-devant des athées. Ce sont les athées qui sont allés à lui, Font embrigadé, Font pris pour patron bon gré mal gré, un peu à la façon des diables si prompts, dans la Tentation de saint Antoine, à violenter le bon ermite et à