RUE AUBER
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AVANT-PIIOPOS
Peindre, c'est faire voir, et c'est un emploi tout spécial que de faire voir des personnages passés. Si quelqu'un s'y efforçait, il faudrait qu'il eût été préparé à ce travail d'artiste par des études d'artiste ; qu'il eût été, dans sa première jeunesse, romancier comme Walter Scott, et même poète ; qu'à ce titre, il aperçût naturellement et de primesaut les plus légères nuances et les plus fragiles attaches des sentiments ; que, peu à peu, le progrès de l'âge et les reploiements de la réflexion aient ajouté en lui le psychologue à l'artiste ; que la finesse française, la délicatesse parisienne, l'érudition du xixe siècle, l'épicurisme de la curiosité, la science de l'homme et des hommes, lui aient composé un tact exquis et unique. Ainsi doué et ainsi muni, il entreprendrait pour les lettrés et les délicats une galerie de portraits historiques. Il glisserait autour de son personnage, notant d'un mot chaque attitude, chaque geste et chaque air ; il reviendrait sur ses pas, nuançant ses premières couleurs par de nouvelles teintes plus légères ; il irait ainsi de retouches en retouches, ne se lassant pas de poursuivre le contour complexe et changeant, la frêle et fuyante lumière qui est le signe, et comme la fleur de la vie. Pour l'atteindre, cène serait pas