‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 116 sur 1035 · Et Cased, et Azaü , et Pheldas, et Jedlaph · texte numérisé non relu

Et Cased, et Azaü , et Pheldas, et Jedlaph

23. Et Bathuel, dont naquit Rébeeca : ce sont là les huit fils que Meleba enfanta à Nachor, frere d'Abraham.

24. Sa seconde femme , qui avait nom Roma , enfanta Tabée , et Gaham , et Tahas, et Maacha.

X 1:8. Hébr. litt, : « Se béniront. »

Ihid, Et benedicentur in semine tuo omnes gentes terre, Le sens véritable de ce passage est que tous les peuples du monde seront bénis en Jésus-Christ, comme le remarque l'apótre, ( Gal. rx, 16.)

X 21. Hébr.: « Camuel, pére d'Aram. » Les Ssriensou Araméens sont descendus d'Aram, fils de Sem. Mais on peut dire que Caimuel fut père des Camilétes en Cappadoce, qui prirent le nom d'#raméens où Syriens, d'Aram fils de Camucl,

COMMENTAIRE

De la terre de vision.

La terre de vision, dans la Vulgate, n'est point différente de la terre de Moria dont parle l'hébren, Dieu, poar éprouver Abraham, lui dit d'aller dans un pays qu'il lui fera connaitre; car voilà ce que signifie cet hébraisme terre de vision, «terre que je montrerai, » dit la Vulgate. Cette montagne est le Calvaire, et une tradition fort répandue dans l'Orient disait qu'Adam avait été enterré dans ce méme lieu,

* Quoique, dit Nicole, cette opinion ne soit pas certaine, elle est néanmoins autorisée par plusieurs Pères, comme Origene, Tertullien, saint Athanase, saint Chrysostóme , saint Ambroise, saint Augustin; et c'est encore une tradilion probable que ce fut sur cette méme montagne qu'Abraham, pour obéir à Dieu, voulut immoler Jsaac et y sacrifia un bélier à sa place, »

Ordre que Dieu donne à Abraham d'immoler son fils Isaac.

Isaac était âgé de près de vingt-cinq ans, lorsque Dieu, pour éprouver Abraham , lui ordonna de l'immoler en sacrifice, 11 semble d'abord que cet ordre soit indigne de Dieu; mais le souverain maitre de la vie et de la mort peut abréger ou prolonger nos jours comrne il lui. plait, Si, par un accident ou par une maladie, il avait tranché ceux d'Isaac, Abraham aurait-il été en droit de murmurer? A la vévité, un sacrifice de sang humain aurait été un très-mauvais exemple ; aussi Dieu ne permit point qu'il fût accompli; il se contenta de Ia disposition dans laquelle était Abraham d'obéir, et redoubla ses bienfaits envers ce patriarche,

On dira que Dieu, qui connait le fond des cœurs, qui prévoit nos sentiments futurs avec autant de. certitude qu'il voit nos dispositions présentes, n'avait pas besoin de mettre Abraham à l'épreuve, Cela est vrai ; mais Abraham avait besoin d'être éprouvé, et le genre

LA GENÈSE, CHAPITRE XXIII

humain avait besoin de cet exemple pour concevoir que Dieu est en droit d'exiger de nous, quand il lui plait, des sacrifices héroiques parce qu'il est assez puissant pour les récompenser,

C'est donc avec raison que les écrivains sacrés ont fait l'éloge de la foi et du courage d'Abraham, et l'ont proposé pour modéle, « H crut, dit saint Paul, que Dieu, qui a le pouvoir de ressusciter les morts, ferait plutôt un miracle que de manquer à ses promesses. » (Héb., ch. xi, v. 19.)

Explications sur le sacrifice d'Abraham.

Plusieurs rahbins, embarrassés pour expliquer l'ordre donné à Abraham d'innnoler son fils, prétendent que tout ce qui est raconté dans le chapitre xxi: de la. Genèse se passa dans l'imagination du père des croyants pendant son sommeil ; mais en se donnant ainsi le droit de remplacer par des allégories les faits les mieux circonstanciés, ils n'ont pas remarqué qu'ils autorisaient les incrédules à rejeter tous les récits de Moise; car, pourquoi ne pas voir des rêves ou des allégories dans toutes les choses surnaturelles racontées par le législateur des Hébreux? Y a-t-il un seul mot dans la Bible qui autorise à regarder le sacrifice d'Isaac comme nn songe de son père?

Voici en quels termes l'auteur de l'histoire du. peuple de Dieu peint les dispositions du saint patriarche, lorsque la voix du Seigneur se fit entendre à lui:

« Tout contribuait, dit-il, à justifier la résistance d'Abraham en de pareilles conjonctures : le sacrióce du sang humain , ordonné par un Dieu toujours offensé par de semblables barbaries; le meurtre du fils à exécuter par la main de son pére, et commandé par un maitre qui se déclare le pére de tous les. hommes; la mort de cet enfant méme, qui alors encore sans postérité, devait être cependant le chef et le. père d'im grand peuple. Hl. ne fallait qu'opposer le Seigneur à lni-même, ses inclinations à ses ordres, ses oracles anciens à ses nouveaux .commandements, pour se faire un mérite de lui désobéir, ou plutôt une conscience de ne pas traiter d'illusion des ordres si contraires.

* Abraham était trop accoutumé à la voix de Dien pour pouvoir la inéconnaitre; mais il était trop fidele pour n'y obéir pas après l'avoir reconnue... 11 se fait accompagner par son fils pour qui le terme du voyage doit être, malgré son jeune âge, un autel et un bücher : le chemin était long, et pendant trois jours que dura la marche , les réflesions que fit Abraham durent être bien améres; il ne se démentit pas un moment; son âme était pénétrée de la douleur la plus vive; mais il se commanda toujours assez pour ne pas laisser appercevoir la sensibilité de son cœur, »

Isaac, figure de Jésus- Christ.

Ce fat au pied et à la vue de la montagne de Moria qu'Abraham

mit sur som fils Isaac le bois qui devait consumer som holocauste, Toute la vie d'Isaac est comme une allégorie et une figure continuelle de la vie du Sauveur. Mais ici on remarque des traits si ressemblants et si sensibles entre les circonstances du sacrifice d'Isaac et celles de la mort de Jésus-Christ sur le Calvaire, qu'il est impossible de ne pas les voir l'un dans l'autre. Tsaae. chargé du bois avec lequel il devait être brûlé, et Jésus-Christ chargé de sa croix, mote tent l'un et l'antre sur la méme montagne, le premier pour être immolé par son propre père, et l'autre pour y souffrir la mort par la maim de ses ennemis, afin de satisfaire à la justice de son père. Isaac est délivré, et un bélier engagé dans des épines se trouve iminolé en sa place. Jésus-Christ souffre la mort pour nous donner la vie; il est l'agneau qu'on immole à la place d'Isaac,

D'un proverbe des Juifs.

C'est encore un proverbe usité parmi les Juifs, lorsqu'ils se trouvent dans quelque embarras, de dire : Dies y pourvoira sur la mon-

tagne.

Dieu bénit Abraham el toute sa race.

Lorsque Dieu dit à Abraham : « Toutes les nations de la terre seront bénies dans votre race » (Gen., ch. xxir, v. 36, 28), nous soutenons, aprés saint Paul (Galat., ch. rtt, v. 16), avec les Pères de l'Église, que race désigne un seul descendant d'Abraham , qui est Jésus-Christ, eomme dans la prédiction faite au serpent (Gen., ch. urr, v. 15): « La race de la femme l'écrasera la téte. »

Mais en quoi consiste cette bénédiction? S'il n'était question que de bienfaits temporels, et d'une protection particulière de Dieu à l'égard des descendants d'Abraham, en quel sens cette bénédiction pourrait-elle s'étendre à toutes les nations de la terre? La prospérité des Juifs ne pouvait influer en rien sur celle des autres peuples. 11 est donc évident que Dieu promet dans cet endroit el ailleurs , par les mêmes paroles, les grâces de salut ou les bénédietions spirituelles qu'il voulait répandre, par le Messie, sur tous les hommes qui eroiraient en lui, et qui deviendraient ainsi les enfants d'Abraham, en imitant sa foi. Saint Paul, qui les explique ainsi ( Galat., ch. rer et 1v), n'en à pas seulement donné le sens mystique et allégorique , comme certains critiques le prétendent, mais le sens littéral et naturel. Ainsi les Juifs, qui prennent ces promesses dans un sens grossier, et qui les restreignent à leur nation seule, sont dans l'erreur.

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