‹ Sainte Bible en latin et en françaisChapitre 275 sur 1035 · Jacob, refusant, dit: Je le sais, mon flls, je le · texte numérisé non relu

Jacob, refusant, dit: Je le sais, mon flls, je le

X 19. Hébr. :« Celui-ci sera aussi chef d'un peuple, et il sera grand. »

Ibid. Wébr. litt. : « Sa postérité sera la plénitude des nations, » La tribu d'Ephraim fut taujours une des plus nombreuses et des plus puissantes d'Israël. Les anciens Pères remarquent que la préférence du puiné à l'ainé figurait ici les. avantages des Chrétiens au-dessus des Juifs, Des deux enfants de Joseph, qui représente Jésus-Christ, la postérité de l'ainé ne formera qu'un peuple , qui représente le peuple juif, erit. in populum ; Wa postérité du second sera la plénitude des nations ; elle représentera la multitude des gentils appelés à la fois

dem erit in populos *, et multiplicabitur ; sed frater ejus minor, major erit illo, et semen illius crescet in gentes *.

20. Benedixitque eis in tempore illo, dicens : In te benedicetur Israël , atque dicetur : Faciat tibi Deus sicut Ephraim et sieut Manasse. Constituitque Ephraim ante Manassen.

21. Et ait ad Joseph filium suum : En ego morior, et erit Deus vobiscum, reducetque vos ad terram patrum vestrorum.

22. Do tibi partem unam extra fratres tuos, quam tuli de manu Amorrhæi in gladio et arcu meo.

semen ejus erit plenitudo. gentium, L'ainé n'a part aux. bénédictions qu'après le plus jeune; tout Israël ne sera sauvé qu'après que la

COMMENTAIRE

sais : celui-ci sera aussi chef d'un peuple et se multipliera; mais son jeune frère sera plus grand que lui, et sa postérité croitra parmi les nations.

20. Et en ce jour il les bénit, disant : Israël sera béni en vous, et l'on dira : Que Dieu vous bénisse comme Éphraim et Manassé. Et il mit Éphraim devant Manassé.

21. Et il dit à Joseph son fils : Voilà que je meurs, et Dieu sera avee vous, et vous fera retourner en la terre de vos pères.

92. Je te donnerai de plus qu'à tes fréres la part de mon héritage que j'ai conquise par mon glaive et par mon arc, de la main des Amorrhéens.

plénitude des nations sera entrée,

COMMENTAIRE

Adoption des enfants de Joseph par Jacob.

Les commentateurs prennent ordinairement ces paroles de Jacob à Joseph pour une prophétie , par laquelle Jacob apprend à son fils que, dans la suite des temps, lorsque les Israélites, devenus maitres de la terre de Chanaan, la partageront entre eux, les descendants d'Ephraim, et ceux de Manassé auront chacun une portion égale à celle qui sera donnée aux descendants de Ruben, aux descendants de Siméon, et aux descendants des autres fils de Jacob; et en effet, cela arriva, lors du partage de la terre de Chanaan, entre les tribus des Israélites.

On pourrait croire aussi que Jacob, par reconnaissance pour les obligations qu'il avait à Joseph, et nullement par prévoyance prophétique, lui accorda, en la personne de ses deux fils Ephraim et Manasse, une double part dans sa succession. Cette disposition de Jacob fut approuvée aprés sa mort sans difficulté par ses enfants. Fphraim et Manassé eurent chacun dans sa succession une portion égale à celle qu'eurent Ruben, Siméon et les autres fils de Jacob, et furent traités, en un mot, comme s'ils avaient été propres fils de ce patriarche; d'oü il arriva que, dans la suite, les Israélites, s'étant distingués en plusieurs corps ou tribus, suivant le nombre des ils de Jacob, qu'ils reconnaissaient pour leurs ancétres, il y eut la tribu d'Éphraim et la tribu de Manaisé, de même que la tribu de Ruben, la tribu de Siméon , etc.; ce qui fit que, lors du partage de la terre de Chanaan, lequel se fit par tribu, les descendants d'E-

phraim et ceux de Manassé eurent leur part, de méme que les descendants de Ruben, ceux de Siméon, ete,

Bénédiction des enfants de Joseph.

Et posuit Ephraim ad dexteram suam, id est sinistram Liraël ; Manassen verd in sinistra sua, Joseph arrangea ainsi ses deux fils ,

parce qu'il savait que Jacob allait leur donner sa bénédiction , en leur imposant les mains, suivant la coutume de ce temps-là; et en effet, on lit dans le verset suivant: Qui extendens manum dexteram posuit super caput. Ephraim, Or, Joseph voulait que l'ainé de ses deux fils recüt l'imposition de la main droite, et le cadet celle de la main gauche de Jacob, paree que, dès ce temps-là, on préférait la droite à la gauche. Mais la précaution de Joseph fut inutile; car, comme il parait par le verset 14, « Jacob, étendant sa main droite, la mit sur la tête d'Ephraim, et mit sa main gauche sur la tête de Manassé,» changeant ainsi la disposition naturelle de ses mains. Qui extendens manum dezteram , dit la Vulgate, posuit super caput Ephraim minoris fratris , sinistram autem super caput Manassé, qui major natu erat , commutans manus, Les Septante sont entièrement ici conformes à la Vulgate.

Les interprétes veulent tous que ce changement de mains de Jacob fût prophétique. Les anciens Pères de l'Église, plus attachés aux sens allégoriques, qu'ils croyaient trouver dans l’ancien Testament, qu'au sens littéral, ont cru que les mains de Jacob, disposées en forme de croix lorsqu'il bénit ses petits-fils, étaient une figure de la croix de Jésus-Christ. Les nouveaux commentateurs, moins allégoristes que les anciens Pères, ont cru que le changement de main de Jacob, et la préférence qu'il fait très-clairement au verset 19 de ce chapitre du puiné à l'ainé, marquait que, dans les temps à venir, /a tribu d'Éphraim serait beaucoup plus considérable que celle de Manassé , c qu'en effet l'événement justifia,

Invocation des anges.

« Que l'ange qui m'a délivré de tout mal bénisse ces enfants ; qu'ils portent mon nom et les noms de mes péres Abraham et Isaac, et qu'ils se multiplient à l'infini au milieu de la terre. »

Nous avons ici une preuve assurée de l'invocation des anges, et par conséquent de l'invocation des saints.

LA GENÈSE, CHAPITRE XLIX

Jacob refuse de placer sa main droite sur la téle de Manassé.

* Celui-ci sera aussi père d’un peuple; mais son frère, qui est plus jeune , sera plus grand que lui , et sa postérité sera la plénitude des nations. »

Ces paroles prouvent que Jacob les proférait dans un esprit prophétique, et confirment ce qui est dit à la fin de l'avant-dernière

* Mais son pére refusa de le faire, et lui dit: Je le sais bien, mon | note.

fils , je le sais &ien.»

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