Ligabisque eam vitta hyaeinthina, et erit super tiaram
38. Imminens fronti pontificis. Portabitque Aaron iniquitates eorum, quæ obtulerunt et sanctificaverunt filii Israél , in eunctis muneribus et donariis suis. Erit autem lamina semper in fronte ejus, ut placatus sit eis Dominus.
39. Stringesque tunicam bysso, et tiaram byssinam facies, et balteum opere plumarii.
X 25. Hébr, autr, : « Et vous insérerez ces deux chaines par leurs deux bouts dans les deux; boucles; et vous attacherez ces deux
chaines aux épaules de l'éphod, au-devant de l'éphod.
L'EXODE, CHAPITRE XXVII
24. Et les chaines d'or se joindront aux anneaux qui sont aux extrémités du rational.
25. Et tu feras entrer les extrémités de ces chaines dans les deux agrafes d'or qui sont des deux cótés de l'éphod qui regarde le rational.
26. Tu feras aussi deux anneaux d'or, que tu mettras aux deux cótés du bas du rational, sur les bords qui répondent à l'éphod par derrière.
27. Tu feras deux autres anneaux d'or que tu mettras au bas de l'éphod , des deux côtés qui regardent les anneaux qui servent à attacher le rational, afin que l'éphod et le rational soient unis.
28. Le rational sera attaché par ses anneaux aux anneaux de l'éphod avee une bande d'hyacinthe , afin que le rational et l'éphod soient unis l'un à l'autre.
29. Et Aaron portera les noms des enfants d'Israél dans le rational du jugement sur sa poitrine, lorsqu'il entrera dans le sanctuaire , afin que le rational soit un . monument éternel devant le Seigneur.
30. Tu graveras dans le rational du jugement ces mots : Doctrine et vérité. Aaron les portera sur sa poitrine lorsqu'il sera devant le Seigneur, et il portera toujours sur son cœur le jugement des enfants d'Israël en présence du Seigneur.
31. Tu feras aussi la tunique de l'éphod ; elle sera toute d'hyacinthe.
32. Tu feras en haut une ouverture au milieu pour passer la tête, et autour de cette ouverture un bord tissu comme on a coutume de le faire aux extrémités des vétements , de peur qu'ils ne se rompent.
33. Tu mettras en bas et autour de cette méme robe , comme des grenades faites d'hvacinthe, de pourpre, d'écarlate teinte deux fois, entremélées de sonnettes.
34. Ensorte qu'il y aura une sonnette d'or et une grenade, et une sonnette d'or et une autre grenade, et toujours ainsi.
35. Aaron se revétira de cette tunique dans les fonetions de son ministère , afin que l'on entende le bruit des sonnettes quand il entrera dans le sanctuaire en la présence du Seigneur , ou qu'il en sortira , et qu'il ne meure pas.
36. Tu feras aussi une lame de l'or le plus pur, sur laquelle tu feras graver ces mots : La sainteté est au Seigneur ;
37. Et tu l'attaeheras à la tiare avec une bandelette d'hyacinthe,
38. En avant, sur le front du souverain pontife. Et Aaron portera les iniquités que les enfants d'Israël commettront dans leurs offrandes et dans leurs sacrifices. Cette lame sera toujours sur son front , afin que le Seisneur leur pardonne.
39. Et tu feras aussi une tunique étroite de fin lin et une tiare aussi de fin lin, et la ceinture sera d'un ouvrage de broderie,
X 31. Hbr. : Pallium , lc manteau.
Y 3a. Hebr. litt, ; « Des cuirasses, » 11 y avait alors des cuirasses de lin.
COMMENTAIRE
40. Porró filiis Aaron funicas lineas parabis, et balteos ac tiaras in gloriam et decorem :
41. Vestiesque his omnibus Aaron fratrem tuum et filios ejus cum eo. Et eunctorum consecrabis manus , sanetificabisque illos, ut sacerdotio fungantur mihi.
42. Facies et fæœminalia linea, ut operiant earnem turpitudiuis sum , a renibus usque ad femora ;
43. Et utentur cis Aaron et filii ejusquando ingredientur tabernaculum testimonii , vel quando appropinquant ad altare , ut ministrent in sanctuario , ne iniquitatis rei moriantur. Legitimum sempiternum erit Aaron, et semini cjus post eum.
40. Tu feras des tuniques de lin, des ceintures et des liares aux fils d'Aaron pour la gloire et l'ornement de leur ministère.
4t. Et tu revétiras Aaron ton frère et ses fils de tous ces habits; tu leur consaereras les mains à tous, et tu les sanetifieras, afin qu'ils exereent le ministère de mon sacerdoce.
42. Tu leur feras des vêtements de lin, depuis les reins jusqu'aux cuisses, pour couvrir leur nudité.
43. Aaron et ses fils sen revétiront, lorsqu'ils entreront dans le tabernacle du témoignage, ou lorsqu'ils opproeheront de l'autel pour servir dans le sanctuaire, de peur que coupables d'iniquité, ils ne meurent. Cette ordonnance sera une loi perpétuelle pour Aaron et pour sa postérite aprés lui.
COMMENTAIRE
Habils poutificaux.
On trouve dans ce chapitre la description des habits pontificaux pour Aaron et ses fils, dans laquelle le texte sacré a employé des mots dont l'obscurité a mis les interprètes hors d'état de s'accorder entre eux sur cette matière, Ainsi, sans entrer dans le long détail de leurs conjectures, toujours tres-incertaines, je me coutenterai de toucher en passant ce qu'il n'est pas permis d'ignorer là-dessus, Tel était donc l'habillement du grand-prétre , suivant le teste sacré :
1° « Une tunique de fin lin, assez étroite et juste an corps. » C'est ainsi qu'on explique ordinairement e& que Moise en dit dans les versets 4 et 39 de ce chapitre. Josephe (dans sa. description
. des habits des prétres hébreux ( Ant,, lis. IHE, chap. vir), lequel chapitre on peut comparer avec ce chapitre xxvirr de l'Exode), ajoute que celle tunique descendait jusqu'aux talons, et doin Calmet, qu'on la mettait immédiatement sur la chair : cette tunique était ceinte avec une ecimture brodée , de laquelle il est parlé aux versets 4 el 39 de ce chapitre.
2" « Une autre tunique, » ou robe, de laquelle il est parlé aux versets 4, 36, 13, 34 et 35 de ce chapitre, où il est dit « qu'elle était de couleur d'hyacinthe ( c'est-à-dire , suivant dom Calmet, de laine couleur de bleu céleste ), sans cueun autre ornement ;
qu'elle était immédiatement entre la tunique dont nous venons de parler, et l'ephod , dont nous allons parler; qu'elle élait ornée par le bas, et lout autour, de grenades, dont la couleur était mêlée d'hyacinthe, de pourpre et de cramoisi, et de sonnettes d'or, entremélées également, » Joséphe ajoute que celle seconde tunique descendait jusqu'aux talons, aussi bien que la. premiere : quelques-uns la nommeut manteau, et non pss (unique.
3° L'éphod, nommé par la Vulgate quelquefois ephod, qui est le mot hébreu , et quelquefois super humerale; par Le Clerc , pallium à manteau. A est parlé de l'éphod dans les versets 6, 7 et suivants de cé chapitre, où il est dit «qu'il était compose. d'or, de plusieurs laines, de différentes couleurs et de fin lin; que, sur ses deux parties qui répondaient aux deux épaules du grand-prétre, il avait deux pierres précieuses , sur lesquelles étaient gravés les noms des douze fils de Jacob, savoir, six noms sur l'une, et six noms sur l'autre, suivant l'ordre de leur naissance, » Au reste, comme Moise n'a point marqué quelle était la forme de l'ep/od , les interprètes sont très-
partagés sur ce point; plusieurs, d'après l'autorité de Josèphe, croient que l'éphod était une espéce de manteau qui se mettait pardessus les deux xétements dont nous avons parlé ci-dessus , et qu'ils supposent aussi avec Joseph avoir été deux tuniques qui descendaient jusqu'aux talons. Dom Calmet observe qu'il paraît par plusieurs endroits de l'Écriture que l'éphod était commun à tous les prètres ; il pouvait ajouter que les lévites et mème les laïques s'en revétaient , comme nous l'apprennent le verset 18 du chapitre 1: du premier livre des Rois, et le verset 4 du chapitre vr du second livre des Rois, Cependant Moïse ne parle que de celui du grand-prétre. Ce pere ajoute que l'ephod du grand-prétre différait des éphods des simples prétres, en ce que ceux-ci n'étaient que de liu seulement,
4? Le rational, nommé ordinairement par la Vulgate rationale , et par Le Clerc pectorafe, 1l est parlé de ect ornement fameux dans les versets 15, 16 et suivants de ce chapitre, par lesquels il paraît que c'était une pièce carrée de même étoffe que l'éphod, large et longue d'une demi-coudée, » c'est-à-dire de dix pouces, suivant dom Calmet, « dans laquelle étaient enchássées douze pierres précieuses en quatre rangs, sur. chacune desquelles était écrit le nom d'un des douze fils de Jacob, selon l'urdre de leur naissance ; que cet ornement se placait sur la poitrine du grand-prétre, par-dessus l'épliod, auquel il restait toujours attaché par quatre chaines d'or, ensorte que Féphod et le rational n'étaient jamais séparés l'un de l'autre. » Cet ornement est ordinairement nommé dans l'Écriture rarioncl , ou pectoral de jugement, soit, comme le conjecture dom Calinet , parce que Dieu éclairait l'esprit et Ia raison du grand-prétre , à l'oecasion dn rafional, soit parce que le grand-prétre le portait comme une marque de sa qualité de juge, et ne prononcait point de juzement dans des matières importantes sans l'avoir sur lui.
5° Un bonnet, ou couverture de téte de fn lin, sur la forme duquel il est assez inutile de s'épuiser en conjectures , puisque Moise n'en a rien dit (voyez toutefois Joscphe, Ant., liv. 111, chap. vi:). Au reste, dom Calinet observe que les prétres des Hébreux étaient toujours couverts dans l'exercice de leurs fonctions : car, ajoute-t-il, parmi les Orientaux , paraitre la tête découverte était nne marque d'irrévérence , comme c'en est une du contraire parmi nous.
6° Une lame d'or attachée avec un ruban de couleur d'hyacinthe sur son bonnet, à l'endroit du front, et sur laquelle étaient gravés ces mots : Sanctum Domino , Vulgate; Sanctitas Jehove , Le Clerc; Sanctificatio Domini , suivant les Septante (3 36, 37 et 38 de ce
chapitre). Le Clerc croit que les mots écrits sur la lame d'or en question etaient univoques à ceux-ci: Sacer Deo Israelis , quibus verbis significabatur, ajoutetil, Pontifez maa imus pre curteris om nibus sacerdotibus Deo esse conservati.
7* x Une espece de calecon de lin, qui tenait depuis les reins jusqu'aux cuisses pour couvrir La nudite ( Y 4v et 43 de ce chapitre).
Pour l'habillement des simples prêtres, Moise n'ordonne dans ce chapitre « qu'un calecon de lin semblable à celui du grand-prètre, avec une tunique de lin, une ceinture ef un bonnet, » sans autre explication CY 40,41, 42 et 43).
Joséphe (Ant, liv, HT, ch. vis) donne une description des babits des prêtres des Hébreux, dans laquelle il ajoute quelque chase à la description des méines habits qui se lit dans l'Exode ; sur quoi il est à propos d'observer que ces additions de Josepbe, quoiqu'elles paraissent devoir ètre d'un grand poids, puisque, en qualité de prétre, il devait être bien instriit des rites el. céréemonies de $a religion, ne sont pas néanmoins d'une autorité irréfragable pour statuer sur les points omis par More; car enfin. Tosephe , dans ce qu'il dit touchant les lois soit politiques , soit cérémoniales des Hébreux, au delà de ce qui se Tit dans les livres saints, à suivi les traditions reencs et autorisées de son temps, lesquelles pouvaient fort bien étre. treséloignées de Linstithion primitive de Moïse, C'était apparemment dans ces mêmes traditions qu'il avait pris l'explication mystique qu'il donne des habits du grand-prétre et du tabernacle (fiv. HI de ses Autiq., chap. vit), laquelle parait assez puerile,
Du rational.
Il se nommait ainsi, parce que le grand-prètre regardant ces denx paroles , doctrine et vérité, qui étaient sur ce vétement, se remettait devant les veux la véri'é, In sagesse, la justice et la gravité qui desait éclater dans toute sa conduite, et avec laquelle il devait éclairer, édifier et goaverner tout le peuple.
Ce qu'on doit entendre par urim ef thummim.
Ou ne trouve rien dans la Bible qui explique ce que c'etait. que l'objet matériel appelé urim et thummim; ces deux termes donnent hien de l'exercice aux commentateurs,
Diodore rapporte que le chef des juges des Égrptiens portait au vou uue chaine d'or à laquelle. était suspendue une image formée par l'arrangement de pierres précieuses, et que l'on appelait /a mérité,
M. Larcher dit à ce sujet dans ses notes sur Hérodote :
« On est frappe de ces traits de ressemblance avec ce qui se pratiquait chez les Juifs : 1° le grand-prétre rendait chez eux la justice avant l'établissement des rois, à moins qu'il n'y eût un juge spécialement nommé; 2° L'urím et thammim de ce grand-prètre resse nblait beaucoup à l'image que portait sur la poitrine le premier juge en Égypte; l'un et l'autre étaient attachés avec des chaînes d'or et composés de pierres précieuses, On n'a point, il est vrai, de description exacte du tummim des Juifs: et l'on doit d'autant moins s'arréter à celles qu'en ont faites les rabbins, qu'ils se plaisent surtout à rapporter des fables, et que, dans le temps qu'ils écrivaient, le thummim n'existait plus,
Indépendamment de ces deux rapports qu'avaient entre eux l'image que portait le premier juge et le hummim du grand-pr étre, j'en vois encore un autre: c'est que le thummim est rendu par les Septante par un mot qui signifie vérité, et qui est le méme dont se servent Diodore et Élien, »
Le savant Huet pense que les Égyptiens avaient pris dans les in-
COMMENTAIRE
stitutions de Moise ce signe de la dignité de leurs juges, et appuie cette assertion sur cette idée que Morse est le méme personnage que Mereure, de qui Élien reconnait que le président du collège égyptien des juges tenait cet ornement.
( Démonstr, cvangel,, s". proposition.) Plusieurs soutiennent que les deux mots hebreux urim et thummim nc
vibent rien autre chose que des pierres méme da rational , qui, suivant Jaséphe, le principal auteur de cette opinion ( Ant. , liv. IL, chap, viri), découvraient au. graad-prétre l'avenir et les choux rachées par leur éclat extérieur, Lorsque les Israchites, par exemple, desaient remporter une victoire, dit cet historien, ils en étaient avertis par les douze pierres du rational , qui alors jetait une lumière trés-vive et trés-éclatante, La version des Septan'e et celle de la Vulgate semblent appuyer cette opinion que quelques-uns ont extrèmement simplifiée en disant que Morse n'a entendu rien antre chose par les mots urim et fhummim , sinon que les pierres du rational devaient être des plus éclatantes et des plus parfaites, et trésartistement arrangées, Quoi qu'il en soit, Moise semble favoriser l'opinion qui ne distingue point wrim el thummim des pierres méme du rational ; car il n'en donne point de description particulière, et on ne trouve nulle part. dans l'Écriture ni leur. matière , ni leur figure, ce qui ne serait point arrivé sans doute si l'urim. et thiummim eussent été quelque chose de différent des diverses parties du ratioual, décrites avec tant de soin dans ce chapitre,
Saint Augustin traite de fable ce prétendu éclat de pierres précienses, qui déconvrait la volonté de Dien,
Toutes ces opinions différentes n'étant fondées que sur de pures conjeetures, ne peuvent guère nons instruire sur la forme veritable de l'urim et thummim, sur laquelle tous les écrivains sacrés ont gardé un profond silence,
Quelques rabbins, par des conjectures téméraires, ont ern qu'urim et. thummim étaient deux petites statues cachées dans la capacité du pect;ral; d'autres , le nom ineffable de Dien gravé d'une manière mystérieuse, Sans vouloir découvrir ce qui ne nous a pas été expliqué, on doit entendre par urim et fhummim l'inspiration divine attachée au pectoral consacré.
Des calecons que portaient les prétres.
C'étaient des espèces de calecons qui ressemblaient plutôt à une jupe de femme, et qui ne descendaient pas tont à fait jusqu'aux genoux, En effet, on voit au chapitre xx de l'Exode,, verset 36, que Dieu défend de faire des autels avec. des degrés, de peur qu'en y montant les prétres ne déconvreut leur nudité, ce qui n'aurait pu arriver si leurs caleçons ressemblaient à nos culottes.
Que figuraient les habits des prêtres ?
Tout l'éclat de ces habits, quelque grand qu'il fût, n'était rien lorsqu'on jetait les yeux sur ce que cette. magnilicence figurait, L'or y brillait pour montrer, dit saint Grégoire, que Dieu demande principalement la sagesse dans ceux qui approchent de «on autel, et une sagesse de Dieu qui rende leur vie plus agréable à ses yeux que leurs vétements sacendolaux ne le sont aux veux des hommes, Ces sonnettes marquaient aux prétres que toute leur vie doit parler, et que tous leurs pas doivent porter les hommes à penser à Dieu. Ces sonnettes ne faisaient point de bruit lorsque le grand-prètre ne marchait pas, et les pasteurs n'édifient. point leurs peuples lorsqu'ils ne s'avancent point dans la piété, Ce pectoral , où était écrit doctrine et vérité, marquait de quoi le cœur du prêtre doit s'orcnper, en rejetant toutes les pensées vaines et toutes les affaires de la terre. Ces
L'EXODE, CHAPITRE XXIX
donze noms gravés sur ces douze pierres faisaient voir qu'il devait avoir toujours dans l'esprit les anciens Pères qui l'ont précédé; eur, selon le méme pape, le prétre ne peut être irréprébensible daus sa
vie que lorsqu'il marche sur les traces des saints, et qu'il a toujours l'exemple de leur vie devant les veux pour la suivre lui-même et pour la faire suivre aux autres.