Dividentque membra , eaput, et omnía quæ adhe
12. Ils en couperont les membres , la téte, et tout ce qui tient au foie, et les placeront sur le bois destiné au feu de l'autel.
13. Ils laveront dans l'eau les intestins et les pieds de la vietime; et le prétre brülera toutes ces offrandes sur l'autel, comme un holocauste et une odeur tres-agréable au Seigneur.
14. Si le prétre offre au Seigneur un holocauste d'oiseaux, c'est-à-dire de tourterelles, ou des petits de la colombe ,
15. Le prétre offrira la victime sur l'autel ; lui tournant la téte em arrière sur le cou, et, lui faisant une blessure, il en répandra le sang sur le bord de l'autel ;
16. Et il enlevera le gosier et les plumes, qu'il placera prés de l'autel, du côté de l'orient , au lieu ou l'on a eoutume de jeter les cendres.
17. Hl rompra les ailes et il ne les coupera pus avec le fer, et il les brülera sur l'autel, au-dessus du bois qui entretient le feu: c'est {à un holocauste et une oblation d'une odeur tres-agréable au Seigneur.
lombe, »
COMMENTAIRE
Apperçu sur ce livre.
C'est le troisieme des cinq livres de Moïse. Il est ainsi appelé, parce qu'il traite principalement des cérémonies du culte divin, qui devaient être faites par les cites ; c'est comme le rituel de la religion Juive,
On demande, et cette question a été faite par plusieurs inerédules, comment et pourquoi Dieu avait commandé avec tant de soin, et dans un aussi grand détail, des cérémonies minutieuses, indifférentes à son culte, et qui paraissent superstilieuses ?
Un peuple tel que les Juifs, qui u'était pas encore policé, qui avait eu en Égypte de tres-mauvais exemples, qui allait être ensi- Tonne d'idolàtres, ne pouvait être contenu et civilisé que par les motifs de religion. H fallait done que tout leur füt preserit ou. défendu dans le plus grand détail, afin de leur ôter la liberté de mler dans leur culte et dans leurs maurs les usages absurdes et pernicieux de leurs voisins, Cette nécessité n'a été que trop prouvée par le penchant invincible que ce peuple à montré à suisre l'exemple des nations idolátres, Il n'est donc aucume dos lois portées dans le Lévitique qui n'ait eu une utilité relative aux circonstances et au caractère national des Juifs.
« Dans les lois que Dieu donne à l'Église, dit le P. Touron, par le ministère de Mose , la religion est toujours le principal bul ; tout le reste n'est regardé que comme accessoire; tout s'y rapporte à Dicu : c'est dans son culte et dans son service qu'on fait consister la félicité du peuple, le bonheur de la république et toute la force de l'état.
Le Seigneur s'étant déclaré le Dieu, le roi, le protecteur et le père du peuple choisi , c'est lui qui décide de la paix ou de la guerre, et qui combat pour Israël ; c'est lui qui fixe les campements dans le désert et qui donne le sigual pour le départ; c'est lui qui s'engage de conduire toujours les guerres des Hébreux, de les établir dans
le pays des Amorrhéens, de les y maintenir tant qu'ils seront fideles , et de les faire trinmpher des nations ennemies.
Dens cette. république que Dieu méme établit chez son peuple, el que Josephe appelle avec raison une £Acocratie où un gouvernement divin , le Seigneur demande de ses sujets tous les premiers-nés des hommes et des animaux : les Israëlites devaient les lui offrir en reconnaissance de ce que, pour leur procurer la liberté, il avait fait mourir dans une nuit Lous les premiers-nés des Égyptiens. Il demande aussi les prémices et Les dimes des fruits et des grains de la campague ; et il veut que toute la nation, en offrant avec joie aux prêtres et aux lévites ces sortes de tributs , les accompagne d'actions de grâces et de souhaits heureux , comme si elle recevait elle-même ce qu'elle donne aux ministres de son Dieu. Enfin le Seigneur demande des Israclites , comme les prémices de leur temps , le temps de la célébration des fétes qu'il leur ordonne de solenniser en son honneur, Trois fois l'année, tous les enfants de Jacob doivent se présenter devant lui, dans le lieu qu'il aura choisi, pour y porter leurs hommages, leurs présents et leurs sacrifices.
» Pour douner une haute idée de son infinie pureté et du respect avec lequel il faut approcher des choses saintes, Dieu oblige les Hébreux à divers genres de purilications ; il veut qu'ils expient par des prieres et. des victimes les souillures méme involontaires ; il y avait peine de mort contre quiconque aurait violé le lieu saint par quelque impureté légale. En frappant ainsi leur imagination d'un appareil extérieur, mais auguste et terrible, le dessein de Dieu était d'élever insensiblement son peuple à une sainteté intérieure et plus parfaite, et c'est par là. qu'il faut juger d'une multitude d'observances qui pourraient paraître peu considérables en elles-mêmes, mais qui dans les vues du souverain législateur n'en étaient pas moins dignes de sa sagesse.
* Les fautes contre la loi ne pouvaient être expiées que par le sang des victimes. Les coupables, en répandant devant le Seigneur le sang des animaux qu'ils substituaient à leur place , reconnaissaient
LÉVITIQUE, CHAPITRE II. 355
qu'ils tenaient la vie de Ia bonté de Dieu, et que, par leurs offenses , ils méritaient de la perdre comme ils la faisaient perdre à ces animaux. Dans ces sacrifires pour le péché, eelui qui présentait la victime ne mangeait point de sa chair, eomme se reconnaissant indigne de participer à la table du Seigneur : il n'en était pas de méme dans les sacrifices d'actions de gráees et les hosties paciliques. Dans les uns et dans les autres, une partie de la victime était pour le prétre; le seul holocauste était entièrement consumé par le feu à l'honneur de l'Étre suprême.
* Les lois de Moise touchant les mariages , l'éducation des enfants, le commerce de la vie, les devoirs réciproques des parents envers leurs enfants, et de ceux-ci à l'égard du pere et de la mère; des maris envers leurs femmes, des maîtres envers leurs serviteurs, ou des particuliers envers Ie prince , le pontife, les prétres , les magistrats ; les lois qui regardent l'homicide volontaire ou involontaire, le larein, le prét, les dépôts, les maléfices, l'idolàtrie et plusieurs autres espèces de
crime : toutes ees lois, et plusieurs autres que nous ne nommons pas, sont pleines de sagesse et marquent toute la sainteté de leur auteur,
* Mais peu content d'avoir donné des lois et des préceptes tréssages , Moise se proposa d'exercer les Hébreux dans la pratique de ces lois et de tous ces préceptes: s'il eut un grand soin de les instruire, il n'en eut pas moins de les former ; et ce qui devait étre l'objet principal de l'étude de leurs descendants dans toutes les races fulures, il le fit observer dans tous les points à ceux dont il avait pris Ia conduite, Que ne dit-il pas pour les piquer d'une noble émulation, et pour leur faire bien entendre que l'éclat et le bonheur d'un grand peuple dépendaient de l'exacte connaissance et de là pratique constante de ces lois, que Dieu lui-même avait bien voulu dicter, pour régler leur religion en formant leur république? C'est à cela principalement que furent employés et le ministère de Moise et tout le loisir de son peuple , pendant le long séjour qu'ils firent.dans le desert de Sinai. »