Si ceciderit super sementem, non polluet eam
38. Si autem quispiam aqua sementem perfuderit, et posted morticinis tacta fuerit, illico polluetur.
39. Si mortuum fuerit animal, quod licet vobis comedere ; qui cadaver ejus tetigerit, immundus erit usque ad vesperum :
40. Et qui comederit ex eo quippiam, sive portaverit , lavabit vestimenta sua, et immundus erit usque ad vesperum.
41. Omne quod reptat super terram, abominabile erit , nec assumetur in cibum.
42. Quidquid super peetus quadrupes graditur, et multos habet pedes, sive per humum trahitur , non comedetis, quia abominabile est.
43. Nolite contaminare animas vestras" : nec tangatis quidquam eorum , ne immundi sitis.
44. Ego enim sum Dominus Deus vester : sancti estote, quia ego sanctus sum. Ne polluatis animas vestras in omni reptili quod movetur super terram.
45. Ego enim sum Dominus *, qui eduxi vos de terra JEgypti , ut essem vobis in Deum. Sancti eritis , quia ego sanctus sum.
46. Ista est lex animantium ac volucrum, et omnis anim viventis, qui movetur in aqua et reptat in terra,
47. Ut differentias noveritis mundi et immundi, et sciatis quid comedere et quid respuere debeatis.
X 36. Hébr.: « Les sources et les citernes où il y a de l'eau. » Le samaritain dit : « Les sources d'eau. »
X 43. Hébr. litt. : « Ne rendez pas vos âmes abominables en
COMMENTAIRE
quoi que ce soit, sur des fourneaux ou des vases de terre avec leur couvercle, ils seront brisés , parce qu'ils seront impurs ;
36. Mais les fontaines , les puits et tous les réservoirs d'eau seront purs. Celui qui touchera les cadavres de ces animaux sera impur.
37. Sil en tombe quelque partie sur la semence, elle ne sera point souillée.
38. Mais si l'on répand de l'eau sur la semence, et qu'après cela il tombe sur cette semence quelque partie d'un eadavre, vous la regarderez comme souillée.
39. Si un animal de ceux dont ils vous est permis de manger meurt de lui-méme , eelui qui touchera son corps sera impur jusqu'au soir.
40. Celui qui en mangera quelque chose lavera ses vêtements , et sera impur jusqu'au soir ; celui qui portera le corps mort lavera de méme ses vétements, et sera impur jusqu'au soir.
41. Tout ce qui rampe sur la terre sera abominable, et l'on n'en mangera point.
42. Vous ne mangerez aucun des reptiles qui se trafnent sur la terre, soit qu'il rampe sur la poitrine, soit qu'il marche sur quatre pieds ou qu'il en ait davantage, parce que ces animaux sont abominables.
43. Prenez garde à ne pas souiller vos âmes, et à ne toucher aucun de ces animaux , de peur que vous nesoyez impurs.
44. Car je suis le Seigueur votre Dieu : soyez saints, parce que je suis saint; ne souillez point vos âmes par aucun des reptiles qui rampent sur la terre,
45. Car je suis le Seigneur qui vous ai tirés du pays de l'Égypte pour étre votre Dieu ; vous serez saints, parce que je suis saint.
46. Telle est la loi pour les animaux domestiques, pour les oiseaux, pour tout animal vivant qui se remue dans l'eau, et pour tout animal qui rampe sur la terre.
47. Afin que vous discerniez ce qui est pur ou impur, et ce que vous devez manger ou rejeter.
touchant à quelqu'un de ces reptiles. »
X 45. Le samaritain ajoute : « Votre Dieu. »
COMMENTAIRE
Des animauz purs et impurs.
* La distinction des animaux purs où impurs, dit Dergier, est aussi ancienne que le monde , puisqu'elle se trouve déjà observée par Noé dans le choix qu'il fit des animaux qui devaient entrer dans l'arche (Gen., chap. vis, Y 2). Dans les climats plus chauds que le nótre, l'usage trop fréquent ou excessif dela chair des animaux cause infailliblement des maladies, et il en est plusieurs dont il faut s'abstenir entierement, Comme les hommes ont offert de (out temps
à Dieu les aliments dont ils sc nourrissaient, ils ont juge qu'il ne convenait pas d'offrir à la Divinité des chairs dont ils ne pouvaient pas se nourrir, et pour lesquelles ils avaient de l'aversion. Les animaux exclus des offrandes et des sacrifices ont donc été regardés comme impurs, comme indignes d'être offerts à Dieu. Cependant Moise, nou-seulement s'est réglé sur cette connaissance pour désigner les victimes dont les Juifs pouvaient faire usage, et dont ils pouvaient manger la chair, mais il a été inspiré de Dieu pour leur intimer ce précepte. Il n'y avait en cela ni superstition, ni allusion à aucune fable, Si dans la suite les nations idolátres ont imaginé de fausses raisons de cette distinction , cela ne déroge en aucune ma-
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niére à la sagesse du législateur des Juifs. On sait avec quelle exactitude les. prétres égyptiens avaient réglé le régime diététique qui devait étre observé par le peuple, quels inconvénients résultent de la malpropreté, de la paresse, de la voracité des Égyptiens mahométans,
La plupart des animaux que Moise avait ordonné d'immoler en sacrifice étaient honores d'un culte superstitieux par les Égyptiens. C'est pour cela que, quand Pharaon dit à Moise: « Offrez, si vous voulez, des sacrifices à votre Dieu dans ce pays-ci, Moïse lui répondit : Cela ne se peut pas; nos sacrifices seraient une abomination aux yeux des Égyptiens ; ils nous lapideraient s'ils nous voyaient immoler les animaux qu'ils adorent. » ( Exode, chap. vitt, X. 35).
Lorsque l'Évangile s'est établi, la distinction des animaux purs et impurs est devenue trés-iuntile; les sacrifices sanglants ont été abolis par Jésus-Christ, et les nations étaient assez policées pour n'avoir plus besoin qu'en leur défendit par religion les nourritures malsaines. Comme le Christianisme est destiné à tous les peuples et à tous les climats, les institutions locales ne doivent point v avoir lieu. Lorsque l'Église défend de manger de la viande, ce n'est pas par régime de santé, mais par mortification. »
VERSET 6, Du lièvre et autres animaux.
« On sait aujourd'hui, dit le chevalier Bail, que le lièvre n'a point le double estomac des ruminants; mais on prenait apparemment le mouvement de ses lèvres pour l'action de ruminer ; cet animal est rare en Orient, sa chair y est de mauxaise qualité; il était tout simple de le mettre au rang des impurs, et Mahomet interdit l'usage de cette viande aussi bien que Moïse, »
« Aristote, dit Bullet, a observé que l'on trouve du caillé dans l'estomac du lièvre, comme on en trouve dans l'estomac des animaux qui ruminent; d'où il est naturel de conclure que le livre rumine aussi.
« Le fameux Schenzer, aprés avoir fait une étude particulière de tout ce qui appartient à la physique et à l'histoire naturelle dans l'Écriture-Sainte, nous a donné le recueil de ses longues et savantes observations sons ce titre : Physique sacrée, où Histoire naturelle de la Bible, en 4 volumes in-folio. Ce savant nous assure , dans cet ouvrage, « que le lièvre rumine aussi bien que le lapin, et que le ventricule de ces deux animaux est plotót double que simple.
= N'est-ce pas bien inutilement, dit-on, que Moise défend de manger certains animaux pour lesquels la nature nous donne de la répugnance , tels que le serpent, le lézard, le ver, le rat? etc.
« Réponse, — Cette répugnance ne s'est pas fait sentir à tous les peuples, ou du moins tous n'en ont pas été arrétés,
« Les Romains mangeaient des lézards. Apicius, dans son traité sur la manière d'aiguiser l'appétit, de gue. irritamentis, décrit les différentes façons de les apprétcr. Les Africains se nourrissaient de lézards verts; les Syriens mangeaient des crocodiles.
« Saint Jérôme atteste qu'en. divers endroits on mangeait des vers. Dans la Phrygie, dit-il, et dans le Pont, un pere de famille estime d'un grand revenu cerlains vers blancs et gras, qui ont la iéte noirâtre et qui naissent dans la vermoulure du bois; c'est un régal pour eux : {n Ponto et Phrygia, vermes albos et obeses , qui nigello capile sunt et nascuntur in lignorum carie, pro magnis reditibus pater familias exigit. Et quomodo apud nos attagen et ficedula, mulus et scarus, in deliciis computantur, ita apud illos zulophagon comedisse luzuria est.
Oléarius , dans son voyage de Perse, page 1073 , parle de peuples qui mangent des rats. « Nous vimes aussi dans ces quartiers-là, et surtout aux environs de Terki, une espèce singulière de mulots ou rats de campagne, qu'ils appellent jeróuah en arabe. Ils sont à peu près de la grandeur et de la couleur d'un écureuil, et ils ressem-
blent à cet animal, qui est si commun en Europe ; ils ont Je poil uu peu plus brun, la tête toute semblable à celle de la souris, les oreilles longues, les jambes de devant courtes et celles de derrière longues , ce qui fait qu'ils ne peuvent courir qu'en montant, et que, dans la plaine, ils ne font presque que se trainer en marchant , si ce n'est quand ils sautent; car alors ils s'élancent cinq ou six pieds haut de terre, portant la queue couchée sur le dos, la queue étant longue et pelée comme celle des rats, mais non pas si grosse, et avant au bout un petit bouquet de poil blanc; ils ressemblent assez bien aux lions rampants que l'on voit dans les armoiries, ce qui était assez divertissant, particuliérement quand on en voyait plusieurs à la fois s'élancer en l'air. On dit qu'il se trouve quantité de ces animaux aux environs de Babylone et en Arabie, où les habitants les mangent. »
« On trouve à l'Ile-de-France, dans le tronc des arbres, un gros ver avec des pattes, qui ronge le bois; on l'appelle moutore, Les noirs, et méme les blancs, en mangent avec plaisir. Pline observe qu'on le servait à Rome sur les meilleures tables, et qu'on en engraissait expres de fleur de farine, On faisait grand cas de celui du bois de chéne, on l'appelait cossus. »
* On mange dans les Antilles des vers de palmistes. ( Foyages du P. Labat, tome I, paget434. )
« Plusieurs personnes dans ce royaume mangent des serpents, quoique presque toute la nation ait horreur de'cet aliment. »
Cause de l'aversion des Juifs pour le pourceau.
Entre les animaux que la loi déclare impurs, il n'y en a point que les Juifs aient eu, et aient encore autant en horreur, que le pourceau. Leurs pères aimérent mieux souffrir les tourments les plus horribles, que de manger de sa chair, quand Antiochus Épiphane voulut les y contraindre.
Cunœus et plusieurs savants ont attribué cette aversion à des raises physiques, à ce que la chair de pore produit la gale et toutes les maladies qui naissent d'un sang âcre et trop salé; d'autres croient plutôt que ce sont les souillures impures que le législateur a voulu défendre, en mettant le pourceuu dans la classe des hétes immondes.
» Rien n'égale l'aversion religieuse, dit M. de Pastoret, que lui portent les Israclites ; elle est héréditaire, Ils se font un scrupule d'en apprendre le nom aux enfants et de le prononcer : y sont-ils obligés, ils emploient une périphrase qui exprime vaguement un objet impie et funeste, En effet, les habitants de la Judée étant sujets, comme ceux de l'Égypte et de la Syrie, aux darires, aux ulcéres, à tous les maux pestilentiels que Moise a désignés par le nom général de lepre, il était d'un sage législateur d'interdire l'usage d'un animal dontla chair n'est pas moins indigeste que son extérieur est immonde. Tacite dit que les Juifs s'en abstenaient, parce que cet animal est sujet à une maladie honteuse , maladie dont ils avaient té souillés eux-mémes , et qui les avait fait chasser d'Égypte. »
Le poisson favorise les maladies cutanées.
« On a observé, dit le professeur d'hygiène Tourtelle, que les ichtyophages étaient tres-sujets à la lépre et aux autres maladies cutanées ; de sorte que l'on doit bannir l'usage du poisson en général toutes les fois qu'il y a disposition à ces maladies, Les Ézp- " tiens, ayant remarqué que dans les pays surchargés de vapeurs humides, comme la Basse-Égypte, il favorisait l'éléphantiasis, le regardaieut avec horreur,
Moise érige la propreté en vertu.
» Dans les climats plus chauds que le nôtre, dit Bergier, la propreté est beaucoup plus nécessaire, parce que la fermentation des humeurs et de tous les corps infects est plus à craindre; c'est sur cette expérience qu'était fondée la sévérité du régime diététique des Égyptiens, dont une parte est encore observée dans les Indes. Depuis que ces précautions on! été négligées par les mahométans, l'Égypte et l'Asie sont deveñues le foyer de la peste. Le danger élait le méme, non-seulement dans le désert où étaient les Israclites , mais encore dans la Palestine; la lèpre, qui en fut rapportée par les Croisés, ne le prouve que trop; Moïse n'avait donc pas tort d'y veiller de tres près.
Il fallait faire de la propreté un point de religion, parce qu'un peuple qui n'est pas encore policé n'est pas capable d'agir par un autre motif. La conduite de Moise est justifiée par le sucres, puisque, selon l'aseu des auteurs profanes, les Juifs en général étaient sains, robustes, capables de supporter le travail : Corpora hominum salubria et ferentia laborum (Tacite).
* Nous convenons que, dans la suite, les Juifs, pervertis par la fréquentation de leurs voisins, attacherent trop d'importance aux práatiques extérieures de leur loi, et en firent plus de cas que des vertus intérieures; les prophètes le leur ont souvent reproché; mais il ne s'ensuit rien contre la sagesse du législateur. Nous avouons encore que les Grecs et les Romains, qui n'avaient pas besoin des mémes précautions dans leur pays, jugérent que tous les usages des Juifs étaient superstitieux et absurdes; mais leur ignorance formet-elle un prejugé contre l'expérience de Moise? Nous ne sommes pas encore parfaitement guéris de cette prévention; souvent l'on a blàmé les coutumes des nations étrangéres, parce que l'on n'en connaissait ni les motifs, ni l'utilité, »
Distinction de la sainteté de Dieu et de celle’ de l'homme.
« La sainteté, dit Bergier, ne peut convenir à Dieu et à l'homme
LÉVITIQUE, CHAPITRE XII
dans le méme sens. La saiateté de Dieu est l'aversion qu'il a pour le erime et pour tout ce qui peut blesser la pureté de son culte, et la sévérité avee laquelle il le pumit.; la saimíete de l'homme est son esactitude à éviter tout ce que Dieu défend et à faire ce qu'il commande; sans cela il n'est pas véritablement dévoué au culte de Dieu. Ainsi, lorsqu'en parlant d'une loi morale, Dieu dit : « Soyez saints, parce que je suis saint, » cela signifie: évitez tel crime et pratiquez telle vertu, parce que j'approuve et je récompense cette. conduite. Lorsqu'il est question d'une loi purement cérémonielle qui regarde la décence du culte, la propreté et la santé des particuliers, ces mémes paroles signifient : faites telle cérémonie, évitez telle indécenee on telle négligence, parce que cela me plait ainsi, et qu'autrement vous serez punis. Il ne s'ensuil pas de là que Dieu approuve autant les cérémonies que les vertus, et qu'il punit les indécenres aussi rigoureusement que les crimes. »
VEBSET 46.
Soins de Moise pour la santé des Hébreux.
Un des traits qui distinguent le plus Moise comme législateur, un des plus imités par ceux qui, apres lui, donnérent des lois à l'Orient du monde, c'est une attention constante pour la santé des citoyens. L'usage du pore, du lievre, ete., des poissons sans écailles dont la chair est grasse et huileuse, de toutes les viandes pesantes , celui des graisses de bœuf, de chèvre, d'agneau, fut interdit, et l'interdiction était infiniment sage dans un pays où la chaleur excessive, détendant les fibres de l'estomac, rendait la digestion plus difficile et plus lente. On prohibe encore de manger du sang, et jamais on ne sert d'un animal aux Hébreux dont on ne l'ait fait ecouler avec le dernier scrupule ; aussi les bouchers juifs sont-ils soumis à des études suivies et particulieres : il y a sur leur profession plusieurs livres qu'il leur est essentiel de connaitre, et ordonné d'étudier et de relire. On craint que la. faute La plus légère de leur part ne rende un Israélite coupable en lui faisant contracter par sa nourriture une impureté religieuse.
SERA: —À ——— MR LLL EDERI———mécce qq ag mpm es