Tu ne feras point ce qui est inique, et ne juge
X 13. Hébr. autr, : « Vous n'opprimerez point voire prochain, et vous ne le pillerez point. »
X 15. On lit dans l'hébreu, facietis, au lieu de facies, qu'on trouve dans le samaritain.
LÉVITIQUE, CHAPITRE XIX. 395
ras point injustement ; tu ne considèreras point la personne du pauvre, et tu n'honoreras point la face du puissant : tu jugeras justement ton prochain.
16. Tu ne seras point accusateur ni détracteur parmi le peuple; tu ne te léveras point contre la vie de ton prochain. Je suis le Seigneur.
17. Tu ne haïras point ton frère en ton cœur; mais reprends-le publiquement, afin que tu n'aies pas péché contre lui.
18. Tu ne chercheras point la vengeance, et ne te souviendras point de l'injure de tes concitoyens; tu aimeras ton ami comme toi-même. Je suis le Seigneur.
19. Garde mes lois : tu ne feras point accoupler ton bétail avec des animaux d'une autre espèce, tu ne sèmeras point ton champ de diverses espèces de semences, tu ne te vétiras point d'une robe tissue de fils différents.
20. Si un homme a dormi avec une femme esclave et nubile, non encore rachetée à prix d'argent, ni mise en liberté , tous deux seront flagellés , et ne mourront point, car elle n'était pas libre;
21. Et l'homme offrira au Seigneur, à la porte du tabernacle du témoignage, un bélier pour son péché.
22. Et le prêtre priera pour lui et pour son péché devant le Seigneur, et il le réconciliera avec lui, et lui remettra son péché.
23. Quand vous serez entrés dans la terre, et que vous aurez planté des arbres à fruits, vous les circoncirez; les fruits qu'ils portent seropt souillés pour vous, et vous n'en mangerez point :
24. Mais à la quatrième année, tous leurs fruits seront sanctifiés à la gloire du Seigneur ;
25. Eten la cinquième année vous mangerez les fruits , recueillant ceux que les arbres produiront. Je suis le Seigneur votre Dieu.
26. Vous ne mangerez rien avec le sang ; vous ne consulterez point d'augures , et n'observerez point les songes.
27. Vous ne couperez point vos cheveux en rond, et ne raserez point votre barbe;
28. Et vous ne ferez pas d'incisions en votre chair à cause d'un mort, et vous ne ferez aueune figure ni au- €une marque sur votre corps : car je suis le Seigneur.
29. Ne prostituez point votre fille afin que la terre ne soit pas souillée et remplie de péché.
30. Vous observerez mes sabbats, et craindrez mon sanctuaire. Je suis le Seigneur.
31. Vous n'irez point vers les magiciens, et vous ne demanderez rien aux devins pour vous souiller par eux. Je suis le Seigneur votre Dieu.
bis. Non consideres personam pauperis , nec honores vultum potentis. Juste judiea proximo tuo.
16. Non eris criminator *, nec susurro in populo. Non stabis contra sanguinem proximi tui. Ego Dominus.
17. Non oderis fratrem tuum in corde tuo, sed publice * argue eum , ne habeas super illo peccatum.
18. Non quæras ultionem , nec memor eris injuriæ civium tuorum. Diliges amieum * tuum sicut teipsum. Ego Dominus.
19. Leges meas custodite. Jumentum tuum non facies coire cum alterius generis animantibus. Agrum tuum non seres diverso semine. Veste, quæ ex duobus texta est, non indueris.
20. Homo si dormierit eum muliere coitu seminis, qua sit ancilla etiam nubilis*, et tamen pretio non redempta, nec libertate donata : vapulabunt ambo *, et non morientur , quia non fuit libera.
21. Pro delicto autem suo offeret Domino ad ostium tabernaculi testimonii arietem :
22. Orabitque pro eo sacerdos , et pro peccato ejus coram Domino, et repropitiabitur ei, dimitteturque peccatum.
23. Quando ingressi fueritis terram, et plantaveritis in ea ligna pomifera, auferitis præputia eorum : poma, que germinant, immunda erunt vobis, nec edetis ex eis *.
24. Quarto autem anno omnis fructus eorum sanctifieabitur laudabilis* Domino.
25. Quinto autem anno comedetis fructus, congregantes " poma quie proferunt. Eco Dominus Deus vester.
26. Non comedetis cum sanguine. Non augurabimini , nec observabitis somnia.
37. Neque in rotundum attondebitis comam : nee radetis barbam *.
28. Et super * mortuo non incidetis carnem vestram , neque figuras aliquas, aut stigmata facietis vobis. Ego Dominus.
29. Ne prostituas filiam tuam , ne contaminetur terra, et impleatur piaculo.
30. Sabbata mea custodite, et sanctuarium meum metuite. Ego Dominus.
31. Non declinetis ad magos, nec ab ariolis aliquid sciscitemini, ut polluamini per eos, Ezo Dominus Deus vester.
X 23. L'hébreu ajoute : Pendant trois ans. »
X 24. Hébr. litt. : Et erit omnis fructus. ejus. sanctum. laudum Domino, Au heu de laudum ou laudes, on lit dans Je samaritain , profani , mot qui paraît appartenir an verset suivant.
X 25, On lit dans l'hébreu, adaugendum , au lieu de, ad congregandum, qui est dans le samaritain, et que suppose la Vulgate.
Ÿ 27. On lit dans l'hébreu : Nec rades extremitatem barbe tuæ 7 le samaritain met le pluriel, nec radetis extremitatem barbæ vesire.
3 29. Autr, : « Pour le mort. «
X 16. Un seul terme, le mot médisance, exprime dans l'hébreu ee que la Vulgate rend par criminator et susurro.
X 17. La Vulgate, en mettant ici pudic? , semble supposer qu'on aurait lu dans l'hébreu, apud populum tuum, au lieu de quoi on lit, proximum tuum.
X 18. L'hébreu peut signifier, et c'est ainsi que le traduisent les Septante : « Vous aimerez votre prochain comme vous-même. »
X 20. Hébr. autr. : « Et promise à un autre homme. »
lbid, Hébr. litt. : « Il y aura une punition, mais ils ne mourront pas. » Le samaritain porte : « Il y aura une punition sur lui, mais il ne mourra pas. »
32. Coram cano capite consurge , et honora personam senis: et time Dominum Deum tuum. Ego sum Dominus.
33. Si habitaverit advena in terra vestra, et moratus fuerit inter vos , non exprobretis ei :
31. Sed sit inter vos quasi indigena : et dilizetis eum quasi vosmetipsos : fuistis enim et. vos advenz in terra JEgypti : Ego Dominus Deus vester.
35. Nolite faeere iniquum aliquid in judieio , in regula, in pondere, in mensura *.
36. Statera * justa, et æqua sint pondera, justus modius*, æquusque sextarius *. Ego Dominus Deus vester , qui eduxi vos de terra Ægypti.
37. Custodite omnia præcepta mea, ct universa judicia , et facite ea. Ego Dominus.
y 35. Hebr. autr, : « Ne faites rien contre l'iniquité dans tout ce qui regarde les mesures de longueur, les poids et les mesures creuses, »
X 36. Hébr. litt. : « Les pierres, » Alors on se servait de pierres
COMMENTAIRE
32. Levez-vous devant celui qui a les cheveux blanes, et honorez la personne du vieillard, et eraignez le Seigneur votre Dieu. Je suis le Seigneur.
33. Si un étranger habite en votre terre et demeure parmi vous, vous ne lui en ferez pas un crime :
34. Mais qu'il soit parmi vous comme un concitoyen et aimez-le comme vous-mémes ; car vous avez été aussi étrangers en la terre d'Égypte. Moi, je suis le Seigneur votre Dieu.
35. Vous ne ferez rien injustement en vos jugements, en règle, en poids et en mesure.
36. Vous aurez des balances justes, des poids justes et un épha juste. Je suis le Seigneur votre Dieu , qui vous ai tirés de la terre d'Égypte.
37. Gardez tous mes commandements et tous mes jugements, et les observez. Je suis le Seigneur.
au lieu de poids.
Ibid. Wébr. : « L'épha. » Il contenait environ 28 lit., 45 centil. Ibid. Wébr. : « Le bin.» C'était la sixième partie de l'épha; il contenait environ 4 lit., 74 centil.
COMMENTAIRE
Réflexions de M. Wilkius sur l'origine de l'idolätrie.
Nous metlons ici les réflexions ingénienses de M. Wilkius sur l'origine de l'idolàtrie, sans les approuver ni les condamner,
L'ancienne religion du monde était toute en représentations et en types. Les hiéroglyphes des Egyptiens, que personne n'a pu expliquer encore d'une manière satisfaisante, en sont une preuve convaincante : sous des types et des signes visibles et naturels, on y représentait les choses invisibles et spirituelles, qui concernaient J'âme et le ciel, Ces types et ces signes visibles étaient pris des sujets des trois régnes de la nature, et représentaient chacun une vertu morale ou une vérité spirituelle; par exemple, le cheval signifiait lentendement; le soleil, l'amour; le reseau, une puissauce faible, telle que celle de. l'homme; le bátou, une puissance forte, telie que celle de Dieu; le bof, l'affection et la force de l'homme naturel; le serpent , la prudence et l'astuce de l'homme sensuel; les oiseaux en général, les choses qui ont rapport à l'entendement; les aibres , les perceptions et les pensées; l'eau, la vérité; le poison, ceux qui connaissent la. vérité, etc,
Telle fut la religion des Égyptiens; telle fut celle de tous les peuples de l'Orient et des Indous en particulier, On posait ces formes tepiques dans les temples, daus l'intérieur des maisons, dans les places publiques et dans les marchés, et on les arrangeait selon Vonlre des choses qu'elles représentaient : dans l'origine, chacun entendait leur signilicalion; c'était pour eux des images parlantes, des vertus qu'ils devaient pratiquer et des vérités intellectuelles qu'ils avaient intérét de connaitre , et personne ne s'y trompail et ne prenait l'ombre pour le corps, la chose signifiante pour la chose signifie: c'était une source inépuisable de sagesse et de science, Mais dans la suite, eomme c'est le malheur de l'homme de dégénérer, cette science des correspondances et des représentations se perdit enticrement, soit par la négligence, la cupidité , les vues ambiticuses
ou autres motifs humains de quelques-uns des individus de la socièté, ou peut-être par la faute de tous; la connaissance de leur siguification devint une énigme indéchiffrable, et l'on commença de regarder et de reconnaitre ces objets matériels comme autant de dieux; l'on (léchit les genoux devant eux, on les orna de colliers, de bandelettes, de guirlandes dle fleurs, et de tout ce qu'on a de plus précieux; en(ün, on leur dressa des autels, et on leur rendit un culte; et ainsi, les ty pes qui représentaient la vérité et la science furent convertis en idoles, enfants de l'erreur et de l'ignorance,
O Égypte! Égypte! s'écrie un ancien auteur {Dialogue d' Asclepius , attribué à Hermes et traduit par Apulée) , un temps viendra qu'au lieu d'une religion et d'un culte purs, tu n'auras plus que des fables ridieules, incrovables à la. postérité, et qu'il ne te restera plus que des mots gravés sur la pierre, seul monument qui attestera ta piété.
De l'accouplement des animaux.
Le législateur défend en géneral tout accouplement d'animaux de diliérente espèce, comme d'un cheval avec une ánesse, d'un bouc avec une brebis, et ainsi du reste, Mais d'où vient cette défense? On répond , 1° avec les docteurs juifs, que ces mélanges sont contre l'ordre de la nature; que l'ou v condamne indirectement ce que le sage Créateur à ordonné; que par là on affaiblit l'horreur que les hommes doivent eux-mêmes avoir pour tonte conjonction contraire à la nature, et que c'est pour cela que Moise les défend absolument.
2? L'opinion de Spencer est que cette loi a été portée en opposition à quelque usage des idolâtres, qui croyaient honorer leurs dieux par ces mélanges impurs, et la chose n'est pas impossible.
Maimonides prétend que chez les anciens Sabéens on donnait dans de grandes superstitions, tant sur la manière de méler les graines, que de planter, de semer, de greffer sous certains aspects des planètes, dans l'espoir d'une récolte plas abondante, Ce qu'il assure des abomi-
COMMENTAIRE
nations que ces idolâtres pratiquaient pour enter une greffe sur un arbre de différente espèce, est presque incroyable. Nous rougirious de le rapporter. ( Essai sur les Juifs.)
» Les interpretes , dit un autre commentateur, sont tres-partagés sur l'intelligence de ce verset, qui, pris à la lettre, défend « d'accoupler les bêtes de différente espèce, de semer un champ de différentes semences, et de se servir d'un vêtement tissu de fils différents, » c'est-à-dire, comme on l'entend communément, « tissu de laine et de lin. » Ces défenses, disent les uns, ne doivent pas se preudre à la lettre ; car il est certain que les Hébreux ne se sont jamais fait de scrupule d'avoir des mulets, Les prétres n'avaient-ils pas des ceintures tissues de laine et de lin? D'ailleurs quel'e peut être l'utilité de ces défenses prises à la lettre? Il. parait donc raisonnable de chercher, sous la lettre de ces lois, un autre sens plus moral, que le législateur a voulu couvrir. exprès sous des expressions symboliques; il à peut. Être eu en vue, par exemple, d'éloigner par ce verset les Israclites des alliances avec les peuples d'une autre religion. »
Que penser de ces paroles : Vous ne mangerez rien ou il y ait du sang?
La Vulgate dit: Non comedetis cum sanguine. Sans tant ralliner sur ces paroles, je les entendrais tout simplement d'une défense de manger des animaux qui n'ont pas répandu tout leur sang. Les Septante lisent : « Vous ne mangerez pas sur les montagnes , » et out entendu apparemment qu'il était défendu par res paroles de sacrifier et de faire des repas en l'honneur des fausses divinités sur les montagnes, comme faisaient peut-être alors les idolâtres qui les environpaient. Ce qui pourrait autoriser cette interprétation des Septante, c'est qu'il est cerlain que, dans In suite de ce même verset, Dieu défend diverses superstitions, sur lesquelles, au reste, les iutcrprètes ne sont pas d'accord, parce qu'on ignore la signification précise des termes hcbreux de cet endroit.
De la défense de se couper les cheveux et de se raser la barbe.
* Vous ne cotperez point vos cheveux en rond. per superstition " el vous ne vous raserez point entierement la. barbe, »
Les Juifs étaient si exacts à observer ce dernier précepte, qu'ils étaient confus et irrités, s'il arrivait qu'on les contraignit de le violer, en leur faisant raser le menton : rien ne le pronve mieux que l'affroat que recureut de Hannon , roi des Ammonites, les députés de David, et la vengeance qu'en tira le roi des Juifs, comme le rapporte l'cerivain sacré, ( Vos, IH, Rois, x, 3; xir, 31.)
Grotius, Rocharl et autres, nous disent que les cheveux coupés en rond étaient un hommage qu'on rendait au soleil. Hérodote observe, en outre ( Me/pomine) , que quelques peuples de l'Arabie se rasaient le haut de la tete en forme de couronne, et il dit, dans sa Thalie, que c'était pour ressembler à Bacchus qu'on se rasait ainsi, sans méme omettre les tempes, Plutarque confirme le récit d'Hérodote, dans la Vic de Thése, en parlant. des mêmes Arabes, Cet usage [ut aussi celui des Phéniciens, des Tsriens, des Chinois,
Quelques interpretes. puëtendent que les anciens idolätres avaient coutume de se couper les cheveux tout à lentour de la tête, quand la mort eulevait quelqu'une des personnes qui leur étaient chères: après quoi, tantôt ils mettaient ces cheveux coupes. dans les sépuleres. des défunts, tantôt ils les offraient en sacriice aux divinités infernales, et tautôt ils en faisaient d'autres usages superstitieux daus le méme goüt.
On ne peut guère nier que la loi dont il s'agit n'ait quelque rapport
aux cérémonies funebres : ce. qui suit l'insinue, et la manière dont elle est repétée ( Deut., xiv, 1) le confirme, En genéral, on ne peut douter que Moïse n'ait eu dessein ici de s'opposer à quelque pratique superstilieuse , principalement consacrée au temps de deuil. (Essai sur ses Juifs.)
« On observe, dit Rondet , que les Arabes conpaient leurs cheveux en rond en l'honneur de Bacchus, et que les Égyptiens ne conservaient de barbe qu'au bout du menton, Dom Calmet pense que l'hébreu pourrait signifier : « Vous ne couperez point entierement vos cheveux, vous ne raserez point entierement votre barbe. « On lit dans l'hébreu: Nec rades extremitatem barbae tue, 5
Coutrine des anciens au sujet du deuil.
On sait que les païens avaient l'extravagante coutume de s'cgrztigner, de se déchirer la peau avec des instruments dans les funérailles, croyant apaiser par celte effusion de leur sang les divinités infernales,
Le savant Spencer a. recueilli quantité de passages des anciens qui le démontrent, et plusieurs autres littérateurs ont sigualé leur. érudition sur ce point, Les prophètes ont condamné en plus d'un endroit wi usage si ridicule et si imbumain. De là, entre autres, ces paroles de Jérémie (chap. xvt, Ÿ 6):« Les grands et les petits mourront en ce pays, et ils ne seront point ensevelis : on ne les pleurera point, et personne ne se fera aucune incision, ni ue se rasera pour eux, » C'est précisément ce que Moise défend ici, et, s'il faut en croire le docte Huet, c'est de cette loi de Moïse que Solon avait emprunté celle qu'il porta à Athènes , et qui a passé dans Ia loi romaine des douze tables , que les femmes ne se déchirent pas le visage dens le deuil.
Les marques ou les piqüres que Ia loi condamne sont celles qu'on se faisait en se conpant la peau et en remplissant la plaie d'antimotmne ou d'encre, ou de quelque autre composition colorée. Par cette cérémonie , les paiens se dévouaient au culte des idoles , etc. : c'était réel lement l'ancien usage de se faire des stigmates , ou de s'imprimer des caractères et des figures sur la peau, en se piquant avec des instruments appropriés à cct usage; quelquefois avec une aiguille, d'autres fois avec un autre instrument rougi au feu.
On ünprimait de tels caracteres, 1° aux grands, comme une marque de leur dignité ; 2" aux esclaves, comme un signe de leur servi tule; 3° aux soldats, comme un témoignage de l'engagement qu'ils avaient pris; 4°les dévots s'en inprimaient de pareils, soit au t sage , soit aux mains , en signe de consécration à telle cu telle divinité, Peut-être que d'abord on ne s'imprima des figures colorces sur la peau que comme une sorte d'ornement ; mais il est iudubitahle que daus la suite la superstition s'en fit un desir. Les dévots de Jupiter gravaieut ou le nam ou la foudre de ce dieu sur leurs corps; ceux de Neptune , son trident, et ainsi des autres; Hérodote l'atteste de ceux qui se consacraient à Hercule, et se réfugiaient dans ses temples en Égrpte. ( Essai sur les Juifs.)
De la divination.
Quelques imposteurs se sont vantés que, par des paroles magiques, par des formules d'évocation , ils pouvaient forcer les ômes des morts à revenir sur la terre, à s'y montrer, à répondre aux questions qu'ils leur faisaient ; les hommes croient aisément ce qu'ils désirent. Il ne fut pas difficile aux nécromanciens, par une lanterne magique, ou autrement, de faire paraître dans les ténèbres une figure quelconque, que l'on prit pour le mort auquel on voulait parler.
LÉVITIQUE, CHAPITRE XX
Nous n'entrerons pas ici dans la question de savoir s'il n'y eut | core moins avec ceux d'une autre religion ; il en est de même des
jamais que de l'illusion et de l'artifice dans cette magie, si quelquefois le démon s'en est mélé pour séduire ses adorateurs, ou si Dieu, pour punir une euriosité criminelle , a permis qu'un mort revint véritablement annoncer les arrêts de la justice divine à ceux qui avaient voulu le consulter. Quelques auteurs ont écrit que, suivant la croyance des paiens , ce n'était ni le corps, ni l'àme du mort qui apparaissait, mais son ombre, c'esà«dire une substance mitoyeuue entre l'un et l'autre; mais ils ne donnent pour preuve que des conjectures ; et certainement le commun des paiens ne faisait pas une distinction si subtile.
» Un peu de réflexion, dit Bergier, suffit pour faire concevoir que cette démangeaison de tout savoir est une espece de révolte contre la Providence divine, Dieu n'a voulu nous donner que des connaissances très-bornées, afin de nous rendre plus soumis à ses ordres, et parce qu'il a jugé que des lumières plus étendues nous seraient plutôt pernicieuses qu'utiles. Ainsi la divination n'est point un acte de religion, ni une marque de respect envers Dieu, mais une impiété; elle suppose que Dieu secondera nos désirs les plus injustes et les plus absurdes, Les patriarches consultaient le Seigneur, mais ils n'usaient d'aucune divination, et nous voyons que Dieu la défendait sévérement aux Juifs.
VERSETS 33 xv 34.
Préjugé des anciens à l'égard des ctrangers.
« Un préjugé, dit Bergier, universellement répandu chez les anciens peuples, était de regarder tout étranger comme un ennemi ; il règne encore parmi les sauvages, et chez toutes les nations peu policées ; la différence de figure , d'habillement, de langage, de mœurs, inspire naturellement un commencement d'aversion. On connait l'éloignement que les Égyptiens avaient pour les étrangers, ils ne les admettaient point à leur table (Gen., chap. xri, Y 3a); quelques auteurs ont écrit qu'ils craigaaient méme d'en respirer l'haleine, Les Grecs ni les Romains n'ont pas été exemps de ee travers ; ils ne l'ont que trop témoigné par le mépris qu'ils avaient pour les autres peuples, et il n'y a pas loin du mépris à la haine. Les paiens, dans les Indes, ne mangent point avec ceux d'une autre secte, en-
Persaus mahométans, ils n'admettent à leur table ni sunnites, mi paiens , ni parsis, ni Juifs, ni Chrétiens,
« Moïse, par ses lois, s'était appliqué à détruire. ce funeste préjugé parmi les Juifs.
Excellence de la législation des Hébreux.
Aucun peuple de l'antiquité ne possède une législation aussi compléle, aussi bien coordounée dans toutes ses parties, aussi sage et aussi forte.
« Après s'être montrées pendant quelques siècles à l'univers, dit M. de Pastoret , les grandes monarchies de l'antiquité ont disparu. A peine nous reste-t4l le souvenir de leur gloire et de leur puissance ; leurs travaux sont mal connus , leurs exploits souvent incertains , les monuments de leur grandeur écroulés ; ou, s'ils existent encore, la main du temps, qui fatigue tous les jours ces masses chancelantes , n'en fera bientôt que d'augustes débris. Les lois de tant de nations superbes se sont englouties comme elles; dédaignées par les vainqueurs, elles ont subi le destin des peuples qu'elles dirigeaient. Dans cette submersion générale, on ne voit pas sans étonnement , dans un coin de l'Asie, sous um climat peu fertile (celte assertion. hasardée est démentie par l'Écriture), entre des faréts et des montagnes , douze tribus, sans force et sans opulence, quelquefois sans liberté et sans patrie, échapper seules du naufrage des siècles et des empires. Minos et Sésostris, Lycurgue et Numa , Solon et Zaleucus, ont cessé d'être obéis, et la législation. de Moise survit à celles de tous les peuples de la terre. Partout les lois ont fléchi sous les circonstances ; partout elles ont éprouvé les vicissitudes qu'entrainent les révolutions des mœurs et des gouvernements ; celles des Juifs sont restées immuables. Des défaites nombreuses, une longue servitude, des menaces, des tourments, des promesses séduisantes , la nécessité d'une vie errante et fugitive, l'excès du malheur et de la misere n'y ont rien changé, elles n'ont pas méme été altérees par leur suppression du rang des peuples, et leur dégradation cisile et politique.
( Moïse, considéré comme législateur et comme moralüte.)