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Elles sont comme des vallées, couvertes d'arbres

NOMBRES, CHAPITRE XXIV

ut tabernacula quæ fixit Dominus, quasi cedri prope | comme des jardins le long des fleuves, comme des tentes

aquas.

7. Fluet aqua de situla ejus, et semen * illius erit in aquas * multas. Tolletur propter Agag , rex ejus , et auferetur regnum illius.

8. Deus eduxit illum de Ægypto, cujus fortitudo similis est rhinoceretis. Devorabunt gentes hostes illias ossaque eorum confringent * , et perforabunt sagittis.

9. Accubans dormivit ut leo, et quasi leæna, quam suscitare nullus audebit. Qui benedixerit tibi , erit et ipse benedictus : qui maledixerit , in maledictione reputabitur.

10. Iratusque Balac contra Balaam, complosis manibus ait : Ad maledicendum inimicis meis vocavi te, quibus e contrario tertio benedixisti :

11. Revertere ad locum tuum. Decreveram quidem magnifice honorare te, sed Dominus privavit te honore disposito.

12. Respondit Balanm ad Balae: Nonne nuntiis tuis , quos misisti ad me , dixi :

13. Si dederit mibi * Bolac plenam domum suam argenti et auri , non potero præterire sermonem Domini Dei mei , ut vel boni quid, vel mali proferam ex corde meo: sed quidquid Dominus dixerit, hoc loquar ?

14. Verumtamen pergens ad populum meum, dabo eonsilium , quid populus tuus populo huic faciat extremo tempore.

15. Sumpta igitur parabola , rursum ait: Dixit Balaam filius Beor : dixit homo, cujus obturatus est oculus :

16. Dixit auditor sermonum Dei, qui novit doctrinam Altissimi, et visiones Omnipotentis videt, qui cadens apertos habet oculos.

17. Videbo eum, sed non modà : intuebor illum, sed non prope. Orietur stella ex Jacob, et consurget virga de Israël : ct percutiet duces Moab , vastabitque omnes filios Seth.

18. Et erit Idumæa possesssio ejus : hæreditas Seir * eedet inimicis suis : Israël vero fortiter aget *.

19. De Jacob erit qui dominetur, et perdat reliquias civitatis.

20. Cümque vidisset Amalec, assumens parabolam, ait : Principium 'gentium Amalec, cujus extrema perdentur.

21. Vidit quoque Cinzum : et asssumpta parabola , ait : Robustum quidem est habitaculum tuum : sed si in petra posueris nidum tuum,

22. Et fueris electus de stirpe Cin, quamdiu poteris permanere? Assur enim capiet te.

23. Assumptaque parabola iterüm locutus est : Heu, quis vieturus est, quando ista faciet Deus *?

X 7. Au lieu de aquas, les Septante ont lu populos, et brachium au lieu de semen,

X 8. Hébr. litt. : « Ce peuple dévorera les nations qui seront ses ennemies ; il leur brisera les os, etc. »

X 1:3. Le mot mihi, qui manque dans Vbébreu, est dans le samaritain.

X 18. Balaam continue ses souhaits en faveur des Israélites , dans ee verset et dansle suivant, qui paraissent regarder les Iduméens, La

dresséesparJéhovah,commedescedressur le bord des eaux,

7. L'eau coulera de ses vases, et sa prostérité eroltra comme les grandes eaux ; son roi sera rejeté à cause d'Àgag, et l'empire lui sera enlevé.

8. Dieu l'a tiré d'Égypte; sa force est semblable à eelle du rhinocéros : il dévore les peuples ses ennemis; il brise leurs os, et les perce de flèches.

9. 11 se couche et dort comme le lion et la lionne que personne n'osera réveiller? Béni celui qui te bénirs; maudit celui qui te maudira.

10. Balac, irrité contre Balaam, frappant des mains, dit : Je t'ai appelé pour maudire mes ennemis, et fu les as bénis par trois fois.

11. Retourne en ta demeure. J'avais résolu de te récompenser avec magnificence; mais le Seigneur t'a privé du prix que je te réservais.

12. Balaam dit à Balac : N'ai-je pas dit aux députés que tu m'as envoyés,

13. Quand Balac me donnerait son palais plein d'or et d'argent, je ne pourrais pas dire de moi-méme autre chose quela parole du Seigneur mon Dieu, soit en bien, soit en ma! ; mais je dirai tout ce que le Seigneur m'anra dit.

14. Cependant, avant de partir, je t'apprendrai ce que ton peuple pourra contre ce peuple dans les derniers temps.

15. Et, recommencant à parler en paraboles, il dit eneore : Balnam, fils de Béor, a dit, l'homme dont les yeux etaient fermés;

16. ll a dit, celui qui entend les paroles de Dieu, qui connait les secrets du Très-Haut, qui voit les visions du Tout-Puissant, qui en tombant, a eu les yeux ouverts:

17. Je le vois, mais il n'est pas encore ; je le contemple, et il n'est pas près de paraître. Une étoile sortira de Jacob, et un sceptre s'élèvera d'Israël, et il frappera les chefs de Moab, et il désolera tous les enfants de Seth.

18. Edom sera son héritage , Séir tombera au pouvoir de ses ennemis, Israël agira avee une grande force.

19. Le dominateur sortira de Jacob et perdra les restes des villes.

20. Et, voyant Amalee, Balaam, reprenant sa parabole, dit : Amalec est le premier des peuples, et il périra tout entier.

21. Et à la vue des Cinéens, reprenant sa parabole, il dit : Vos habitations sont fortes; mais, quand vous auriez établi votre demeure sur le sommet des rochers,

23. Et quand vous auriez été choisis dans la race de Cin , combien de temps subsisteriez-vous ? car l'Assyrien vous emmenerait captifs.

23. Enfin il ajouta : Qui vivra quand Dieu aecomplira ces projets?

prophétie fut accomplie, disent plusieurs , par l'assujettissement des lduméens aux rois de Juda, depuis David, qui les subjugua, jusqu'au règne de Joram, fils de Josaphat , sous lequel ils secouérent le joug et se donnerent un roi ; mais ils furent de nouveau assujettis par Hircan Machabée,

Ibid, Au lieu de Séir, on lit dans le samar. Ésaü,

X 23. Hébr. : « Hélas! qui pourra vivre lorsque Dieu portera sur lui la désolation? »

COMMENTAIRE

24. Venient in trieribus de Italia, superabunt Assyrios , vastabuntque Hebraeos, et ad extremum etiam ipsi peribunt.

25. Surrexitque Balaam, et reversus est in locum suum: Balac quoque via, qua venerat , rediit.

Quel était ce roi Agag?

La Vulgate porte : Tolfetur propter Agag rez ejus, et auferetur regnum illzus, Quelques-uns entendent ceci de Saül, roi des Israéliles, qui, comme on voit dans l'Écriture, fut réprouvé de Dieu et perdit enfin la vie et son royaume, à cause de la fausse pitié qu'il avait eu d'Agag, roi des Amalécites. Si c'était là le vrai sens de ce passage, il contiendrait l'une des plus claires prophéties qui aient jamais été faites; mais il est sans doute bien plus naturel d'entendre ainsi ce passage : « Le royaume d'Israël, » dont Dieu lui-même a bien voulu se charger , « sera plus élevé et plus puissant que celui d'Agag » (c'est-à-dire que celui des Amalécites, nation alors apparemment tres-redoutable, et dont les rois se nommaient probablement tous Agag, comme ceux d'Égypte Pharaon). « Le royaume d'Israël s'élévera toujours de plus en plus. »

Les Seplante lisent Gog, au lieu d'Agag. Et quelques anciens Peres , qui ont entendu tout ce verset 7 du Messie, en ont expliqué la fin des victoires que le Messie doit remporter sur Gog el Magog, qu'on explique assez souvent par l'Antechrist.

Complaisance de Balaam pour Dalac.

Il faut, suivant quelques-uns , avoir recours au verset 16 du chapitre xxx: de ce livre, pour jeter quelque lumière sur le verset 14 de ce chapitre. On peut done supposer que telle fut la conduite que tint Balaam avec Balac, suivant le texte sacré : H se comporta d'abord avec toute la fidélité qu'il devait à son Dieu, et s'obslina trois fois à hénir les Lsraélites contre les intentions de Balac, Mais enfin, cédant anx instances de ce prince, il commença à pécher envers Dieu; et par complaisance pour Dalae, avant de le quitter, il lai donna le perniciens conseil dont il est. parlé au verset 16 du chapitre xxxr, et qui fut si funeste aux Tsraclites, Voilà l'action criminelle de Balaam , qui lui a attiré les invectives que les livres saints répandent contre lui en plusieurs endroits.

Prophétie de la venue du Messie.

Videbo eum , sed non modo, intuebor illum, sed non prope. Le futur, observe Le Clere, est ici pour le présent, suivant la coutume des Hébreux, qui distinguent peu le temps ; en effet, le présent me parait faire un meilleur seus que le futur. Balaam , rempli d'une espèce d'enthousiasme , dit: Fideo aperte rem, de qua modo, certo futuram ; sed tamen non brevi. « Ce que je vais dire arrivera. sûrement, non pas à la vérité sitôt. » C'est toujours la continuation des bénédictions de Balaam , en faveur d'Israël,

24. Je vois des hommes venir de la terre italique en des vaisseaux, ils ravageront Assur, ils ravageront Héber; et à la fin ils périront eux-mêmes.

25. Et Balaam se leva, et revint en sa demeure; et Balac retourna par le méme chemin.

L'opinion commune trouve, dans le verset 17 de ce chapitre, une prophétie trés-claire de la venue du Messie ; elle explique ainsi ces paroles de ce. verset, sidebo eum , ete, , que je viens de rapporter. * Je verrai le Messie, non pas par mes propres yeux, mais par les yeux de mes descendants. » Ceci fut exéeuté à la lettre, dit dom Calmet, quand les mages vinrent adorer Jésus-Christ , attirés par la vue de l'étoile, que Balaam prédit ciaprès.

* Ou simplement, comme dit Rondet, une étoile sortira de Jacob, et un rejeton s'élévera d'Israël, Jésus-Christ était la vraie étoile annoncée par Dalaam; celle qui parut à sa naissance n'était quele signe de sa venue, »

Les anciens Juifs se sont accordés à expliquer ce texte du Messie. * Balaam, dit l'auteur du Baal-Hatturim , annonce qu'il a penétré le dessein du Trés-Haut, parce qu'il prédisait les temps du Messie, » Les trois paraphrases chaldéennes ne sont pas moins formelles, et le nom de fils de l'Étoile, que prit Yimposteur qui fit révolter les restes de la nation juive du temps de l'empereur Adrien, est une preuve sensible dela persuasion dans laquelle cette nation était alors, que l'étoile qui devait sortir de Jacob. désignait le libérateur que ce peuple attendait, Dans ces temps postérieurs, le savant Maimonide a pensé de méme. Tel est aussi le sentiment du grand nombre de commentateurs d'entre les Chrétiens, I} est appuyé non-seulement sur celui des Pères, mais encore sur ce texte de l'Apocalypse : * Je suis le rejeton, le fils de David, l'étoile brillante, l'étoile du matin, »

Balaam, lorsqu'il prophétisa, avait sous les yeux le pays de Moab et celui d'Edom ; l'un ennemi déclaré d'Israël, l'autre si mal disposé à son égard qu'il lui avait refusé le passage. Yl n'est pas surprenant qu'en prédisant les conquêtes des Israélites, il ait commencé par annoncer celle du pays de Moab , au sort duquel on avait voulu l'intéresser , et qu'après avoir exprimé celle de l'univers par cette phrase générique, « il ravagera tous les enfants de Seth, « il ait parlé en particulier de celle de l'Idumée, qui dans le moment s'offrait à ses regards; c'est par une raison semblable qu'il parle ensuite des destinées des Amalécites'et des Cinéens, Rien n'empêche done que l'en u'adopte en entier l'explication qu'Onkelos , le plus ancien et le plus célebre des paraphrastes chaldéens, donne de Ja prédiction de Ralaam : « Un roi sortira de Jacob, le Messie de la maison d'Israël sera sacre , il frappera les chefs de Moab , il dominera sur tous les enfants des hommes. »

Explication de ce verset.

Les Septante sont ici assez d'accord avec la Vulgate, Voici eomment. on explique ce passage, sur l'intelligence duquel peu d'interprètes s'accordent, « Mais, daus les siècles à venir, un peuple éloigné viendra dans des vaisseaux conquérir et détruire le pays des Hébreux.- Hélas! quisera en vie, quand ces malheurs arriveront aux Hébreux? » Je regarde ces paroles de Balaam comme une espèce d'imprécation contre les Israëlites par complaisance pour

le roi Balasc; de facon toutefois ‘qu'il ‘recule tellement l'effet de cette imprécation , qu'elle devait peu importer aux Israélites. Ainsi Balaam trouve le secret tout à la fois de donner quelque petite satisfaction apparente au roi Balac et de ne point faire contre les Israélites les imprécations que leur Dieu, qui était le sien, ne pouvait approuver à ce qu'il croyait.

Retour de Balaam.

La Vulgate porte : Et. reversis est in locum sutim. « Et Balaam se sépara de Balac dans l'intention de retourner dans son pays. « Voilà, selou quelques-uns, le vrai sens de ces paroles ; car on voit au verset 8 du chapitre xxx1 de ce livre, et au verset 22 du chapitre xxiri de Josué, que Balaam fut mis à mort par les Israelites, dans le pays de Madian, Ainsi, il faut dire que, s'en retournant en Mésopotamie, il s'arrêta chez les Madianites, dans le massacre desquels il fut enveloppé par les Hébreux; ou qu'il revint de son pays dans celui des Madianites , où il périt.

* Ce Balaam , nous dit Voltaire, était le prophete d'un autre dieu, et cependant il n'est point dit qu'il füt un faux prophète, »

Personne n'ignore que Dieu se sert également des hommes justes et des injustes pour l'aceomplissement de ses desseins : le don de prophétie n'est pas toujours joint à la vertu, parce que le prophete n'est qu'un instrument entre les mains du Seigneur; Dieu se servit de Balaam. pour prédire aux Moabites les malheurs qui étaient préts à fondre sur eux, et pour aunoneer lavénement du fils de Dieu;

NOMBRES, CHAPITRE XXV

cet. homme connaissait le vrai Dieu , puisqu'il répondit à Balac, roi ‘des Moabites, qu'il ne pouvait dire que ce que Dieu lni inspirerait : c'était done un homme pécheur dont Dieu se servait pour prédire l'avenir,

« Les savants, dit Feller, ont pris occasion de l'histoire de Balnam de traiter une question, qui est de savoir si Dieu peut se servir de personnages vicieux, méme des infideles et des idolâtres, pour prédire l'avenir. Plusieurs exemples , allézués dans T Écriture-Sainte , prouvent que Dieu l'a fait par d'autres que par Balaam, Le pro phéte Michée (chap. 111) actuse quelques-uns de ses confrères de prophétiser pour de l'argent ; il ne dit pas néanmoins que c'étaient de faux prophètes, Dans le livre de Daniel (chap. 11), nous voyons que Dieu envoie un songe prophétique à Nabuchodonosor, printe idolàtre, quoiqu'il méconnüt le vrai Dieu, Jésus-Christ ( Math, vi} dit qu'an jour du jugement il réprouvera des hommes qui se vahteront d'avoir prophétisé et fait des miracles en son nom. Saint Jean (chap. xt) nous apprend que Caiphe, en qualité de pontife, prophétisa que Jésus-Christ mourrait, non-sculement pour sa nation, mais pour rassembler les enfants de Dieu, prédiction qu'il fit probablement sans le vouloir, et sans en comprendre le sens. »

« Le fait de Balaam, personnage très-éloigné de la sainteté , dit le cardinal de la. Luzerne , et cependant honoré du don de prophétie, montre que Dieu se sert quelquefois de pareils ministres; mais un exemple , et peut-être encore un peli! nombre d'autres, ne doivent pas former us principe, et quand on connait celui qui se donne pour prophète comme un homme vicieux, on est légitimement fondé à croire que Dieu n'en a pas fait son organe. »

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