Car chacun avait eu pour soi ce quil avait
ris.
: 54. Et quand ils eurent recu cet or, ils le déposèrent dans le tabernacle , en mémoire des enfants d'Israël de-
vant le Seigneur.
À 41. Hébr, lit. : « Le tribut de l'offrande élevée au Seigneur.»
COMMENTAIRE
COMMENTAIRE
VERSET 6. d
Diverses conjectures sur les paroles de ce verset.
Quelques interprètes, après Josephe ( Ant, liv. IV, chap. wi), entre autres dom Calmet, trouvent dans ces paroles que Phinées fut choisi chef de cette guerre contre les Madianites, Mais d'autres soutiennent que Josué conduisit les troupes dans cette expédition, et que Phinéès n'y fut envoyé que pour la garde des vases sacrés, dont on parle à la fin de ce verset 6: cette derniere opinion me parait beaucoup plus vraisemblable que la premiere. En effet, Josué venait d'étre créé tout récemment chef des Israëlites, et il devait naturellement avoir la conduite de cette guerre; au lieu que cet emploi ne convenait guère à un prêtre tel qu'était Phinéès.
Plusieurs trouvent dans ce passage que l'arche fut portée dans cette expédition comme dans quelques autres; d'autres, du nombre desquels est Le Clerc, veulent que les ases sacrés dans le passage en question ne signifient autre chose que les trompettes saintes dont sonnérent les prétres d'après la loi rapportée au verset 9 du chapitrex des Nombres, et ces prêtres étaient placés sous la conduite et l'inspection de Phinéès. Quoi qu'il en soit, le passage en question marque assez clairement, ce me semble, que les Israélites avaient coutume de marcher à l'ennemi accompagnés de trompeltes saintes.
Pourquoi les Juifs ne sont point coupables de cruauté.
Les Madianites furent vaincus et tous égorgés, hommes, femmes et petits enfants, à l'exception toutefois des filles vierges ( 17 et 18); les villes, bourgs et autres habitations furent brülés (10); les troupeaux et autres biens partagés entre tous les Israélites , » de la manière rapportée ci-après : « Les Israélites ne perdirent pas un seul homme [dans cette guerre (49). = On he peut accuser de cruauté les Israëlites en cette occasion et dans les autres semblables, en disant qu'ils ne faisaient qu'exécuter fidélement les ordres de Dieu, qui est l'arbitre souverain de la vie et de la mort de tous les hommes; il vaudrait autant lui demander compte des guerres et des fléaux.
Des chefs des Madianites.
« Et reges eorum, Evi et Becem, et Sur, et Hur, et Rebe, quinque principes gentis, Ces cinq princes des Madianites, au livre de Jasué, chapitre xi1t, sont nommés simplement « généraux de Sehon, roi des Amorrhéens. » Un commentateur répond à cela qu'ils étaient apparemment tributaires de ce prince puissant, aprés la mort duquel ils devinrent indépendants. Au reste, le verset 8 de ce chapitre semble contraire à ce que j'ai observé ci-dessus sur le gouvernement des Madianites dans ma note sur le verset 4 du chapitre xxtt du livre des Nombres. Pour concilier ces deux endroits, on peut dire que le pays de Madian était composé de plusieurs petites souverainetés, dont les unes étaient républiques et les autres royaumes, mais trés-peu considérables; ou plutôt que les cinq princes ou rois nommés dans ce verset 8 du chapitre xxx: étaient les chefs ou anciens des Madianites, dont il est parlé au chapitre xxi: de ce livre.
Pourquoi les Juifs ont usé d'une si grande rigueur. envers les habitants de la Palestine.
La rigueur dont les Juifs ont usé envers les habitants de li Palestine , et envers quelques autres peuples ennemis de Dieu, étas due aux crimes énormes dont ils s'étaient fait des lois, et qui lex avaient comme passé en nature. Dieu lui-même avait ordonné cette rigueur ; le Deutéronome nous en instruit. Pourquoi les Juifs n'auraient-ils pu être les exécuteurs des arréts que la justice avait prononcés contre des nations dont l'existence Ini était odieuse?
Voltaire parait étonné de voir les Juifs exterminer sans pitié, par l'ordre de Dieu, les peuples de Chanaan; il ne peut concilier ce carnage avec la sagesse, la justice, la bonté du Tout-Puissant,
La religion étant la fiu de la sagesse divine dans la constructies et la conservation de l'univers , et l'homme étant destiné à remplir cette fin, tout homme assez ingrat pour oublier sa destination se rend dés-là méme digne de toute la sévérité de la justice divine, Quand Dieu chargea le peuple juif de la destruction de celui de Chanaan, il voulait lui imprimer de l'horreur pour les abominations de ce peuple, et lui apprendre ce qu'il mériterait lui-mére si £y abandonnait.
Les versels 19, 20, 21, 22, 23 et 24 nous apprennent que «le soldats victorieux , revenant de leur expédition, eurent ordre de demeurer sept jours hors du camp, et de se purifier, comme ayant contracté une impureté légale par la mort des ennemis, Toat k butin fut aussi purifié pour la méme raison. Tout ce qui pouvait sapporter le feu fut passé par le feu, et ce qui ne le pouvait supporter fut purifié par l'eau lustrale, »
Les versels 36, 27, 38, 20 et 30 expliquent comment se fit, par l'ordre de Dieu, le partage du butin pris sur les Madianites. « On fit d'abord deux parts égales de tout le butin, dont l'une fat pour ceux qui avaient été à cette expédition, et l'autre fut donnée au reste des Israélites qui était resté dans le camp.» Après ce premier partage, ceux qui avaient été à cette guerre prirent sur la totalité de leur lot une 500° partie (dom Calmet dit une 50° sans aucune raison), « qui fut donnée au grand-prétre et aux prêtres inférieurs et du lot qui avait été donné au peuple resté dans le camp, on spara aussi une 5o* partie qui fut donnée aux lévites, »
Des trente-deux filles réservées pour la part du Seigneur.
Il n'est pas aisé de deviner sur quel fondement Voltaire avance que, de trente-deux mille filles, on en immola trente-deux au Ser gneur,
L'auteur du livre des Nombres dit bien qu'on en réserva trentedeux pour la part du Seigneur, mais non point qu'on les lui immola. Le Seignenr ne veut que des victimes pures et sans tache, s'il s'agit d'animaux; mais s'il s'agit d'hommes ou de femmes, ce n'est pas leur sang qu'il demande, c'est la consécration perpétuelle de lears personnes à son service : c'est à une immolation de ce genre qu'étaient destinées les trente-deux filles réservées pour la part du Sei-
gueur.
NOMBRES, CHAPITRE XXXII
C'est à tort qu'on accuse Moïse de cruauté et d'ingratitude.
Perüscelides, On ne sait pas bien la signification du mot hébreu; il est employé ailleurs pour un ornement des bras (IE, Reg., 1, 10). Armillas : le terme hébreu signifie un ornement de la main (Gen., xxrv, 22, 30 et 47). 4nnulos: le terme de l'original signifie constamment des anneaux, mais d'un sens fort étendu, Deztralia : le mot hébreu signifie ailleurs un ornement qui s'attachait aux oreilles ( Ezéch., xvr, 12). Munerculas ; le terme hébreu est entierement ins connu ; il se trouve dans l'Exode, où la Vulgate l'exprime par deztralia (Exod., xxxv, 22).
Nous lisons dans le livre des Nombres que les Israélites, pendant leur séjour dans le désert , se livrérent à l'impudicité et à l'idolàtrie avec les filles des Madianites et des Moahites ; que le Sexgneur, irrité, ordonna à Moise de faire pendre les principaux auteurs de ce désordre ; que les juges firent mettre à mort tous les coupables, et qu'il périt à cette occasion vingt-quatre mille hommes.
Comme les Madianites avaient tendu ce piège aux Jsraélites par pure méchanceté, et afin de les corrompre, Moïse, pour venger son peuple, ordonna de mettre à feu et à sang le pays de Madian, d'exterminer cette nation, de n'en réserver que les filles vierges. 11 raconte lui-méme que le butin fait dans eette expédition fut de six cent soixante-quinze mille brebis, soixante-douze mille bœufs , soixante-un mille ânes et trente-deux mille filles vierges ; que trentedeux de ces jeunes personnes furent la part du Seigneur (Num. , chap. xxxr.)
À ce sujet, les censeurs de l'Histoire-Sainte accusent Moïse de cruauté envers sa propre nation, de perfidie et d'ingratitude envers les Madianites, chez lesquels il avait trouvé um asile dans la suite, et avait pris une épouse; de barbarie, pour avoir fait égorger tous les máles et toutes les femmes mariées, Ils pensent que les trentedeux filles réservées pour la part du Seigneur furent immolées en sacrifice.
Tl n'est pas un?seul de ces reproches qui ne soit injuste et mal fondé. 1° La loi qui condamnait à mort tout Israélite coupable d'idolátrie était formelle, le peuple s'y était soumis; ce n'est qu'à celte
condition que Dieu avait promis de le protéger : déjà ce peuple avait
! vu l'exemple d'une pareille sévérité à l'occasion du culte renda aur veau d'or ( Exod, xxxtz, 27 et 28). 1l était donc inexcusable. C'est une fausseté de dire , comme quelques incrédules , que les coupables furent mis à mort, simplement pour atoir pris des fetimes madianites; ils le furent pour s'être livrés avec elles à l'impudicité et à l'idolàtrie (Num., xxv, 3) : ce crime suflisait pour attirer les chátiments de Dieu sur la nation entere , si elle l'avait laissé impuni.
2* Lorsque les Madianites exercerent ce trait de perfidie envers les Israëlites, ils n'y avaient été provoqués par aucune injure ; ils craignaient à la vérité d'être traités comme les Amorrhéens, ils avaient tort; s'ils avaient envoyé des députés à Moise, il leur aurait répondu qu'ils n'avaient rien à craindre, qu'Israel ne devait point s'emparer de leur territoire, parce qu'ils descendaient d'Abraham par Céthura. En effet, dans la conquéte du pays des Chananéens, les Israélites n'enlevérent pas un seul pouce de terrain aux Madianites , aux Moabites, ni aux Ammonites ( Jud., x, 13).
Les Madianites, chez lesquels Moïse s'était réfugié dans sa fuite d'Égypte, n'étaient point les mêmes que ceux dont il fit dévaster le pays pour les punir. Les premiers habitaient les bords de la mer Rouge, et n'étaient pas éloignés de l'Égypte ; les seconds étaient placés à l'Orient et au nord de la Palestine, près de la mer Morte et des Moabites, à cinquante lieucs au moins des autres Madianites; ce n'était pas la méme nation : l'une descendait de Chus, petit-fils de Noé; l'autre d'Abraham : la prumière adorait le vrai Dieu, cela est prouvé par l'esemple de Jéthro, beau-père de Moïse; la seconde honorait Béelphégor, dieu des Moabites. La cruauté avec laquelle. celle-ci fut traitée était la maniere ordinaire de faire la guerre chez les anciens peuples; mais il s'en fant de beaucoup que le pays de Madian ait été entierement dévasté et dépeuplé , puisque deux cents ans aprés ces mémes Madianites asservirent les Israélites et furent vaincus par Gédeon (Jud., v1).
“ Le texte de Moïse, dit Bergier, nous apprend assez clairement ce que l'on fit des trente-deux filles réservées pour la part du Seigneur : ces filles furent réduites à l'esclavage comme les autres et destinées au service du tabernacle. Il n'est point question ici de sacrifices ni d'immolatious : jamais les Israclites n'ont offert à Dieu de victimes humaines. »
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