PAR LE P. LAMY
On doit d’abord distinguer dans ia Bible, comme dans les autres livres, le sens propre de chaque mot du sens métaphorique qu’il peut avoir. Dieu y parle aux hommes un langage humain. On ne trouve dans l’Ecriture, dit S. Augustin, aucune expression qui ne soit du langage ordinaire, eu egard au ' temps , au dieu, aux personnes. C’est un Dieu qui parle ; mais il parle à des hommes , et par conséquent il se sert de leur langage. Comme il n’y a donc rien de plus ordinaire dans leur langage que les. me'taphores, il lie faut pas s’étonner si l’Ecriture en est remplie. Mais ce qui suit ou ce qui précédé nous fait assez distinguer le sens propre du sens métaphorique. Lors, par exemple, qu’un homme cruel est appelé un loup, lorsque les peuples barbares sont nommés des se.rpens et des dragons , quand Jésus-Christ est appelé tantôt un agneau, tantôt une pierre, quelquefois un lion, d’autres fois une vigne, un ver , on voit sans peine que ce n’est qu’à cause de quelque ressemblance que ces noms sont appliqués à d’autres choses que celles qu’Hs signifient naturellement. Quelquefois ces expressions métaphoriques de l’Ecriture Sont hardies et très-éloiguées de nos manières : comme tpiand le tranchant d’une épée y est appelé la bouche de l'épée; qu’on met la moelle du /roulent, pour le froment le plus pur; le bâton du pain, pour un pain nourrissant. Les auteurs sacrés, remarque S. Augustin, ne trouvant pas des mots propres pour exprimer leur pensée , ont été’ contraints de recourir aux mots figurés. Quelquefois aussi ils s’en servent comme de voile pour cacher ce que la bienséance vent que l’on ne présente pas aux yeux à découvert :