VI* RÈGLE
L’Écriture paroît quelquefois se contredire. Voici des remarques qui sont comme la clef des contradictions apparentes.
t.° Lorsque deux auteurs ont manifestement la même pensée, les diverses manières dont ils l’expriment ne forment pas une contradiction. Un évangéliste fait dire à S. Jean qu’il n’est pas digne de porter les souliers de Jésus-Christ , et un autre, qu’il n’est pas digne de délier la courroie de scs souliers : ce n’est pas se contredire; c’est marquer diversement l’humilité de S. Jean, que l’on voit clairement que ces deux évangélistes ont voulu relever. . ■
3.° Un même homme , une même chose , a quelquefois deux noms. ’
3. ® La même histoire est e'erite en abrégé par un auteur, et rapportée tout au long par un autre : un plus grand de’tail n’est pas une contradiction.
4. ° Un auteur rapporte les circonstances d’un événement, ou selon qu’elles se pre'sentent à sa mémoire , ou selon leur ordre naturel.
5. ° Un auteur postérieur omet ce qui a été déjà rapporté par un autre.
C.° Deux propositions peuvent être contradictoires dans les termes, et s’accorder très-bien dans fe sens. Telle est cette proposition de Jésus-Christ, Si vous ne devenez des enfans , vous n’entrerez pas dans le royaume des deux; elle paroît contradictoire à celle de S. Paul, Gardez-vous de devenir des enfans : mais il est évident que Jésus-Christ veut que nous devenions des enfans en malice, et S. Paul nous défend de devenir des enfans en sagesse et en conduite. Ce n’est pas là une contradiction.
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