CHAPITRE XVI
l'ordre DBPUIS LiV RÉFORME JUSQU'AU TEMPS PRÉSENT.
Eiprit et influence des Birgittias. — Le monastère da Vadstena. — Ei' puhioD des nioinea et dea r«ligieu8es. — Les reliques et le culte de Brigitte. — Sas rérélationa. — Les Birgitliaes anglaises, hollnndftiaaî, alleiuirides et espagnotea. — La maison de la sainte à Borne. — L'oratoire de Vadstena.
NIehl Unier wcrden Ente ttlll» ZtUen Ein OpCar tnurigrr VerOilun[ leln Da naue SchwaMiTii >lcli mit Golt temilhliHi Und ii«D< Krtrie Eu'rem Kloiier HAih'n.
La prospérité spirituelle et matérielle des Birgittins atteignit son apogée vers ta fin du xv° siècle '. L'appel d'une colonie dans l'ancienne abbaye bénédictine d'AItontunster' portait, en 1497, au chiffre de vingt et un les monastères qui formaient l'auréole de Yadstena. A Rooae, l'ordre se tenait en rapports permanents avec le saint-siège par l'entremise de l'Hospitium fondé dans la maison de Brigitte. Selon les circonstances les chapitres généraux s'ouvraient sous les voûtes de quol-
1. Les nombreux actes de donation de 1391 i Uli publiés par le [jii<Iomalarlum prouvent la richesse du monastère. S. Près d'Au|^bourg.
582 SAIME BRIGITTE.
qu'un des principaux monastères, et maintenaient l'union entre tous les couvents. Pénétrés de l'esprit de leur fondatrice, les Birgittins s'appliquaient à le répandre au dehors.
Après avoir élucidé, commenté et traduit en suédois le texte latin des révélations \ après y avoir puisé d'admirables prières % après l'avoir reproduit à l'infini par la copie^ ils résolurent de le faire imprimer. L'abbesse envoya donc le prieur de Vadstena et un convers au couvent de Lûbeck, ville où l'art de Gutenberg avait d*habiles artisans \ Outre la version d'Alphonse de Yadaterra ^, les deux religieux emportaient plusieurs notes, rédigées par le confesseur de Brigitte Pierre d'Alvastra, et revues par Catherine et par Nicolas Hermansson ^ Elles formaient une neuvième partie nommée les Révélations extravagantes, afin d'indiquer, par
1. Bih, roy, de Stockholm, Cod. À. 5, 23, 33,44. Bih. de Skokloster, n<» 5 et 36. Bib. de V Université d'Upsal, n' 61. Bib. de r Université de Lund. Cod. Berqm%nianHS, Nous citons ces maanscrits et tous ceux meationoés au cours du chapitre d'après M Klemming : (Birgitta Litteratar, Uppen. V Bihang,). Jetais nous en connaissons les textes imprimés, qni ont paru dans diverses publications. Au xv« siècle, les moines Storkarus, Ulf BirgerssoD* Pierre Olafsson et J. Borqvard écrivirent des commentaires et des éclaircissements sur la règle, que complétaient les Constilutiones de Pierre d*Al« vastra et le Lucidarium,
2. Bib. roy. de Stock., Cod. À. 36, 27, 29, 43. 37, publiés par M. Klemming, Uppen, IV, 132. i76.
3. C'était sans doute Tavantage de loger dans un monastère birgittin qui faisait préférer cette imprimerie allemande à celle fondée dès 1483 à Stockholm.
4. Le Vill® livre était précédé de V Bpislola solitarii ad reges et suivi de la Règle du Sauveur et du Sermon de Tange. La division de l'ancien évéque de Jaen ne fut pas scrupuleusement suivie, nous le voyons par la remarque : Me est finisquarli Hbri seeundum Alphonnum, placée après le 13U* chapitre du IV« livre, quand quatorze chapitres précèdent encore le livre V.
5. Les Birgittins accompagnèrent ce travail d'un prologue. Rev. 681.
un mot en usage dans les écrits ecclésiastiques, qu'elles ne faisaient point corps avec Tœuvre principale. Le livre était publié, assurait la préface, sur les manu» crits originaux conservés à Vadstena *.
Au mois de novembre 1492, les Birgittins revinrent à leur couvent avec huit cents exemplaires sur papier, seize sur parchemin et tout ce qu'il fallait pour monter une imprimerie. Cet instrument de diffusion pour les travaux de Tintelligence humaine excita encore l'activité à Vadstena, où Ton se livrait avec persévérance à Tétude de TËoriture sacrée. De nombreuses copies, des traductions, permettaient aux moines et aux religieux ses de garder entre leurs mains les textes auxquels on joignait quelques-uns des commentaires dus à la plume des saints. La théologie avait une large place dans ces travaux : saint Thomas ^, saint Bonaventure et même Gerson ' et Hugues de Saint-Victor étaient transcrits, traduits et commentés. S'il n'exista jamais chez Içs Birgittins d'enseignement théologique qui fit école, ni de sentiment personnel sur les questions où l'Eglise invite au débat, Tordre fut éclairé par les frères Mineurs et plus encore par les frères Prêcheurs ; il eut des prédicateurs célèbres, des missii^nnaires entrât-
1. Outre les Révélations, il contenait des documents recueillis en 1^446 par l'ancien maître du sacré palais, devenu le cardinal de Tor;uemada, à savoir: la lettre dont le prélat avait accompagné l'envoi de sa dérense des Révélations ; un long prologue, où il établissait la réalité des visions de Brigitte ; la bulle de Boniface IX confirmée par Martin V ; les quatre oraisons de la sainte, on résumé de sa vie, et l'hymne : 0 lUrgHla mater bona.
2. Diar. 1391, li3H, 1446. U51 1461, 1492, i 5 U, 1635. — Bib. roij. de Stock. Cod. À. 1, 3. — Reuterdahl. III. 455.
3. Rietz trouva dans un manuscrit de Vadstena la traduction de TArs MORIEN'DI et la publia .
nanls'y des directeurs fermes et austères*. Dans Tun et l'autre cloître, les écrits dos docteurs, ceux de saint Bernard surtout, faisaient l'objet des méditations ^ Il en était de même des livres mystiques contemporains que les moines et les sœurs traduisaient en suédois ; par exemple : le Miroir des Vierges *, tant aimé de Brigitte? V Imitation de Jésus-Christ^ le Livre de t éternelle Sagesse d'Henri Suso ^ les œuvres d'Alain de la Roche *, les Instructions d'Antonin, archevêque de Florence ^, On lisait les Vies des Pères du désert et de presque tous les saints et saintes connus ; déjà on invoquait Elisabeth de Hongrie et Catherine de Sienne. La transcription de bréviaires, de prières à de nombreux saints, et en particulier à Brigitte et à sa fille, Texécution soignée de missels, d'hymnaires et d'antiphonaires occupait les moines et les religieuses et leur don-
1. Diar, 1389, 1391, 1406, 1445, 1479, 1525. — On trouve des plans de sermons dans les Cod. A 33 de la bibliothèque de Stockholm et 61 de la bibliothèque d*Upsal. Ils ont été publiés : Svenska Medeltids PostUlor. 11.162,176,299, 302.
% Fôrmanelse bref adressé aux religieuses de Yadstena par Johan Matsson; publié par Rietz {Sciip. Suec.III. 128, 138) et réimprimé par le Sv. Fornsk Sâlhk, dans le Lâsning fôr Klosterfolk, 148.