Bibliothèque roy. de Stockholm. Cod. A
7. Ce manuscrit de Yadstena appartient à la bibliothèque de Linkœping; il contient en outre la traduction suédoise d*un opuscule attribué à Henri de Hesse : de Yita coenobitica et les meditationes vitj: monasterialis SECUNDUM REGULAS ORD S. Basilii ET Benedicti. 11 a été publié par Rietz [Scrip. Suec.III. 105-127. 138-152. 183-193).
naît la connaissance de la liturgie et du plain-chant ^ Danâ le monastère, toutes les sciences du moyen âge étaient cultivées. Parmi les moines on comptait des métaphysiciens, des astronomes, des docteurs en droit canon. Sous Tinfluence de l'ordre national, les études historiques et littéraires rendaient à la langue suédoise ^n empire que TUnion de (]almar lui avait enlevé en forçant les trois royaumes à adopter Temploi du danois dans toutes les transactions officielles. Eniin les artistes élaient nombreux, et les convers portaient les arts manuels à un haut degré de perfection ^
Les sœurs ne le cédaient point aux frères. On n'ignorait pas avec quelle habileté elles pratiquaient la médecine, avec quel goût elles savaient tisser, broder et faire de la dentelle, avec quel art elles enrichissaient les manuscrits de fines miniatures, avec quelle élégance et quelle érudition elles écrivaient sur des sujets très divers. Le plus célèbre document, on peut le
1. Bib. roy. de Stock. Cod. A. 3 (où nous signalons en particulier: CSatharina af Siena underverk, traduction de Svkn Thordsson) et Cod. A. 12, 27, 29, 36. — Diar. 1378, 1384, 1391,1399, U43, 1446, 1447, 1452, 146t. 1513. 1519.
2. Wflr. 1388, 1391, 1393, 1404, 1405, 1414, 1419, 1424, 1413,1446, 1418,1451,1454, 1455,1514, 1515, 1519, 1524. Au commencement du Xv« siècle, Pierre Dasypodius Ht non seulement des conférences sur le g^lobe terrestre, mais il enrichit la cathédrale d'Upsal d'une horloge qui rivalisait avec celle de Strasbourg. L'office de Brigitte qu'on trouve dans le bré< viaire de Gnadenberg, celui de Catherine par Jean Bengtsson de Calmar, tes prières des Cod. A. 38 et 411 de la bibliothèque de Stockholm (publiées en 18S2: Medeltids Dikter och rim, 16), 163j, prouvent que les moines de Vadstena écrivaient, eu égard à leur temps, assez purement le latin. M. Hammerich (295-324) s'occupe de l'influence des Birgiltins sur les lettres danoises et norvégiennes ; il donne d'intéressantes citations en prose et en vers, dont les meilleures sont tirées du livre de prières danois d'Anna Bralie.
regretter, est le cri d^angoisse d'une recluse involontaire dont Dieu n'était pas le premier amour ; mais ce n'est pas la seule page remarquable, beaucoup d'autres seraient à citera
Si, au point de vue intellectuel, l'ordre se distinguait parmi tous ceux établis en Suède, au point de vue spirituel il l'emportait aussi, grâce à ses vertus monastiques et apostoliques. Les preuves sont nombreuses : on a conservé le souvenir de religieux morts en extase devant le tabernacle. Mais de telles exceptions n'attestent pas le niveau élevé d'un couvent. Le meilleur témoignage est encore le souvenir consacré à la multitude des moines et des sœurs « appelés aux joies éternelles pour avoir, selon l'expression du Diarium, vécu saintement tous les jours de leur vie religieuse ». Cette vitalité permit aux fils de Brigitte de supplanter en Suède ceux de saint Benoit et de saint Dominique, dont l'esprit religieux s'était affaibli. A la tète des hautes éludes^ dans, la chaire et sur les sièges épiscopaux, on ne vit plus que des Birgittins '.
Les monastères étrangers imitaient Yadstena. Us éclairaient les consciences, dominaient les volontés et prenaient de Tempire sur les esprits par les concours littéraires où ils distribuaient de riches diplômes qu'on venait se disputer.
1. Lettre d*In^rid Pehrsdotter à Axel Nilsson Ros. Mss. aax archives* de la famille de la Gardie, reproduite par Apzelius (VII, 148) et par une foole d*autears. Bib, roij, de Siock. God. A 2, 3, 4, 37, 38. Bib. de Berlin. God. 3763, 72d. luxer, Ger. On voit encore à Vadstena de beaux ornements ftiîts par les religieuses. Elles étaient d*habiles dentellières et la Wlle leur doit eelte industrie encore florissante de nos jours.