‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 117 sur 132 · Diar. App. V. — Nach · texte numérisé non relu

Diar. App. V. — Nach

2. Ces reliques, dont rautheoticité est douteuse, sont conservées dans un ancien reliquaire que Gustave III fît sortir du musée de Stockholm et rendre

uae populatioQ vénérer la sainte étrangère-, on se souvient tristement de Tabandon où sa patrie laisse ses reliques. Vivants comme une semence de résurrection au milieu de notre peuple catholique, les restes de la Suédoise ne sont plus pour son pays qu'un souvenir. Distraite, par les intérêts du siècle, de toute vie surnaturelle, la Suède s'écrie avec le Psalmisteaux jours de la décadence d'Israël : <c il n'y a plus de saints yy. Mais les âges de foi ont semé pour les âges d'incrédulité^ et les témoins du Christ qui jetèrent la lumière dans les ténèbres de leur terre natale défendent le foyer qu'ils ont allumé. Aujourd'hui on compte trois mille croyants en Suède et un millier environ en Norvège. Chaque année leur nombre s'accroît*^. Une étincelle ranimera la flamme qu'on supposait éteinte. Elle éclatera ardente et impétueuse. Au dernier jour, Brigitte se tournera vers les vaillants catholiques suédois de tous les siècles, comme aussi vers les égarés sjncères qu'elle protégeait de sou vivant, et elle introduira les uns et les autres dans Tunique bergerie de l'unique Pasteur.

Le culte de la sainte disparut bientôt des pays hérétiques ; après avoir défendu de l'invoquer, on détruisit ses autels; mais les terres catholiques lui adressèrent

à Vadstcna. Un autre reliquaire enlevé à la cathédrale de Linkœping^ fait partie de la collection du musée d'antiquités de Stockholm, où nous Tavons vu ; il a la forme d'un bras. (Cfr, Sver, Hist. fig. 86.)

1. Acta SS. 483484. Semaine religieuse du diocèse de Sens, mai 1875. Correspondance avec M. l'abbè Chauvin, curé-doyen de Coarson (6 février 1889), et avec M. l'abbe Bureau, curé de Saint-Martin-sur-Ouanne.

t. Nous devons ces renseignements à Mgr Bitter, vicaire et protonotaire apostolique, résidant à Stockholm. Plusieurs prêtres placés sous les ordres du prélat remplissent les fonctions du ministère sacré. Les prédications des Révérends Pères Jésuites, des fils de saint Dominique et d'autres mis* sionnaires secondent les efforts de Mgr Bitter.

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de fervents hommages. Parmi les sanctuaires, trop nombreux pour être mentionnés, qu*on ]ui consacra et qu'on lui consacre encore, s'élève à Vienne le célèbre ex-voto de l'empereur Ferdinand III, gage d'une victoire remportée sur les Turcs K

Dans les beaux-arts, les visions de Brigitte ont inspiré des sujets de miniatures, de tableaux, de sculptures et de gravures. On a reproduit son image et celle de sa tille ; on ne possède point de portraits, car dessiner et peindre d'après le modèle vivant n'était point la coutume au moyen âge. 11 a fallu se borner à les représenter avec des signes caractéristiques ' qui rappellent les voyages, les travaux, les vertus et les rapports de Tune et de l'autre avec le monde surnaturel '. Depuis le xiv'' siècle, on n'a cessé de célébrer leur mémoire ; si, dans les royaumes Scandinaves, on les accuse d'avoir été € voilées par les nuages de la superstition »^ on

1. En Danemark, on bâtit des chapelles à sainte Brigitte non loin de ftibes* et près de la célèbre cathédrale de Rœskilde. A Naples, trois églises et une chapelle, chacune ornée de peintares la représentant, lui étaient consacrées. Santa Brigida sul Monte Posilipo appartint longtemps à Tordre des frères Prêcheurs. On y voit, au-dessus do maître-autel, un excellent tableau de la fin du xv* siècle exécuté à la détrempe et à Tceuf. Brigitte, de grandeur naturelle, se tient à genoux au pied de la croix ; le visage de la sainte est d*une grande beauté. Trompée par une inscription amphibologique, la pieuse population de Pausilippo croit Brigitte de Tordre de Saint- Dominiqae et l'invoque comme telle. L'ancien couvent adjacent à Téglise est la demeure du vicomte Alexandre d'Agiout, qui nous a donné de précieux documents sur le royaume de Maples au uv« siècle. A Borne, à Gènes, à Bologne et jusque dans notre Franee, Brigitte avait des sanctuaires. Près de Cosne (Nièvre), on lui a dédié la chapelle de Villecbaud, do3t les malades n'oublient pas le chemin.

2. R. P. Cahier. Carac. dê$ utinU. /. fO, 198, 294, 463, 527, 680, 756 — 189,505,503,519.

3. Ces œuvres de toutes les époques sont répandues en divers pays déjà, au procès de canonisation de 1379 (sup. 32* ari. f, 95), le comte de Noie assurait avoir vu à Naples, dans Téglise de Saint-Antoine extra muroif

n*en dispu le pas moins aux catholiques Thonneur d'écrire leur biographie. L* histoire^ les œavres, la famille de Brigitte sont Tobjet de recherches persévérantes. Toot ce qu'on a pu réunir de documents a été lire des archives et des bibliothèques par les premiers savants de Suède. Qu'ils s'adressent aux érudits, aux lettrés, aux foules, aux enfants, les historiens font Téloge de leur grande compatriote. Pour incompréhensibles que soient à des rationalistes le mobile et le but de ses actes ou sa canonisation^ peu d'entre eux mêlent une note discordante à leurs commentaires ^ Même les romanciers ont une parole de vénération pour notre grande sainte, et ils aiment à présenter le monastère de Vadstena dans leurs récits du moyen âge ^.

Les manuscrits des Révélations ont été l'objet d'intelligentes recherches. Si les fragments originaux que possède la bibliothèque royale de Stockholm n^ sont point

UD tableau représentant la Nativité da Christ selon la vision de Brifttta. M. H HiLDEBR\ND {Stfer. Hi»t, If. 88) parle de peintures, inspirées par les Révélations, qu*on admire sur un coffre d*autel de Téglise de Lye en Gothie, ot donne {^Sver. HiU. //» f. 81, 81, 88, 85) la reproduction de miniatures ou de sculptures suédoises. M. UAmiEaicB (397) en signale de danoises. Uu manuscrit italien des Révélations écrit au xv« siècle et faisant partie de la cdleetion de M. Ambroise Firmin-Didot est enrichi d'une superbe miniature gravée pari. Petot.

% Seul, Lagarbring (Sammandrag at Sveariket hiatoria, Stockholm^ 1781, 86) écrit ces mots restés sans écho dans sa patrie : « La canonisation « de Brigilte coûta 5,U'J0 ducats; c'est une belle somme pour... moins que « rien ». Mous somoiii frappés, au contraire» du respect témoigné à Brigitte par le^ auteurs auciens q.ui accréditent sur notre foi, notre culte des saints et nos monastères, les fables puériles dont la critique protestante moderne fait justice.

3. 11 nous faut cependant signaler comme un tissu d'erreurs les deux volumes intitulés : Vadntena Kloiter, fUslorisk roman. Siorkholm. A Bonnien fdrlag 1848. L'auteur, G. D. Arfved.sson, résout le singulier problème de ne dire la vérité sur aucun point.

entourés d'une vénération pieuse, ils y sont du moins regardés comme un codex curieux pour l'histore de la langue. En ce siècle, parmi les dévots de la sainte, nul n'a mieux travaillé à sa gloire littéraire que ses concitoyens, M. Klemming, conservateur de la bibliothèque royale de Stockholm, et M. Annerstedt, conservateur de la bibliothèque universitaire d'Upsal. Depuis 1492, les éditions des Révélations se succédèrent avec rapidité ^ Il en fut de même des traductions. Au xiv" siècle, les religieux avaient remis le texte latin en suédois, et bientôt après il passa dans toutes les langues de l'Europe ^ Il est regrettable que le principal interprète de la sainte dans notre patrie ait rendu beaucoup de passages incompréhensibles par d'inconcevables contre-sens, auxquels des erreurs typographiques ajoutent le comble de la confusion ^.

Lu par toute la chrétienté, ce livre eut ses détrac-

1. M. Klemming, fBirgit'aLitteratur, 182, 209) comple neuf éditions du texte latin dont la dernière est de 16S0, et treize publication» de fragments dont la première date de 1485.

2. M. Klemming (209, 233) indique en français, italien, espagnol, allemand, hollandais et anglais, des versions de l'ensemble ou de fragments des Révélations. Dans sa liste dus manuscrits, [Handskrifhbeskrifningar 145-178), il mentionne des traductions dans les trois langues Scandinaves.

3. Sans nous arrêter à un opuscule contemporain insignifiant. Les Révélations de sainte Brigitte, Paris, Gaume, 1834, et Lyon, Peri8seyiS3&, don Tauteur, l'abbé Lesurre, se dit naïvement le premier traducteur des .Révélations, nous passons à la version de maître Jacques Ferraige, docteur en théologie, imprimée dès 1624. D'après l'édition d'Avignon (Seguin aîné, 1850 4 rp/. in-12*), nous signalons au lecteur quelques-unes des innombrables erreurs.

Revelationes S. Birgittœ. — Ànt- Les Révélations célestes et divines

verpiœ, 1611. de sainte Brigitte de Suède, traduites

par maître Jacques Ferraige. Avignon, Séguin, 1850.

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