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SES BELATtONS SURNATURELLES.
à ses regards. Ses passions étaient dominées, la fierté et l'audace naturelles de son âme vaincues. Avec résignation, elle envisageait les douleurs dit veuvage, qui ne cessent de s'accroître quand on s'aime, Loin de rester anéantie ou passive, elle faisait fructifier en elle la gr&ce sanctifiante dé l'épreuve. Puisqu'une vocation nouvelle de Dieu l'appelait dans le groupe protégé et pénitent que l'Eglise place après ses vierges, et au-dessus de ses saintes fem-; mes, elle entendait que son veuvage fût non seulement un accident ou une douleur, mais un état Maintenant que son sort était iîxé pour toujours, le Maître divin lui faisait mieux comprendre que le mérite ne réside pas dans la virginité, le veuvage ou le mariage, qu'il réside dans la charité avec laquelle on ea remplit les devoirs ' ? Les aspirations de sa jeunesse vers le plus parfait de ces trois états laissaient à Brigitte comme un vague regret. Il cessa, et sa fidélité à la grflce du sacrement de mariage lui valut une faveur qui, d'ordinaire, suit l'entier détachement des biens terrestres : le don de contemplation.
Pour cette âme, prévenue dès l'enfance de grâces [urticulières, la contemplation ne suivit pas la marche ascendante et progressive qui commence au recueillement et atteint l'union parfaite en traversant des états graduels. Un jour que Brigitte faisait oraison, son Ame se relira des choses extérieures et s'écoula «n
Dieu. Elle jouissait des douceurs de Textase ^ Alors elle vit des nuées lumineuses d'où partait une voix : « Femme, écoute-moi, » lui disait«on. Plus humble que dans sa jeunesse, parce qu'elle comprenait mieux son néant, la pieuse veuve ne s*élança point vers le Seigneur. Qui était-elle, pour que le Tout-Puissant lui fit entendre la voix qui créa des mondes ? Croyant à une de ces apparitions imaginaires qui ne dépassent point la puissance diabolique % elle s'enfuit au confessionnal, reçut Tabsolution, et chercha le secours du Christ dans TEucbaristie. Quelques jours plus tardj une vision semblable ravissait de nouveau ses regards, et une voix semblable retentissait de nouveau. A cet appel, que la sainte considérait encore comme une tentation, elle apporta le même remède. Une troisième fois la voix répéta à Brigitte : € Femme, écoute-moi { « Je suis le Créateur de toutes choses. Sache que je « ne te trompe pas, et que je ne te parle pas pour toi « seule, mais pour tousles chrétiens. Va trouver Maître « Matthias ; il connaît l'Ecriture sainte depuis la pre- « mière parole jusqu'à la dernière ; il sait discerner « le conflit de l'esprit de vérité et de l'esprit de men- « songe 'î, car il a éprouvé leur lutte et il a vaincu
1. L*union extatique est une élévation surnaturelle de l'âme vers les biens célestes qui a l'Esprit-Saint pour principe, et qui suspend l'action ordinaire des sens. Cft\ S. Thom. 1* l^^q.lU, art. 6 et q. CLXXV, art. 1,2. 2da 2daB q^ CLXXX, art. 2, 3, 7. Les visions de Brigitte durant son enfance ne supposent pas Textase.