Thom. inPauli. xii
S La Tiftion est une grâce graii» data, c'est-à-dire participant à la natore de ces grâces qui sont données pour le bien d'aulrui plutôt que pour celai qui les reçoit. Par la Ti&ion, Dieu manifeste surnaturcllement un objet en réalité ou en représentation. Il y en a de trois sortes : les corporelles, qoi s'adressent aux sens extérieurs ; les imaginaires, qui s'adressent à Timaftnatioii, et les intellectuelles, qui s'adressent directement à l'intelligence.
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ping était trop loin d'Âlvastra pour permettre de fré* quentes rencontres, Brigitte se confesserait chaque matin h Maître Pierre de Skeninge \ homme d'une vertu égale à sa science théoiogique ; elle recevrait la sainte Eucharistie toutes les fois qu'il Ty autoriserait* Fidèle aux ordres de ce confesseur et à la direction du sous-prieur d'Alvastra, Pierre Olafsson, elle pratiquerait les plus dures pénitences extérieures et intérieures, afin de poursuivre la perfection de la charité par la perfection du sacrifice.
Brigitte ne se contenta donc plus des austérités passées. Des cordes serrées autour de la taille et des genoux, meurtrirent ses chairs, et de chacun de ses mouvements firent une mortification. Aux jours fixés par FEglise et parla règle du tiers ordre, elle jeûnait avec plus de rigueur que le commun des fidèles, car elle se mettait au pain et à Teau ; souvent, elle éprouvait toutes les révoltes de Vappétit. Son imagination lui représentait les mets délicats qu'elle refusait jadis à Ulfâsa et que, maintenant, elle désirait au point de ne pouvoir songer à autre chose. La nature semblait revendiquer ses droits contre la grâce, et livrer Brigitte au péché honteux de gourmandise '. Rien n'affranchit la sainte de cette tentation , avant le jour où Dieu, exauçant ses prières, l'en délivra sans qu'elle y eût succombé. Le vendredi, la pieuse veuve buvait du fiel, puis elle versait sur sa chair la cire des cierges allumés devant le tabernacle et, comme avide
i. Proe< Can. ùep* P. de Ahasiro sup. 29* art, f. 214 r. î. F«a 5. Birg. Î04. 19».
SES RELATIONS «URNATUft ELLES. 87
de souffrances^ elle élargissait d'une main vaillante ses brûlures et ses plaies. Des vêtements secs et grossiers remplaçaient les parures d'autrefois ; elle ne portait que de la laine, et après avoir connu l'usage du linge, luxe Boaveau dans sa patrie, elle se le refusait. Dans la chapelle du monastère, elle assistait au chant den heures canoniales. Le jour, la nuit, on la trouvait pro* Bternée au pied de Tautel, et siTextréme rigueur du froid la contraignait à se réfugier dans VéB$tuarium\ elle y récitait le Psautier. Le plus souvent, c'était sur an pavé de dalles, les bras étendus en croix, qu'elle prenait Bon court repos. A ceux qui s'étonnaient qu'elle ftupport&l les glaces de l'hiver, elle répondait, avec David : « Mon cœur est chaud en moi, dans mes pensées le feu s'est allumé ^ >> Les directeurs entendaient cependant que la mortification fût une discipline dont ils resteraient les maîtres. Après l'avoir laissée se précipiter dans les joies du sacrifice, ils l'obligèrent à des tempéraments durs à sa générosité. Voyant qu'elle se privait de boire, au point d'être sans voix, Matthias la força d'adoucir ces rigueurs ; comme elle souffrait d'y renoncer, le Christ éclaira sa conscience et lui défendit de ressembler aux pharisiens '. Peu après, Brigitte tombait malade, et les médecins lui prescrivaient de remplacer ses ablutions froides par des bains chauds* Jadis elle se fût inontrée rebelle à pareille délicatesse, mais toute résistance était brisée : « Parlez, disait-elle
i. Froc. Can. Dep. Kaier. $upra 10* t, f, 126 v. Dtp, P. de Alvash'Q mp. 4* «rl./. ÎOi V. et 9up. 10» art, f. 203 r.
t. iifH-"inn uung ^anpa »a>Dn. p». xuyui (Hebr. wu), ▼, 4.'