‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 30 sur 132 · Rev. VI, 3 «/ 91. Exlrav, CXI · texte numérisé non relu

Rev. VI, 3 «/ 91. Exlrav, CXI

<r à Matthias, et j'obéirai sans remords. Je suis heureuse « de faire ce qu'on m'ordonne, pour l'amour de Celui u qui a obéi à son Père jusqu'à la mort *. » ' Aux pénitences corporelles, que Brigitte aimait parce qu'elles affranchissent l'âme, au sacrifice de celles ^u'on lui interdisait, elle joignit Fimmolation absolue de la volonté. Quoique de fait elle possédât encore de grandes richesses, puisqu'elle n^avait point achevé les comptés de la succession d'Ulf et terminé le partage de ses biens entre ses enfants et les pauvres *, elle ne disposait pas d'une obole de son propre mouvement. Ses aumônes . étaient contrôlées comme ses mortifications* Elle dut même rendre compte de ses oraisons et de ses larmes. Si l'orgueil, péché de sa jeunesse, se réveillait en elle, aussitôt elle disait au démon tentateur: « Sans « Dieu je n'aurais même pas la faculté dépenser. — Pour- « quoi t'éloignes-tu de ta nourrice la superbe? » reprenait l'esprit de ténèbres. Avant que Brigitte pût parler, elle entendait un ange répondre au diable : « L'Epouse « suit le Seigneur selon son pouvoir. 3> En effet, l'attention de la sainte ne se fixait plus que sur Jésus^ Christ et le règne de Dieu ^

' Quand Brigitte eut épuisé tous les abandons, elle en fit un suprême. Elte tenait à Panneau qu'Ulf lui avait donné. Il fallait briser cette dernière entrave, la plus

i. Rev. VI, 19. Extrav. LX et LXL — Vit a S. Birg. 200 et 201.

2. Page i^H de la vie de Brigitte par ses confesseurs nous lisons: « Mortuo marito, statim distribuit omnia bonasua inter filius et pauperes; d mais 11 est question d'une décision et non dun fait, puisque le Diplomata-. riu m (^^/, n* 4350) publie, en date du 29 juillet 1348, une pièce dans laquelle Brigitte. fait acte de propriétaire. '-3. /?«!;. VI, 27. Ertrav, LXXIt — Proc. Can. Dep. P. de Alvaslro àup. i Y art. f. 206 Yecla.

forte peut-être, tant ses sentiments se concentraient sur ce pauvre objet que ses mains pouvaient étreindre alors qu'Ulf lui-même avait disparu. Ceux que la Bible nomme « le nombre infini des insensés » murmurèrent contre la sénéchale. Elle faisait preuve d'une rare indifférence, en se séparant ainsi de ce dernier gage de tendresse, disaient-ils. Quelques-uns d'entre eux osèrent même le lui reprocher. Brigitte répondit que la bague d'Ulf la retenait sur terre, et que maintenaqt elle entendait 88 passer d'anneau et d'époux \

Les dialogues de la sainte et de Celui qui est un en divinité avec le Père et TEsprit devinrent fréquents. Ce n'étaientpas, comme aux jours de son enfance ou de sa jeunesse, de rapides appels du Seigneur, des passages sur son &me de la puissance divine exlraordinairement manifestée. C'était un état où le Maître apparaissait à sa servante, non en songe mais durant la veille, comme il était apparu à Moïse '. « Je suis ton Dieu », disait le Seigneur à Brigitte, c et je veux t'enlretenir sans paraboles « et sans énigmes. La voix qui du buisson ardent parc lait i Moïse, est cette même voix qui te parle. Jean l'a <« écoutée au bord du Jourdain, Pierre sur le Thabor ^ « Moïse se voilait la face; toi tu ne dois pas le faire, car € j'ai ouvert tes yeux spirituels afin que tu voies ce qui € est de l'Esprit, tes oreilles spirituelles afin que tu en- « tendes ce qui est de l'Esprit. Il t'enseignera à voir, à

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