Ckron. lihylmic. Epite. Uncop
514 SAINTE BRIGIITE.
« recevons son corps vénéré comme une espérance. « Par ses mérites elle nous obtiendra la paix, la déli- « vrance de nos maux. »
Le 4 juillet *, 4es reliques de Brigilte entraient où elle avait souhaité vivre et mourir. Le lendemain, on les exposait aux regards des fidèles dans la grande chapelle de bois, encore inachevée, car le couvent semblait attendre pour s'édifier, comme la communauté pour se constituer, la présence de ces restes vénérables. Pendant une semaine, des multitudes se pressèrent autour du cœur, qui avait tant aimé la Suède. Avec Birger et Catherine priait leur sœur, Cécile, mariée pour la troisième fois à Fun de ses parents paternels de la maison des Oxenstiern. Non loin d'eux se tenait leur belle-sœur Catherine, veuve de Charles et épouse du chevalier allemand Jean de Moltke. Marthe n'était plus, mais on voyait ses enfants près de leurs cousins.
Dans l'église et même dans toute la contrée, les miracles se succédèrent sans trêve. .Comme durant sa vie, il semblait qu'entre toutes les douleurs, la bienheureuse voulût consoler la douleur des mères. Cependant des muets parlaient, des aveugles voyaient, des infirmes marchaient, des fous recouvraient la raison, des morts ressuscitaient ; au loin, elle sauvait les naufragés de la tempête, ainsi qu'elle sauvait jadis son bien-aimé Ulf des flots du Boren. Ses reliques placées sur le cœur des fidèles y calmaient les haines, y ranimaient la charité; avec une égale puissance, Brigitte faisait disparaître
1. Proc. Can. f, 10 v. d 1t r. el f, 58 r. Dep. Katerinœ sup. 19* ari, f. 128 r.
LE MONASTÈRE DE VADSTENA. 5l5
les visibles plaies du corps et les invisibles plaies de l'âme*.
Au bout de huit jours on dut rendre à la terre les ossements qu'aucun décret de TÉglise n'autorisait à élever'sur les autels. Birger portait le cercueil avec les plus fidèles amis de sa mère, a Je puis marcher la tête « haute, s'écria-t-il, je n'ai plus à la baisser en silence « comme lorsque le roi Magnus me demandait : Qu'a « rêvé cette nuit notre bonne cousine ^ ? i> Si le prince qui parlait ainsi, plus de trente années auparavant, avait envoyé à Vadstena un témoignage de repentir, Birger ne se fut pas exprimé de la sorte ; mais tandis qu'Albert P' protégeait le nouveau monastère, le vieux roi, sans autre souci que ses plaisirs, naviguait sur les côtes de Norvège, où il subit, cette année, la mort prédite par Catherine. Sa dynastie allait s'éteindre avec son petit-fils Olaf Y. De la maison qui avait gouverné la Suède durant plus d'un siècle, il ne resterait aucun vestige.
Catherine demandait à entrer parmi les novices de l'ordre du Sauveur. Les habitants du cloître de Vadstena, qui se formaient à la vie religieuse, sous la conduite de quelque supérieure de l'ordre de Saint- Augustin ^, réclamèrent comme première abbesse la fille
1. Proc. Can. /".Il i /*. 43 r. a 56 v. etf. 57 v. à 64 r. Dep. Magni Pétri, tup. 40*, 43*y 44% 45% art, f. 114 r. à 116 r. La plupart de ces faits sont consignés dans un autre ordre et avec de faibles variantes au t. IV d*octobre des Acta Sanctorum (547-559). M. Ânnerstedt a publié quelques fra{^ents des dépositions (Scrip. III. 23?-2'n). Plusieurs miracles sont signalés par la bulle de canonisation.