‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 28 sur 116 · LBltere 20, 18, 16, 1, lA. 21S · texte numérisé non relu

LBltere 20, 18, 16, 1, lA. 21S

soupirait toujours au nom de ce nouveau disciple. Un jour, François se sentit entraîné chez elle par une force qui contrariait son désir ; dès qu'elle Taperçut elle congédia ses compagnes. « Depuis combien de temps ne «f t'es-tu pas confessé? » lui dit-elle vivement. — « Vous <t savez, ma Mère^que je me confesse tous les samedis, « ainsi que vous me Tavez conseillé. » — « Va te con- « fesser, » reprit- elle en le faisant rougir sous son sévère regard, et comme il hésitait : — « Crois- tu donc, a mon enfant, que je n'ai pas toujours les yeux ouverts ce sur mes fils, que je ne vois pas les péchés qu'ils a commettent en secret ? Vade, » murmura-t-elle dans le langage de l'Église qu'elle ne savait point parler. «Vade. a igitur et lava te a tanta miseria. » Connaissant son caractère irrésolu, les anciens compagnons de plaisir de Malavolti le raillèrent de subir ainsi l'influence d'une pauvre dominicaine. A leurs quolibets il répondit: « Allez la voir vous-mêmes. ^> Les jeunes fous rirent encore davantage. « Si cette fille était le Christ en « personne, elle ne nous ferait pas changer de con- « duite ! » Enfin, pour prouver à Malavolti qu'on pouvait résister à Catherine, deux viveurs fort décidés à prolonger leur joyeuse jeunesse, Néri Urgugieri et Nicolas Ughelli, résolurent d'affronter la redoutable tertiaire. Entre cette plébéienne et eux aurait lieu un tournoi de paroles dont ils sauraient sortir victorieux. La prd vocation sur les lèvres ils entrèrent dans la maison de Fontebranda, mais leur langue immobile refusa d'articuler un seul mot. Avec la pénétrante douceur qui faisait céder toutes les colères, Catherine leur reprocha les propos qu'ils avaient tenus contre elle. « Ordonnez, « Madame », s'écrièrent-ils , « ordonnez, nous ferons

« tout ce que tous voudrez. » — « Conduis tes amis au « P. Thomas, » dit Catherine à Malavolti. Peu d'insiants après lés deux jeunes gens recevaient le pardon de Dieu, allaient en paix et ne péchaient plus.

Une autre fois c'était un homme mûr, Pierre Ventura dei Borgognoni, dans le cœur duquel les discordes civiles avaient allumé d'implacables haines. « Pierre, » disait la jeune fille , « je veux prendre sur moi tous tes a péchés, je ferai pénitence à ta place et je satisferai «la justice de Dieu, mais accorde -moi une grâce, « confesse-toi ! » — a Je me suis confessé il y a peu de « jours , » répondit effrontément le citoyen siennois^ qui était venu trouver Catherine dans le seul désir de complaire à une sœur qu'il aimait tendrement. «Il n'en « est point ainsi, » murmura la Voyante, ce il y a sept « ans que tu ne t'es confessé. Pourquoi ne veux-tu pas • le faire ? » D'une voix brève, elle lui énuméra tout haut les fautes de sa vie, l'obligea à s'en repentir et lui apprit «à pacifier et à reposer son cœur ^ »

Ainsi Catherine apportait la vérité et la paix aux consciences troublées par les luttes intestines dans lesquelles vivait la République. £lle seule osa dire aux prêtres dominés par la passion ou la haine des créatures que « c'était un grand miracle que le Seigneur « ne commandât pas à la terre de les engloutir, » elle seule arrêta la main de moines homicides qui, oubliant leur consécration volontaire au Dieu de paix, s'entr'égorgeaient au pied de la croix; elle seule consola une mère désolée quand des nobles sanguinaires payèrent leurs violences de la peine capitale; elle seule

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