Lettere
3. L'un d'eux était inscrit dans le Gonfalone del Léon mro ne< quarliere di Santa Croce, l'autre dans celui délia Scala nel quartière di Santo Spirito. Barthélémy vivait souvent à Sienne.
«je te supplie d'être sôamis à.Dieuet à tes frères. » Le vol rapide du temps doit les encourager dans leurs incessants labeurs. — « Nous n'avons pas la fatigue passée « ni celle (jui est à venir, mais seulement la fatigue de a la minute qui s'écoule ' » écrit Catherine. Lorsque la vie étemelle semble trop éloignée à ses frères, la vie présente trop rude, elle les soutient de la voix et du cœur. « Ne vous évanouissez pas sous la discipline de «Dieu, ayez confiance, » leur dit-elle ; « quand le sea cours humain vient à manqpier, le secours divin est «proche; Dieu ne rendit-il pas à Job ses biens ter- <" restres avant de l'appeler à la gloire étemelle? » C'est avec émotion qu'elle recommande leur vieille mère à ses frères. Lapa s'est dévouée pour eux, ils semblent ingrats envers eUe ; certes ils ne peuvent pas l'aider des biens qu'ils n'ont plus; pourtant le feraient-ils, s'ils étaient riches, puisqu'ils la laissent « jeûner de tendres pa- «rôles? Pardonnez-moi », ajoute t-elle aussitôt : « Si «je n'aimais pas votre ftme, je ne vous dirais pas ce « qne je vous dis. y> — D'autre part elle n'épargne pas à Lapa d'austères avis. «Le chevalier n'est regardé « comme brave qu'autant qu'il a fait ses preuves sur le « champ de bataille : — l'âme qui s'est conformée à la ( volonté de Dieu, qui s'en est revêtue, se donne elle- < même, donne ses enfants, ses bienS| sa vie, pour « l'honneur de Dieu. »
Un jour, en s'entendant dicter une letire au cardinal Pierre d'Estaing, Légat du Pape, le jeune secrétaire resta interdit. Gomment aurait-il deviné que Catherine,
1. Cette pensée revient sans cesse sous la p lame de la Sainte; on ^troovedaiis les lettres 5, 13, 90, 184, 299,? et dans le Dialogo XLV. Pwcal pariait ainsi k Mlle de Roannes, L. VU.
subitement éclairée du Sainl-Esprit, teillait sur TÉglise menacée par l'odieux Barnabe Yisconti? Comment aundt-il deviné qu'elle ^nlaît délivrer le SaintrSépttlcre en jetant au delà des mers les hordes mercenaires qui ravageaient l'Europe ? Il obcil pourtant aux ordres' de eelle qu'il appelait sa mère. A genoux, les mains jointes, les yeux fermés, Catherine recevait des Inmières directes du ciel, et-^'eèt à peinesi la plume de Néri, courant avec rapidité sur le vélin,* pouvait suine sa voir. « Je veux, » disait et répétait la fille du teiatnrîer au noble rejeton de la maisua d'Auvergne,; « je « Vcux que vous mouriez à vona-mêiike pour revivre « en Jésus-Clîrist. Je verrai si ^vusètbs affamé de lever « IMtendard de la Sainte Greix ; » et^ qaaiid aprds avoir vaincu Barnabe sur les champcr de bataille le Légat chercha à rétablir la paix en Italie, elle ajout» ; « Pour « le fempérel agissez avec vinlité, cherchant la paix, « l'union de Flealie tout entière. Sx^ afin d'accomplir « une tcll^ œuvre, dooner votre vie étai4' ntéccsëairey il <c faudrait la sacrifier mille fois. Parx^ paix, pakt,. mon a trèist cher Pèr^ ; considérez et fntea oonsîdérev au «r Saînt-Père que la iyerto des âmes eét plus grande ^e a la perte dés cités. Dieu demandera* un compta autreor ment rigoui^eux des âmes que des eifés. »
Ce qu'elle conseillait aujt auir^, la Sainte le ptatiquait elle-même. Tandis que ses lettr^s^ première et soudatrne inànil«statiML de là missien qu'elle avait reçue de Dieu, allatîeiït porter des conseils, presque des ordres au sujet de^ plue graves intérdie de FÊglise^ elle ne regardait à aucune fatigue, s'il s'agissait d'amener ou de retenir une âme sous le joug du Seigneur. Néri qui^ réprouvant lui-mÔme,* eonnaîseâît sent em.pîsey Gondui'
ttit chez elle la jeunesse du parti des nobles. Avec lui^ Nîp degli Anoechi et d'autres entraient joyeusement (Uns « la Toîc qui mène au Christ et où le cœur s'élar^ « git par la charité *. » Mais le plus cher des camarades de Néri, Françoia dei Malavelti^ lui opposa une si longue résistance qu'il considéra comme un triomphe la première visite du jeune seigneur à Fonlebranda. U ne s'agissait pourtant que d'un acte de eemplaisanee. a Quelques moments passés avee cette fille du peuple c B'eiq;ageaiei>t à rien, >» se disait François, « on pourc rait même trouver matière à se divertir, et on serait à c jaflttia délivré des obsessions de Néri. » — Quand le jeune homme entra dans la cellule, Catherine leva les yeux et sourit. Lui, interdit, tremblant comme à la vue d'an inévitable danger, s'arrêta sentant ses forces le trthir. Etait-ce bien là ce François dei Malavolti, fier de sa race^ de sa bravoure, de sa belle et robuste jeunesse, fier même des passions auxquelles il livrait sa vie sans autre frein que son bon plaisir? Catherine lui parla avec sa simplicité accoutumée. U la quitta sans dire un •eol mot, courut à l'église et se jetant dans un coufesâonnal il y fit l'aveu de ses fautes. Désormais sa vie changea: au lieu dépasser les jours et les nuits à jouer et à boire, il s'instruisait et faisait pénitence ; sa iamille le retrouvait, sa femme la belle Angela, qui jasf tt'alors avait en vain tenté de le rendre fidèle aux coiiiniaBdem.ents de Dieu, apprenait maintenant de lui la pratique des conseils évangéliques dans toute leur anstérilé. Néri se réjouissait, la noblesse siennoise célébrail la conversicm de Malavolti, maia Catherine